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Chantal Goya : “Jean-Jacques savait que quelque chose de terrible allait arriver !”

Publié le 4 mai 2020

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© BESTIMAGE Jean-Jacques Debout et Chantal Goya

Dotée de son optimisme légendaire, Chantal Goya, 77 ans, met tout en œuvre pour faire en sorte que cette période de confinement se passe le mieux possible, même si ses enfants et petits-enfants lui manquent beaucoup…

La tournée de notre irremplaçable Marie-Rose et son Soulier qui vole a été stoppée net à cause de l’épidémie de coronavirus, après une ultime représentation, à Lyon, le 9 mars dernier. Une fois le rideau tombé, Chantal a filé rejoindre son époux dans leur maison de campagne d’Indre-et-Loire, tout près du magnifique parc naturel de la Brenne. Nous les avons contactés pour savoir comment ça se passait.

France Dimanche : Bonjour Chantal, comment allez-vous ?
Chantal Goya : Très bien, merci. J’ai donné mon dernier gala au Zénith de Lyon, en restant bien au fond de la scène, devant 3 600 personnes, que je n’ai évidemment pas pu prendre dans mes bras et à qui je n’ai pas fait non plus de dédicaces. C’était interdit ! J’ai ensuite vite repris la route pour rejoindre notre maison de campagne et retrouver Jean-Jacques. 

FD : Quel est votre quotidien ?
CG : Eh bien, je fais du ménage, ce qui ne me change pas trop de d’habitude. Je me balade avec ma bouteille d’eau de Javel et j’en mets partout ! Je vous jure, même là en vous parlant je javellise… Sur toutes les surfaces planes, les poignées de porte, etc., alors qu’on n’est que deux ! On navigue entre le jardin et la maison, donc on profite bien de la douceur et du soleil. Et on mesure vraiment notre chance d’être à la campagne. J’arrache les mauvaises herbes, et je peux vous dire que j’ai du boulot, mais j’adore ça ! Pendant ce temps, Jean-Jacques réécoute tous ses disques de jazz et travaille au piano. Il est plus inspiré ici qu’à Paris, dans son sous-sol. Et puis, qu’est-ce qu’on fait comme cuisine ! De bons petits déjeuners et même des quatre-heures… Moi qui avant ne déjeunais pas, là on ne fait que manger ! Ce soir, je fais raclette avec pommes de terre et soupe de légumes. Tout ça devant un bon feu de cheminée, et la télé qui, il faut bien le reconnaître, nous déprime un peu en ce moment. Mais vous savez, ça faisait longtemps que Jean-Jacques nous répétait : « Vous verrez, ça va être la guerre… » Moi, je lui répondais : « Enfin, arrête avec ton histoire de guerre ! » Mais il insistait, disait que quelque chose de terrible allait arriver. Vous voyez, il avait raison. Par contre, il est vrai que pendant qu’on étouffe, la planète, elle, elle respire.


FD : Ça vous fait peur ?
CG : Non. Je serais certainement plus inquiète si j’étais à Paris, obligée de sortir faire les courses, mais là, on est dans un tout petit village où il n’y a personne. À part les oiseaux, trois poules et un canard, il n’y a rien ! Pour nous ravitailler, on a le boucher juste en face de chez nous, qui passe aussi toutes ses pièces et billets de banque à l’eau de Javel. Chez l’épicière, on entre un par un, les autres font la queue dehors. Moi, je lui téléphone pour lui dire ce que je veux, elle prépare tout, me dépose le sac devant sa boutique et je viens le chercher. J’évite à tout prix les grands hypermarchés ! Mes sœurs, qui elles sont restées à Paris et habitent dans des quartiers habituellement très bruyants, me disent que c’est aujourd’hui tellement silencieux qu’elles ont l’impression d’être devenues sourdes.

FD : Et comment va Jean-Jacques ?
CG : Très bien. Il est tranquille, à son piano. Ce qui est vraiment dommage c’est que nos enfants et petits-enfants ne sont pas avec nous. Ce n’est pas de chance, car ils étaient là dix jours avant tout ça. Ils venaient malheureusement de remonter à Paris lorsque le confinement a été instauré. C’était trop tard ! Mais bon, on s’appelle et on sait que tout le monde va bien. Moi, avant de partir, j’avais aussi offert des médailles miraculeuses de la Vierge à toutes mes danseuses. Je me baladais un jour rue du Bac, à Paris, lorsque j’ai croisé un prêtre qui m’a demandé si je connaissais cette Vierge. Je lui ai répondu que non. « Parce qu’elle a sauvé Paris du choléra ! » m’a-t-il précisé. Du coup, je lui en ai acheté 50 ! Et, les croyants comme les non-croyants, tout le monde a eu droit à sa médaille.

FD : Pour tous les retrouver en bonne forme au mois d’octobre ?
CG : Oui, au Palais des congrès de Paris, les 3 et 4 octobre, si, bien sûr, tout ça est terminé… Sinon, on a déjà réservé pour janvier 2021 !

Caroline BERGER

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