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Catherine Laborde : “Je tremble beaucoup !”

Publié le 11 juillet 2019

Catherine Laborde, frappée par la démence à corps de Lewy, affronte un fléau qui lui rend la vie impossible.

Elle nous avait émus aux larmes en septembre dernier à la sortie de son livre, Trembler (éd. Plon)… Catherine Laborde, disparue des écrans de télévision depuis 2017, y décrivait son épouvantable calvaire de façon bouleversante et avec la plus grande lucidité. Souffrant de la maladie à corps de Lewy, l’ex-miss Météo de TF1 voulait raconter ce mal incurable dont elle se savait atteinte et qui lui fait vivre une lente et inexorable descente aux enfers !

Victime des assauts de cette affection dégénérative, dont les symptômes s’apparentent à la fois à celles de Parkinson et d’Alzheimer, la courageuse animatrice a compris, dès le diagnostic du neurologue, il y a plus de quatre ans, qu’elle luttait aussi contre le temps. « Aujourd’hui, au moment où je vous parle, je vais plutôt bien, confiait-elle en mai dernier à Télé-Loisirs. Mais ma maladie est très imprévisible. Mon état peut changer d’une heure à l’autre. Cette maladie entraîne de nombreux problèmes physiques et psychologiques. C’est difficile de vivre avec elle. Elle m’enferme terriblement dans la solitude. C’est une sorte de vieillesse prématurée. »


Cet implacable fléau réduit de plus en plus ses capacités, ainsi l’avait-elle déjà expliqué en octobre 2018 lors d’une bouleversante interview dans l’émission Sept à huit, déplorant sa mémoire « qui flanche bêtement » ou le sentiment de défaite ressenti devant certains gestes du quotidien dont elle était désormais privée : « Je ne pouvais pas imaginer un jour ne plus faire de bicyclette, regrettait-elle alors face à Harry Roselmack. Dès que je monte sur un vélo, je n’ai plus le sens de l’orientation, ni celui de l’équilibre. »

Certes, lorsqu’on vieillit, on sait que l’on va devoir peu à peu cesser certaines activités, tirer un trait sur certains plaisirs, et modifier en conséquence sa façon de vivre, mais pour Catherine Laborde, qui, à tout juste 68 ans lutte contre cet ennemi invisible et destructeur, l’avenir est, déjà, la perspective d’une épreuve de chaque jour, le décompte cruel d’une longue série de deuils futurs… « Cette maladie représente pour moi une sorte de diable monstrueux qui me fait à la fois craindre la vie et la goûter un peu plus, a-t-elle expliqué dans 50’ Inside, sur TF1, ce 22 juin. Il faut que j’arrive à vivre avec cette maladie et, en même temps, que j’arrive à y trouver du contentement. Ce n’est pas toujours simple. »

Mais comment cette maman de deux filles, Gabrielle (32 ans) et Pia (28 ans), pourrait-elle éprouver du plaisir lorsque chaque mouvement, chaque geste se mue pour elle en une indicible souffrance ? Comment Catherine Laborde réussirait-elle à garder le sourire et conserver intacte sa foi en l’existence quand l’écriture, sa passion depuis plusieurs années lui est devenue impossible ? « Je tremble beaucoup, beaucoup, a en effet déclaré l’auteur de La douce joie d’être trompée (éd. Anne Carrière). Je ne peux plus taper sur mon ordinateur, comme si j’appréhendais des richesses qui me sont interdites. Je ne peux pas. Hélas, hélas. »

Un drame pour celle qui ne peut rien, ou si peu, contre ce mal dont plus de 150 000 personnes sont atteintes aujourd’hui en France. Dans son malheur, Catherine sait toutefois qu’elle peut compter sur l’aide de Thomas Stern, son mari depuis 2013, présent auprès d’elle pour l’épauler et la soutenir dans cette épreuve. L’ancien publicitaire est devenu le roc solide et sûr contre lequel elle s’appuie. Son époux écrit, sous sa dictée, les mots et les phrases de son prochain livre. Une chance pour celle qui a néanmoins compris combien, dans un couple, la maladie de l’un peut fortement détruire l’autre, mais aussi déstructurer la relation… « On se retrouve face à ce thème inévitable : qu’est-ce qu’il va se passer maintenant ? Dans ce qui peut être la dernière partie de notre vie…, a-t-elle encore confié dans l’émission de la Une. On peut par moments frôler la détresse avec cette maladie qui nous accable tous les deux, et je pense que la littérature peut nous sauver. »

Consciente des immenses difficultés et des moments de profonde tristesse dont souffrent au quotidien ceux qui vivent auprès des malades, l’ancienne femme de télé a décidé de se lancer dans un beau projet : « Je vais continuer à me battre via une association : Les aidant, on vous aime, a-t-elle déclaré dans Télé Poche, en janvier 2019. On veut mettre un coup de projecteur sur tous les proches de malades qui se donnent à fond. Cela demande une force morale inouïe et pas reconnue. »

Une nouvelle aventure qui prouve, s’il était besoin la grandeur d’âme de cette femme courageuse qui, non contente de lutter contre ses propres épreuves, n’en oublie pas pour autant de venir en aide aux autres… À nous de reprendre votre mot d’ordre, Madame, pour vous dire aujourd’hui : « Catherine : on vous aime » !

Clara MARGAUX

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