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Charles Aznavour : Cette fois, c'est la fin...

Publié le 10 juillet 2009

La nouvelle est tombée, tel le rideau qui se referme sur la carrière exceptionnelle de Charles Aznavour

« Voir Carthage et mourir ». Ce pourrait être le titre de l'ultime chanson de l'artiste français le plus connu au monde, Charles Aznavour, et qui sait que son existence touche à sa fin.

Le chanteur d'origine arménienne, aux cheveux blancs mais au charisme intact, a décidé de mettre un terme, non pas à sa vie d'homme, mais à sa vie professionnelle, le 21 juillet prochain, en Tunisie.

Cette fois, c'est la fin. En effet, 85 ans, il a déclaré, dans une interview accordée le 5 juillet dernier au journal de Tunis, Assabah, qu'il annoncera sa retraite, sur la scène du Festival international de Carthage, lors d'un concert unique...

->Voir aussi - Charles Aznavour : Une mystérieuse fan dans sa vie

« C'est un honneur pour moi de " raccrocher" dans cette cité de Carthage qui signifie la civilisation, l'Histoire, et l'Éternité, a confié le chanteur, tel un boxeur à l'issue de son dernier combat [...] On ne peut rêver d'un plus grand monument de l'Histoire qu'est cette cité de l'Antiquité, pour quitter la scène par la grande porte !»

Un monument de l'Histoire pour un monument de la chanson... La boucle semble bouclée. Quel beau parcours aura eu ce chanteur exceptionnel, repéré par Édith Piaf quand il avait 22 ans. Malgré sa timidité maladive, le duo formé par la Môme et le petit Charles va fonctionner à merveille, lors d'une grande tournée de concerts aux États-Unis et en France.

Quand il décide de se produire seul, Aznavour connaît quelques bides et essuie les méchantes critiques de la presse parisienne de l'époque : « Un horrible timbre de voix, masqué par une sorte de brouillard »... Mais il gagne ses galons de chanteur en 1956, lors d'un récital à Casablanca. Sur la scène de l'Olympia, la même année, sa carrière est lancée.

« Comment s'y prend-il, cet Aznavour, pour rendre l'amour malheureux sympathique aux hommes ?» se demande alors le poète Jean Cocteau. Avec La bohème ou Que c'est triste Venise , le désespoir et la nostalgie sont définitivement sublimés.

Le bilan du grand artiste pourrait se résumer à des chiffres qui donnent le tournis : plus de 1.000 chansons composées, interprétées dans cinq langues, et près de 100 millions de disques vendus dans le monde entier, en 60 ans d'une carrière internationale.

Pourtant, Charles, devenu milliardaire, résidant suisse, n'est pas seulement un artiste. Il est aussi un homme engagé, luttant notamment pour la reconnaissance du génocide arménien, perpétré par la Turquie en 1915. Personne n'a oublié non plus sa mobilisation au moment du tremblement de terre en Arménie, en 1988.

L'année dernière, en guise de remerciement, les autorités d'Erevan lui ont accordé la nationalité arménienne. Et depuis trois mois, Charles Aznavour est officiellement ambassadeur d'Arménie en Suisse !

En mai dernier, il a fêté ses 85 printemps, et il sait que, malgré une hygiène de vie irréprochable, son corps fatigué ne pourrait plus supporter le marathon des concerts. La mort dans l'âme, celui qui est devenu le « grand » Charles doit donc renoncer aux tournées dans le monde.

L'auteur d'Hier encore et de Je n'ai pas vu le temps passer, a sans doute conscience qu'il lui reste peu de temps à vivre. Un temps compté, qu'il veut savourer auprès de sa troisième épouse, Ulla, de ses cinq enfants et de ses petits-enfants, en achetant une maison de vacances, à Carthage justement.

Désormais, ou encore Il faut savoir, deux titres de l'immense répertoire de la star, prendront un sens particulier, quand la voix de Charles Aznavour résonnera pour la dernière fois sous le ciel étoilé, au milieu des mythiques et sublimes colonnes carthaginoises...

Christophe Cavalier

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