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Cécilia Attias : Le jour où elle a fait craquer Kadhafi !

Publié le 9 mai 2014

À l’occasion de ses retrouvailles avec les  infirmières bulgares, sept ans après leur libération, l’ex-première dame Cécilia Attias a fait des révélations étonnantes…

Ce sont de bouleversantes retrouvailles qui ont eu lieu, le 27 mars, à Sofia, capitale de la Bulgarie. D’un côté, cinq femmes, des infirmières, qui, dans un passé récent, ont vécu le plus atroce des calvaires ; elles s’appellent Kristiana, Nassia, Valia, Valentina et Snejana. En face, tout aussi émue, une Française qui fut première dame de son pays. Elles se revoient pour la première fois depuis sept ans.

Vous l’avez sans doute déjà compris : ces retrouvailles sont celles des infirmières bulgares emprisonnées en Libye, torturées, condamnées à mort par Kadhafi, et libérées, en juillet 2007, par une femme au courage indomptable : Cécilia Attias, ex-épouse de Nicolas Sarkozy, qui était alors, depuis quelques mois, le nouveau président de la République française.

Mais, jusqu’à présent, on ne savait pas combien Cécilia s’était battue pour parvenir à ce résultat, ni surtout qu’au point culminant de ses âpres négociations avec le dictateur libyen, elle en était arrivée à le menacer physiquement !

Les infirmières, on s’en souvient, avaient été accusées d’avoir tué des enfants à l’hôpital de Benghazi, en leur inoculant volontairement le virus du sida. Chargées de cette accusation, aussi terrible que grotesque, elles croupissaient en prison depuis 1999, dans des conditions monstrueuses. En 2007, les malheureuses s’attendaient à être exécutées d’un jour à l’autre, puisqu’elles avaient été condamnées à mort, pour leur crime imaginaire.

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C’est alors que, soutenue à fond par son président de mari, Cécilia décide de se jeter dans la mêlée et d’arracher leur libération au colonel Kadhafi. Et c’est un incroyable combat qu’elle va devoir mener contre le vieux dictateur, un bras de fer « à mort » qui a duré deux jours quasiment non-stop.

Lorsque Cécilia a obtenu l’éclatante victoire que l’on sait, elle est restée fort discrète sur les coulisses de son exploit, se taisant même durant plusieurs années. D’autant qu’entre-temps, sa vie personnelle avait été prise dans un autre genre d’ouragan : son divorce d’avec le président de la République, sa rencontre avec Richard Attias, son départ pour les États-Unis…

Mais, aujourd’hui, à l’occasion de cette rencontre avec les cinq infirmières martyres, Cécilia a décidé de tout dire, à propos de leur libération ! Déjà, à l’automne dernier, à l’occasion de la sortie de son livre, Une envie de vérité, publié chez Flammarion, elle avait laissé entrevoir l’enfer dans lequel elle avait alors volontairement plongé.

Le 20 décembre 2013, elle déclarait à Élisabeth Quin pour Le Figaro Madame : « J’ai effectué deux très courts voyages à Tripoli, au cours desquels je n’ai pas dormi ; j’ai rencontré dans des conditions anxiogènes Kadhafi qui était capable de tout, je l’ai bravé pour obtenir la libération de ces femmes et de ce médecin palestinien, et j’avais le sentiment que tout pouvait déraper à chaque seconde. Des vies étaient en jeu, alors oui, la tension nerveuse, la peur, l’adrénaline, la gratitude, tout a concouru à en faire le moment le plus intense de ma vie. Pas nécessairement le plus joyeux… »

À travers ces propos, on sent que la rencontre avec le dictateur a été terrible. D’ailleurs, dans son livre, elle va plus loin, décrivant son face-à-face avec le dictateur qui vient de surgir dans la pièce où, quelques instants avant, on l’a enfermée à clé : « […] il s’avance. Mais je ne lui laisse pas le temps de prendre la parole et commence par l’agonir de reproches. »

La suite du récit montre une tension énorme, sans doute dangereuse. Mais elle n’a révélé l’épisode culminant de cet affrontement que lors de sa récente conférence de presse à Sofia : «Dans son bunker [celui du colonel Kadhafi, ndlr], nous [étions] seul à seule. On s’est presque battus. J’avais pris la cravache qui était sur son bureau. Il ne connaissait que la force, j’avais la volonté pour moi. »

Cette scène hallucinante de Cécilia levant son bras armé d’une cravache sur le dictateur tout-puissant qui la tient à sa merci, prête à lui cingler le visage pour obtenir de lui ce qu’elle veut plus que tout au monde ? Une audace folle ; « téméraire », jugeront certains. Mais une audace qui fait qu’aujourd’hui cinq femmes peuvent vivre libres, alors que la barbarie les avait condamnées à mourir.

Pierre-Marie Elstir

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