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Charles Aznavour : Bientôt président de la république

Publié le 14 mai 2004

À 80 ans, Charles Aznavour est bien plus que le meilleur ambassadeur de la chanson française. Et ce n'est peut-être qu'un début...

L'affiche fleurit sur les murs des grandes villes de France. Le 22 mai, Charles Aznavour fêtera ses quatre-vingts printemps. Mais doit-on lui dire «Bon anniversaire Charles» ou «Bon anniversaire Votre Excellence», titre réservé aux ambassadeurs ?

Car, désormais, la plaque d'immatriculation de la Mercedes de l'ambassadeur de la chanson française porte le numéro «U 371 CMD 1».

U pour Unesco, CMD pour chef de mission diplomatique. En effet, depuis 1992, Charles est ambassadeur itinérant de la République d'Arménie, et, depuis 1995, ambassadeur délégué de l'Arménie auprès de l'Unesco.

Mais pour la star, ces titres ont surtout l'avantage de faciliter son combat pour la terre de ses ancêtres. Une formidable croisade, commencée en 1988, à la suite du tremblement de terre de Spitak. Avec l'Association Aznavour, il réunit alors 19 millions de francs.

Des fonds qui lui permettent de créer une usine d'aliments pour bébés, d'acheter des blocs opératoires, de subventionner des orphelinats... Autant de victoires qui ont ému tout un peuple sinistré, qui l'a dès lors consacré porte-drapeau de la terre d'Arménie à travers le monde.

Depuis plus de quinze ans, il se bat sur tous les fronts. Il sollicite les grands laboratoires et les industriels, réunit des subsides pour réhabiliter des centrales électriques ou construire des écoles.

Et c'est sous son impulsion que, le 8 décembre 1999, le Sénat français a enfin reconnu le génocide arménien. Aujourd'hui, fort de cette croisade, Charles est un mythe vivant au pays de ses ancêtres.

Sa popularité y est d'ailleurs telle que nombre de ses concitoyens souhaiteraient qu'il accède à de plus hautes fonctions. Alors, pourquoi pas président de la République ?

En exclusivité pour France Dimanche, Son Excellence évoque son combat quotidien.

France Dimanche (F.D.) : à l'heure actuelle combien comptez-vous de missions diplomatiques ?

Charles Aznavour (C.A.) : Une vingtaine en dix ans. Mais je n'ai aucune raison d'en faire étalage. Je me rends utile, pas pour que cela se remarque, mais pour que mon action soit couronnée de succès.

F.D. : Comment vivez-vous cette fonction d'ambassadeur ?

C.A. : Au départ, j'étais un béotien. D'ailleurs, je dois bien être le seul ambassadeur à n'avoir que son certificat d'études! C'est comme tous les métiers, ça s'apprend. Au début, forcément, on fait des bourdes!

F.D. : Lesquelles ?

C.A. : Je me souviens de la première. J'ai abordé deux fois le même sujet avec un haut dignitaire. Or, vous ne devez jamais revenir à la charge. Il y a des règles bien établies, des lignes à ne pas dépasser. C'est comme le code de la route !

F.D. : Que pensez-vous des chefs d'État ?

C.A. : À côtoyer les hommes politiques, on découvre vite qu'à droite comme à gauche, il y a des gens extraordinaires et d'autres moins. Mais, en général, ils sont passionnants et, en prime, ce sont de bons acteurs !

F.D. : Lors de votre voyage en Arménie, en 2001, le peuple a émis le vœu que vous soyez député.

C.A. : J'en suis très touché. Mais moi, mon métier, c'est de les aider depuis l'extérieur, depuis la France, qui est ma patrie. Quand l'Arménie ira mieux, je rendrai mon tablier.

F.D. : Vous y êtes un mythe vivant. Pour preuve, la statue en bronze à votre effigie, de 4,50 mètres, érigée à Gumri.

C.A. : Oui, ça m'émeut. Et ça m'amuse! Pensez donc, 4,50 mètres de haut !

F.D. : Si vous vous présentiez aux prochaines élections présidentielles, vous auriez toutes les chances d'être élu ! Qu'en est-il de cette rumeur ?

C.A. : J'ai répondu à toutes vos questions. Mais, pour celle-ci, permettez que j'use de mon droit de réserve... Pas de doute, cette éventualité a donc bien été évoquée. Mais cette fonction suprême serait un crève-cœur pour les fans de Charles, qui ne pourraient plus l'applaudir que lors de ses visites officielles à l'Élysée.

Gérard Gilbert

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