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Charles Aznavour : Sa mémoire piétinée !

Publié le 24 décembre 2018

La stupéfaction a fait place à l'incompréhension après le dernier coup de griffe de Philippe Geluck.

Il y a un peu plus de deux mois, le 1er octobre, disparaissait l’un de nos plus grands artistes, Charles Aznavour. Avec 180 millions d’albums vendus, celui qui a fait rayonner la langue française de par le monde méritait-il l’hommage national qui lui a été rendu le 5 octobre aux Invalides ? Ce n’est en tout cas pas l’avis de Philippe Geluck, qui va jusqu’à trouver « indécent » que le drapeau tricolore drape le cercueil du chanteur ! Un coup de griffe aussi stupéfiant qu’incompréhensible pour certains.

Mais qu’a donc bien pu faire Charles Aznavour au créateur du Chat, pour que ce dernier piétine ainsi sa mémoire ? Rien de personnel, rassurez-vous. Mais le dessinateur s’agace que l’on ait pu mettre à l’honneur quelqu’un qui a « volé le peuple français » !

Fraudeur fiscal, l’accusation n’est pas nouvelle pour l’interprète de Mes amis, mes amours, mes emmerdes. En 1972, à la suite de ses démêlés avec le Trésor public, il était parti vivre en Suisse. Cinq ans plus tard, l’artiste comparaissait devant un tribunal pour évasion fiscale, et bénéficiait d’un non-lieu. Il avouera tout de même en 2013 avoir versé des pots-de-vin aux puissants pour régler ses histoires : « Il y a quelques gens de la politique qui pouvaient, paraît-il, arranger mon coup, et moi j’avançais un peu d’argent en liquide […] pour les votes […], les affiches. […] Ça m’a coûté très cher. »


Ce n’est pas tout ! Comme le révélaient en mars dernier nos confrères de Mediapart et du Soir, la star avait pris soin, dès 2007, de créer une holding au Luxembourg, Abricot SA, afin d’y rapatrier ses dividendes et payer beaucoup moins d’impôts !

Charles n’était pas le seul à hérisser le poil de Geluck. Pour lui, l’Idole des jeunes est à mettre aussi dans le même panier, comme il l’a confié à Vanity Fair : « Je suis un peu heurté – heurté est un euphémisme – par ces hommages nationaux rendus en quelques mois à deux grands fraudeurs fiscaux : Aznavour et Johnny. »

C’est à peu près à la même époque que les deux hommes ont eu maille à partir avec le Trésor public. En 1975, l’État français réclame au rocker, interprète de Signes extérieurs de richesse, plusieurs millions d’arriérés d’impôts. Johnny quitte alors la France et s’établit aux États-Unis. Deux ans après, il est condamné à dix mois de prison avec sursis et à 20 000 francs d’amende.

En 2006, il part s’installer en Suisse, ce qui lui permet de ne payer que 300 000 € d’impôts, contre 5 millions en France. Quatre ans plus tard, Johnny est accusé d’avoir fait un montage illégal, via Nerthus Invest, une holding luxembourgeoise détenue par une autre holding, Gedar SA, domiciliée au Liberia. Résultat, au jour de sa mort, le 5 décembre 2017, le rocker avait une dette fiscale estimée à 15 millions d’euros. Une arête restée en travers de la gorge du dessinateur belge, dont Johnny était fan ! La réciproque semble,
a priori, moins vraie.

Lili CHABLIS

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