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Charles Trenet : le coeur de Georges fait boum

Publié le 5 mars 2021

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Bataille judiciaire autour de l'héritage de Charles Trenet. Qui aura le dernier mot ?

Notre bien-aimé « fou chantant » s'est éteint le 19 février 2001, à l'âge de 87 ans. Il avait, deux ans plus tôt, modifié son testament pour léguer à Georges El Assidi, son secrétaire particulier depuis plus de vingt ans, tout son patrimoine, notamment ses résidences d'Aix-en-Provence et d'Antibes-Juan-les-Pins.


Comme l'avait souhaité le compositeur de Douce France, son ami de cœur aurait ainsi pu poursuivre sa route sans souci du lendemain. Hélas, quelques années après la mort de la star, Lucienne Trenet, sa demi-sœur, et Wulfran, son neveu – décédé le 24 octobre 2020 –, contestent cet héritage, accusant Georges d'avoir dilapidé sa fortune. Ils l'assignent alors en justice pour « abus de faiblesse, extorsion, violence et homicide volontaire » !

Une longue et pénible bataille juridique aboutira à un non-lieu prononcé par le tribunal de grande instance de Créteil en 2011. Lucienne, cependant, n'a pas lâché le morceau et poursuit seule la guerre contre l'héritier de son demi-frère, en demandant l'annulation du non-lieu. Cette requête est rejetée en appel en 2013. Plus dur encore pour la demi-sœur de l'artiste, la cour la condamne à payer à Georges El Assidi 10 000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 8 000 euros au titre des frais de justice, et 2 000 de plus à l'Adami, l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes.

Georges El Assidi et Lucienne Trenet, demi-sœur de Charles, aux obsèques du musicien, en 2001.

Dès lors, l'ancien employé de Trenet aurait pu aborder la vie plus sereinement, d'autant plus qu'il a contre-attaqué en réclamant une réparation morale et financière de 75 000 euros ! Mais il se débattait, depuis 2006, dans d'autres ennuis…

Georges a en effet commis l'erreur de céder la gestion de l'intégralité de l'héritage de son ex-patron, patrimoine et droits d'auteur, environ 5,5 millions d'euros, aux responsables d'une société danoise. Une somme dont il affirme depuis n'avoir rien touché en contrepartie. A-t-il été trompé ? Toujours est-il que les dirigeants de Nest feront l'objet de mandats d'arrêts internationaux, et que les 500 000 euros de droits d'auteur annuel de Trenet ont été mis sous séquestre en attendant l'arbitrage de la justice danoise.

Le pauvre George El Assidi, spolié de la fortune de Trenet, vit alors du RSA et squatte chez des amis… Mais cette seconde bataille judiciaire va finalement se solder en 2015 par la relaxe des deux dirigeants de la société danoise. La justice considérant que le légataire universel du musicien avait eu pleinement conscience de ce qu'il signait. Fin de l'histoire pour le pauvre Georges. En 1936, Charles Trenet écrivait Y a d'la joie… Un hymne au bonheur que son héritier bien malmené n'a pas dû fredonner bien souvent depuis la disparition de son ex-patron !

Clara MARGAUX

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