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Véronique Sanson : Ce frère qu'elle n'a jamais connu !

Publié le 13 août 2020

L’enfance de Véronique Sanson, qui traîne un indéniable mal-être, a été marquée par un terrible drame familial.

À l’heure où la chanteuse de 71 ans remonte petit à petit la pente, après s’être battue comme une lionne contre un cancer de la gorge diagnostiqué voilà deux ans, elle s’est déjà remise au travail en collaborant avec Grand Corps Malade, sur son album de duos, le temps d’un morceau intitulé Une sœur. Un titre que Véronique chante en hommage à sa sœur aînée, Violaine. « Quand je suis née, mon père avait dit à Violaine que son rôle serait de me protéger. Il n’avait pas tort », vient de confier la star au Journal du Dimanche.


Mais la tâche n’est pas aisée pour celle qui tient lieu de chaperon ! Car, petite, Véronique ne tient pas en place et n’en fait qu’à sa tête. En réalité, ce comportement très instable cache un profond mal-être. En effet, la fillette porte sur ses frêles épaules un grand malheur qui s’est abattu sur toute la famille.

Ce drame très lourd avec lequel elle a dû apprendre à vivre et qui a eu des répercussions terribles sur ses jeunes années était la perte de son grand frère. Rongée par cette blessure secrète, elle deviendra, à l’âge adulte, un être instable, sans cesse sur le fil du rasoir…

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la mère de Véronique, Colette, est, avec son mari magistrat, un membre très actif de la Résistance. Mais un jour, elle est arrêtée par la Gestapo et envoyée dans un camp. Cette femme courageuse va survivre à l’enfer. Peu de temps après, elle tombe enceinte. Mais l’ancienne résistante est à bout de forces, et le bébé qu’elle met au monde, très fragile. Hélas, il ne survivra pas… « À la Libération, ma mère, rescapée des camps, avait eu un garçon. Comme elle était très faible, il est mort peu de temps après sa naissance », raconte Véronique avec émotion.

Pour ses pauvres parents, la perte de ce nourrisson est vécue comme une tragédie absolue. Cependant, le bonheur ne tarde pas à frapper à leur porte, car quelque temps plus tard, le couple accueille Violaine, la grande sœur de Véronique. Deux ans après, c’est à la chanteuse de pointer le bout de son nez.

En grandissant, les deux sœurs deviennent très fusionnelles au point de créer, plus tard, un groupe, les Roche Martin, qui va taper dans l’œil d’un certain Michel Berger. Mais malgré le soutien sans faille de Violaine, la petite Véro est hantée par ce frère qu’elle n’a jamais connu, au point de vivre avec son fantôme. Par un drôle de phénomène de transfert, elle finit même par s’identifier à lui. Encouragée par son papa qui rêvait d’avoir un fils, elle se conduit en vrai garçon manqué. Cet homme exigeant, colérique, marqué par la guerre, adore sa petite Véronique qu’il a mise au piano mais l’élève à la dure. « Il m’appelait “le dernier des Mohicans”, on jouait au foot. » Mais à la puberté, la jeune fille ne supporte plus ce dédoublement de personnalité et sombre dans l’anorexie.

Puis viendront les fugues. « Gamine, je faisais des conneries sans arrêt. Je fuguais au point que j’ai été recherchée par Interpol. » Heureusement, sa future manageuse, Violaine, est là pour veiller sur elle. « Elle a la tête sur les épaules, alors que ma tête à moi a disparu depuis longtemps », confie l’artiste à fleur de peau.

Sa maman, qui voit sa petite faire des siennes à longueur de journée, tente bien de la canaliser, sans grand succès. « Évidemment, quand elle me faisait faire mes devoirs, je n’écoutais rien, en la fixant avec ma moue boudeuse, et elle me disait : “Arrête de te regarder dans mes lunettes !” Je n’étais pas une mauvaise élève mais j’étais très dissipée. » Jusqu’au jour où son papa posera un regard différent sur sa cadette. Face à une adolescente à la féminité très affirmée, il ne peut en effet qu’accepter l’évidence. « Avec la puberté, il s’est rendu compte que j’étais une fille », se souvient Véronique. Il se fait alors plus coulant et autorise même ses filles à sortir seules le soir pour danser. « Il nous donnait la permission de minuit. Évidemment, on ne la respectait pas », dit-elle.

Puis, la chanteuse prendra son envol, faisant de la musique sa bouée de sauvetage. Elle est douée, Michel Berger la repère, ils s’aiment un temps, mais elle disparaît du jour au lendemain avec le rocker Stephen Stills. Une nouvelle fois, Interpol part à sa recherche, retrouvant les deux amants dans un hôtel à New York… La suite la conduira dans une spirale de violence et d’alcool, le père de son fils Christopher se comportant comme un dangereux démon.

Après une « drôle de vie » en forme d’autodestruction, Véronique la résiliente a fini par se relever, portée sans doute par ce sentiment extraordinaire qu’un frère qu’elle aurait tant aimé connaître veille sur elle de tout là-haut…

Valérie EDMOND

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