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Charles Aznavour : Ses souvenirs d’enfance sont partis en fumée !

Publié le 16 février 2015

Dimanche dernier 1er février 2015, un terrible incendie a détruit ce que le chanteur Charles Aznavour avait de plus précieux au monde, et que personne ne pourra lui rendre.

Il a écrit une chanson, rendue célèbre par Juliette Gréco, qui s’intitulait Je hais les dimanches. Eh bien, ce n’est pas le 1er février 2015, jour du Seigneur, qui risque de faire changer d’avis Charles Aznavour. Car, ce jour-là, à Paris, c’est toute une partie de sa jeunesse qui a été détruite, ses souvenirs les plus précieux qui sont partis en fumée. Et il sait bien qu’il ne pourra jamais les retrouver…

Après la tragédie, c’est un peu comme si l’Arménien le plus célèbre du monde se retrouvait orphelin pour la seconde fois : une épreuve dont il lui faudra sans doute du temps pour se remettre… si s’en remettre est toutefois possible.

Le drame se noue donc ce dimanche 1er février, peu avant 8 heures. Nous sommes à l’entrée de la rue de la Huchette, au cœur du Quartier latin ; au n° 3 de cette petite artère où se situe un bar nommé La petite taverne. Et c’est précisément de ce bistrot parisien que, soudain, partent des flammes et une épaisse fumée : c’est l’incendie !

Les pompiers, prévenus immédiatement, arrivent très rapidement sur les lieux et réalisent l’importance du danger : le feu du rez-de-chaussée est déjà en train de se propager le long de l’escalier en bois qui dessert les cinq étages !

Les renforts sont dépêchés en masse : les soldats du feu sont bientôt 80 à lutter contre les flammes ou à faire évacuer les riverains afin de les mettre en sécurité. Tout cela est fait à un rythme haletant, car les pompiers voient bien qu’ils doivent absolument empêcher le sinistre de se propager aux immeubles voisins. Sinon, c’est la catastrophe !

Malheureusement, au milieu de l’épaisse fumée qui envahit la rue, on peut constater que les flammes ont déjà atteint le n° 5, au rez-de-chaussée duquel se trouve le Caveau de la Huchette, ce cabaret illustre où presque tous les grands noms du jazz, depuis l’immédiat après-guerre jusqu’à aujourd’hui, se sont produits.

Et c’est tout cela qui est en train d’être dévoré par les flammes, au grand dam des amoureux de ce genre musical… dont Charles Aznavour, justement ! Sauf que, pour lui, ce Coin de rue, comme chantait Charles Trenet, représente plus que le lieu où, jeune homme inconnu, il allait écouter ses musiciens favoris : c’est toute son enfance et toute sa famille !

C’est avec sa sœur aînée, Aïda, que Charles a fait ses premiers pas dans le restaurant de leur père, Micha.

 La rue Monsieur-le-Prince est située à quelques encablures de la rue de la Huchette, dans le quartier de l’Odéon : c’est là que Charles voit le jour le 22 mai 1924, alors que ses parents attendent un visa pour émigrer aux États-Unis. La naissance de ce fils décide de l’avenir à leur place : adieu l’Amérique, vive le Quartier latin ! Fils de cuisinier, Micha Aznavourian, le père du futur chanteur, ouvre alors un petit restaurant arménien, rue Champollion, qu’ils appellent Le Caucase. Cette voie est à 300 m au sud de la rue de la Huchette…

Aznavour vertical

Et quand Le Caucase fera faillite, Micha, sans se décourager, ouvrira un autre établissement, un café cette fois, rue du Cardinal-Lemoine, à quelques centaines de mètres plus vers l’est cette fois-ci ! Juste en face se trouve la fameuse École des enfants du spectacle où M. et Mme Aznavourian font inscrire leur fils qui, du haut de ses 9 ans, a déjà décidé de devenir acteur !

C’est dire si, ce quartier où il a passé ses premières années, celles qui marquent à jamais la mémoire d’un homme, le futur Aznavour l’a arpenté en tous sens, s’il en connaissait les moindres recoins. Et ses premiers émois, tant artistiques que sentimentaux, c’est là aussi, bien entendu, qu’ils s’enracinent.

Il est donc facile d’imaginer à quel point le terrible incendie qui s’est déclaré dimanche dernier, heureusement maîtrisé dès la fin de la matinée, a dû l’atteindre dans ce qu’il avait de plus précieux : son enfance ! Un coup du sort dont on se remet difficilement, même si Charles Aznavour a toujours su que : « On ne peut garder sans cesse / Sa jeunesse. »

Didier Balbec

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