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Catherine Laborde : Frappée par Parkinson !

Publié le 24 octobre 2018

A 67 ans, Catherine Laborde dévoile l’effrayant calvaire qu’elle endure depuis quatre longues années.

«Je vous emporte avec moi. Vous m’oublierez, moi non. Je vous aime. » C’est par cette émouvante déclaration que, le 1er janvier 2017, après vingt-huit ans de carrière, la Miss Météo de TF1 faisait ses adieux aux télé­spectateurs. Si ces derniers ne l’ont pas oubliée, il arrive hélas, qu’aujourd’hui, parfois, Catherine, ne s’en souvienne pas. En effet, comme elle vient de le décrire dans un ouvrage poignant, Trembler (éd. Plon), l’animatrice lutte à la fois contre la maladie de Parkinson et la démence à corps de Lewy, un trouble apparenté à la maladie d’Alzheimer. À un stade avancé, la première entraîne, outre l’incapacité à contrôler ses mouvements, une réduction importante de la mobilité, et la seconde, une perte progressive des fonctions mentales, notamment de la mémoire.

Ceux qui ont vu son bouleversant entretien dans l’émission d’Harry Roselmack, Sept à huit sur TF1, diffusé dimanche dernier, ont pu constater dans un premier temps, qu’a priori Catherine allait plutôt bien. Pourtant, par moments, fugaces, on parvenait à deviner combien, malgré toute sa volonté, celle qui a longtemps fait la pluie et le beau temps sur la Une était dans la tourmente. Ce mal, qu’elle n’appelle jamais par son nom mais surnomme « Prakisson » ou « Parkizonezone », ne s’est pas déclaré récemment. Il y a en effet plus de quatre ans qu’on le lui a diagnostiqué. C’est à la demande de son mari, Thomas Stern, le premier à remarquer le tremblement compulsif qui agite son bras, que Catherine se décide à consulter un neurologue. Un rendez-vous à la fois terrible et libérateur, comme elle l’a raconté, avec humour et émotion. « On me demande de marcher sur des lattes de plancher sans dévier, d’écrire mon nom, ce que je fais sans me poser de questions. Puis le neurologue a beaucoup développé sur la maladie de Parkinson et j’ai fini par lui demander : “Est-ce que ça veut dire que je l’ai ?” Il a répondu : “oui” ! »

Toutefois le médecin se montre rassurant. L’affection qui touche son système nerveux est à un stade peu avancé. Il lui donne alors ce conseil : « Surtout ne vous arrêtez pas de travailler, n’en parlez à personne, faites comme si de rien n’était. » Et lui cite le cas d’un de ses patients, pilote d’avion d’une compagnie aérienne, atteint du même mal : « Cela ne l’empêche pas d’arriver à destination avec des passagers sains et saufs ! »

Au sortir de cette consultation éprouvante, l’animatrice ne s’effondre pas. Au contraire, elle est soulagée : « J’éclate de joie parce que je sais enfin [elle s’interrompt, des larmes dans la voix] ce qui me manquait depuis tout ce temps où je me donnais le change à moi-même. […] Je comprends qu’il y a un ennemi dans la maison et que, grâce au neurologue, je l’ai vu. »

Durant deux ans, Catherine tient le coup. Elle donne le change face à ses collègues, ses employeurs, ses téléspectateurs, parvenant à contenir le tremblement de ses mains en serrant l’une dans l’autre. Et quand il lui arrive parfois d’oublier un mot, comme nuage par exemple, elle improvise. La présentatrice peut heureusement compter sur l’affection de ses camarades de régie, qui refont deux ou trois fois la même prise lorsqu’elle s’embrouille dans les enchaînements.


Ses efforts payent, personne ne devine quoi que ce soit. Mais il lui faut se rendre à l’évidence. Un jour, la maladie la trahira. Alors, à 66 ans, Catherine décide de quitter TF1, cette maison où elle se sentait si bien, tout en espérant secrètement qu’on la retiendrait : « Quand j’en ai parlé à ma supérieure, sa réaction m’a décontenancée : “Oui, pourquoi pas ?” »

Depuis, l’ex-présentatrice est seule face à la maladie. Un face-à-face nécessaire, mais infiniment perturbant : « Le jour où j’ai arrêté, j’ai perdu une manche », explique-t-elle. Alors, pour briser cette solitude, Catherine a décidé d’écrire, de décrire de l’intérieur cette lente dégénérescence qui l’affecte et contre laquelle elle, comme les médecins, ne peut rien ou si peu.

Son livre est un cri, un témoignage effrayant où l’humour affleure pourtant. L’écrire fut un combat de tous les instants. Car il lui aura fallu composer avec ses mains tremblantes, sa mémoire défaillante, son besoin de dormir – sa tête tombant brutalement sur l’ordinateur –, l’incapacité de rester longtemps assise… « J’étais obligée de me lever et de tourner sur moi-même comme font les chiens », explique-t-elle dans Sept à huit. Nous sommes à la fin de l’entretien, on sent Catherine un peu fatiguée, mais heureuse d’être là et d’avoir pu répondre aux questions. Elle s’apprête alors à conclure.

« Est-ce que j’aurais écrit ce livre qui s’appelle… » En l’espace d’une seconde, la détresse envahit son regard. Cet ouvrage sur lequel elle a passé tant de mois, elle en a oublié jusqu’au titre…

Ce n’est hélas ni la première ni la dernière fois que sa mémoire lui joue des tours. Celle qui connaît la France en large et en travers pour en avoir présenté la météo pendant près de trois décennies a récemment soutenu à des amis que le bassin d’Arcachon se situait aux portes de Paris.

« J’imagine quelquefois que j’ai une sorte d’aquarium sur la tête, avec des poissons qui tournent sans cesse », raconte Catherine. Son mal fait surtout souffrir ses proches, à commencer par son mari, Thomas. Difficile pour ceux qui l’entourent de savoir ce que la malade perçoit ou ressent. Comme cette professionnelle des phénomènes climatiques l’a confié : « Je suis dans l’œil du cyclone, mais mes aidants, eux, sont dans les vents les plus violents. »

Vous prédisiez, chère Catherine, que l’on vous oublierait. Il n’en est rien. Nous sommes au contraire très nombreux à vous soutenir dans ce combat de chaque jour qui est le vôtre…
 

Lili CHABLIS

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