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Catherine Laborde : “On va vers l’apocalypse !”

Publié le 2 octobre 2014

La présentatrice météo de TFI est très inquiète de l’évolution climatique de la planète. Elle a choisi notre journal pour lancer un � cri d’alarme.

Elle qui rêverait de n’annoncer que du beau temps n’aura pas été à la fête en cet été gris et pluvieux ! Un moindre mal selon la Miss Météo de TF1, que le réchauffement climatique inquiète beaucoup, ainsi que Catherine Laborde l’a confié à France Dimanche

France Dimanche (F.D.) : Votre bulletin est suivi chaque jour, avec beaucoup d’intérêt, par des millions de téléspectateurs, vous ne les avez malheureusement pas gâtés ces deux derniers mois…

Catherine Laborde (C.L.) : Oui, je rêve d’annoncer du soleil et du beau temps. Nous avons la meilleure charte météo du PAF français. Et en plus, on s’entend bien entre présentateurs. On forme une bonne équipe, très soudée. Notre rôle est de traduire la parole des météorologues le plus simplement du monde pour le grand public, sans pour autant déformer à force de simplification. Voilà pourquoi je suis amenée dans mes bulletins à parler aussi du réchauffement climatique : la communauté scientifique nous met en garde contre l’apocalypse. C’est mon rôle de relayer cette mise en garde.

F.D. : Certains, comme les amoureux des plages, sont particulièrement exposés aux modifications qui frappent notre atmosphère…

C.L. : On sait que le trou dans la couche d’ozone accroît les méfaits des rayons UV : s’exposer au soleil est donc de plus en plus dangereux. On a découvert la corrélation entre capital solaire et cancer de la peau, ou mélanome, lorsque des Écossais, gens de peau blanche, qui vivent le plus souvent dans les brumes, se sont installés en Australie, là même où le trou de la couche d’ozone est le plus grand. Certaines entreprises d’Australie remboursent désormais le port du chapeau dans les entreprises, tellement le mélanome fait des ravages. Mes deux filles sont métisses, heureusement : leur capital soleil est infiniment plus grand que le mien !

Catherine Laborde en beigeF.D. : Vous avez deux filles métisses ?

C.L. : Oui, leur papa est malgache. Comme mon grand copain Sébastien Folin !

F.D. : Mais ce n’est pas Sébastien leur père ?

C.L. : Pfff…

F.D. : Vous semblez particulièrement concernée par la biodiversité et la préservation des espèces menacées…

C.L. : C’est en effet tout l’équilibre du monde vivant qui est remis en cause. La Terre s’en tirera toute seule. Mais pour les 7 milliards d’humains, qu’adviendra-t-il ? Notre espèce, Homo sapiens, est aussi envahissante que les rats, les crickets ou les lapins, qui se reproduisent très vite, mais que l’on peut détruire, contrairement à l’homme… Je pense que ce qui différencie l’espèce humaine de toutes les autres est sa capacité d’adaptation, c’est-à-dire son intelligence. En attendant, chaque fin d’été, la surface de fonte du pôle Nord bat des records. Cela a surpris toute la communauté scientifique. Jusqu’en 2006, la fonte était en moyenne équivalente à la superficie de cinq fois la région parisienne (62 809 km2), mais durant l’été 2007 elle a été multipliée par 30, une surface représentant la taille de l’Alaska (1,7 million de km2), soit près de trois fois la taille de la France. En septembre 2007, une fissure s’était même produite dans la banquise jusqu’au pôle Nord lui-même.

F.D. : Peut-on craindre dans les années à venir une canicule comme celle de 2003, qui avait fait plus de 15 000 victimes en France ?

C.L. : Avec le réchauffement climatique, les hypothèses et les scénarios varient. Les étés pourris au nord de la Loire alternent avec les canicules ; tandis que sur les rives méditerranéennes la sécheresse sévit avec une aridité croissante… à l’arrivée, personne ne s’est rendu compte que le printemps avait été chaud parce que le soleil restait caché derrière les nuages. En fait, il faisait doux et le thermomètre ne baissait pas beaucoup pendant la nuit. Il faut savoir que les deux tranches d’âge les plus exposées, les plus vulnérables aux risques caniculaires sont les extrêmes de la vie : les tout petits, et les très âgés : il faut les mettre à l’ombre, leur faire porter des chapeaux, les faire boire de l’eau. Les plus atteints lors de la canicule de 2003 ont été les personnes âgées et seules. On pensait qu’elles étaient préservées, dans leur petit intérieur. Le danger était justement dans leur isolement : la personne âgée ne se rend pas compte qu’elle est en train de se déshydrater. Elle n’a pas soif.

Cédric Potiron

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