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Charles Aznavour : A l’agonie !

Publié le 28 septembre 2018

Une succession de graves accidents ces dernières semaines a fragilisé la santé de Charles Aznavour, âgé de 94 ans.

Il est toujours tellement élégant, dans ses propos comme dans son allure, que personne ne songe, en voyant Charles Aznavour, qu’il fréquente notre planète depuis plus de quatre-vingt-quatorze ans. Mais si l’artiste aime dire avec humour qu’il ne « vieillit pas, mais prend juste de l’âge », malgré son envie de vivre et d’être sur scène, il n’a pas été épargné par les coups durs ces derniers mois !

On se souvient en effet que la star avait dû renoncer, la mort dans l’âme, à se produire à Saint-Pétersbourg, en Russie, pour un récital qui promettait d’être légendaire, en avril dernier. Un « tour de rein », selon son attachée de presse, l’avait empêché de chanter dans l’ancienne capitale des tsars. Et alors qu’il promettait de revenir l’année prochaine pour honorer son engagement, Charles Aznavour avait dû faire face à une autre vive contrariété le mois suivant. Le 12 mai, chez lui, dans son domaine de Mouriès, près de Saint-Rémy-de-Provence, il avait perdu l’équilibre et chuté de tout son poids sur son bras gauche.

Après un passage à l’hôpital, le diagnostic était tombé : son humérus était fracturé, et le chanteur était contraint de porter une attelle pendant plusieurs semaines. Si son moral ne semblait pas affecté par cet accident, le chanteur avait quand même à nouveau dû renoncer à plusieurs de ses concerts, entre autres ceux prévus au Japon et en Ouzbékistan.


Un bien triste cadeau d’anniversaire pour l’artiste qui soufflait ses 94 bougies le 22 mai. Mais même face à ces « emmerdes », et bien que sa femme lui ait conseillé d’arrêter de travailler, vu son âge, il reconnaissait n’avoir pas du tout envie de prendre sa retraite. Pourquoi ? « Parce que si je quitte la scène, je meurs », lui avait-il répliqué, à quoi elle lui avait répondu : « Bon, alors continue ! » Un échange que l’artiste a raconté dans Sept à huit, sur TF1, le 16 septembre.

Si hier encore, il avait 20 ans, le temps passe, et aujourd’hui, son corps paraît affaibli. Le 14 septembre, au micro de RTL, alors que la star annonçait une nouvelle tournée mondiale, il avouait être en moins bonne santé que ce que l’on croyait : « Je vais mal et bien. Mal parce que c’est douloureux, mais bien parce que je suis optimiste. J’ai chuté deux fois, la deuxième fois c’était sur la tête, mais la tête s’est guérie tout de suite, et le bras pas. J’ai quatre fractures dans le bras. »

Quatre fractures dans un seul bras, c’est beaucoup, même pour un optimiste tel que lui. Cela ne se soigne pas d’un coup de baguette magique. Et hélas, ces blessures graves sont arrivées à un moment où Charles était aussi très blessé, moralement cette fois, par la mort de Johnny.

Hallyday et Azna, c’était une très grande histoire d’amour. Celle d’un jeune homme de 17 ans, que son père a abandonné, et qui va trouver auprès de son aîné la présence et l’attention paternelle dont il a tant manqué. Avec patience, et une très grande affection, Charles s’est occupé de ce jeune homme, tellement perdu qu’il s’était inventé une vie, une légende, à ses débuts. S’il s’appelle Hallyday, c’est que son père est américain. Il a grandi dans un ranch, avec les chevaux comme compagnons. Touché par ces mensonges, Charles sent toute la sensibilité et la détresse qui existent chez Johnny. Il l’héberge, l’éduque et, découvrant que son petit protégé a menti sur ses origines, lui apprend à monter à cheval.

Aznavour murmure à l’oreille de Johnny les mots que le rocker attend, et cette affection fait merveille. Hallyday peut enfin assumer Jean-Philippe Smet, dire d’où il vient, et ainsi, vivre mieux. Sa rencontre avec Aznavour lui offre une renaissance. Et la vedette confirmée qu’est déjà Charles lui accorde un autre grand cadeau, il lui écrit Retiens la nuit, cette magnifique chanson qui confère au jeune artiste une crédibilité d’interprète qui lui faisait encore défaut. De son côté, Aznavour, qui vient « d’une famille
“génocidée” », n’ayant connu « ni grand-père, ni grand-mère, ni cousin, ni cousine, ni neveu », comme il le confiait encore dans Sept à huit, en fait un fils adoptif, qu’il est heureux de voir grandir et s’émanciper.

Aussi l’absence de Charles aux obsèques du rocker a fortement surpris. Il s’en est expliqué, dans la même émission, dimanche dernier : « J’ai pris le deuil comme on fait en Arménie : j’ai fait quarante jours de deuil de Johnny. Pas d’alcool, pas de sortie, etc. Voilà. C’est ce que j’ai apporté à mon amitié. On était très proches, il a vécu longtemps chez moi. Il faisait partie de la famille », a-t-il dit, visiblement bouleversé d’évoquer son ami si cher. Mais à la fin, Charles ne le voyait plus. Il en a confié la cause sur RTL, entre les lignes, mais sans langue de bois : « Si on ne s’est pas vus à partir d’un certain moment, c’est que les gens ne voulaient pas tellement me voir… Étais-je dangereux ? Je me le demande… »

Aujourd’hui, certes de santé fragile, mais toujours doté d’une mémoire intacte et d’une voix formidable, Charles continue d’avancer. En novembre et décembre en France, puis en Europe et en Israël, il donne à son public le meilleur de lui-même, jour après jour, concert après concert. Charles vit pleinement, jusqu’à l’ivresse, son existence.

Laurence PARIS

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