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Charlotte de Turckheim : “Pour maigrir, j'ai vraiment tout fait !”

Publié le 15 mai 2022

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À 67 ans, la réalisatrice de “Mince alors 2 !”, qui revendique le droit de ne pas être toujours dans la séduction, milite pour le lâcher-prise. Un discours décomplexé qui fait du bien à entendre…

Alors que son film Mince alors 2 ! vient de sortir en DVD, l'actrice et réalisatrice s'est confiée sur ses rondeurs et son rapport au corps, depuis Eygalières, son village des Alpilles où elle a ouvert avec Zaman, son mari afghan, une maison d'hôtes. Sa joie de vivre et son discours sans concession sur les régimes donnent envie de nous réconcilier avec nos formes ! À bas les complexes !


France Dimanche : Pourquoi avoir attendu dix ans pour revenir sur ce thème du poids avec Mince alors 2 ! ?

Charlotte de Turckheim  : Depuis la sortie de Mince alors !, avec Dominique Besnehard qui est l'un des producteurs, on avait envie d'un deuxième volet. On avait même envisagé d'en faire une série ! Le temps a filé et le film passait souvent à la télévision. On ne voulait pas lasser le public ! En dix ans, la société a changé, mais la problématique du surpoids est toujours un puits sans fond ! Alors, on s'est lancé…

FD : Ces deux films sont largement autobiographiques. Vous n'avez jamais caché vos problèmes de poids…

CdT : Oui, mais je voulais aussi, au-delà de mon histoire personnelle, dresser un constat sur la société qui fait mine d'accepter les personnes en surpoids, alors qu'il n'en est rien. Aujourd'hui, on a l'impression qu'avec toutes ces jeunes femmes rondes qui s'affichent sur Internet, avoir des formes est devenu acceptable. Mais dans la réalité, ce n'est pas aussi facile que ça ! La souffrance est exactement la même qu'il y a dix ans pour celles qui se voient différentes. Chez les adolescents notamment, il existe un niveau de détestation de soi qui est quand même dingue, amplifié par les réseaux sociaux qui, eux, sont impitoyables. C'est ce que j'ai voulu montrer dans Mince alors 2 ! avec cette bande de jeunes qui vient faire une cure d'amincissement.

FD : Vous ne trouvez pas que les choses ont évolué avec toutes ces artistes aux formes généreuses qui s'assument ?

CdT : Bien sûr, même si l'injonction à être mince et élancée existe toujours, des femmes comme Rihanna ou Kim Kardashian ont fait bouger les lignes. Mais au fond, on a créé un autre modèle, le modèle de la bimbo à la Nabilla, des filles avec de belles fesses et de gros seins. Certes, ce n'est plus le culte de la maigreur tendance Jane Birkin ou Kate Moss. Les rondeurs sont juste assumées d'une manière plus bravache, c'est tout. Mais je ne suis pas sûre qu'au fond les choses se soient vraiment améliorées…

FD : Dans le film, l'histoire se déroule dans un domaine provençal qui propose des cures « jeûne et détox » à l'ambiance New Age. C'est du vécu, on dirait…

CdT : Oui, dans l'espoir de mincir, j'ai vraiment tout fait. Avant, je comptais mes calories. Il ne fallait pas dépasser 1 200 ! Mais ça ne servait à rien, car une fois terminé, je reprenais mes kilos aussitôt ! Comme je faisais le yo-yo, j'ai décidé d'arrêter de faire des régimes drastiques. À mon sens, ce type de cure, qui propose de revoir son alimentation sur le long terme, donne de bien meilleurs résultats. J'ai pu le constater quand j'ai voulu expérimenter le concept dans ma propre maison d'hôtes, lors de quatre séjours qui ont été des cartons.

FD : Vous continuez à surveiller votre poids ?

CdT : Plus que jamais, bien sûr ! Mon cas est particulier. J'ai été très mince jusqu'à la ménopause et, depuis quinze ans, je bataille avec ce nouveau corps que je ne comprends pas et que je n'arrive pas à contrôler ! Avant, je tournais un film et je perdais trois kilos ! Je me freinais un peu sur la nourriture et ça suffisait pour que je maigrisse. J'ai beaucoup grossi et ça reste un vrai problème pour moi… Avec l'âge, il est indispensable de se sentir léger, sinon on commence à avoir mal partout. Dès que je prends cinq kilos, j'ai des douleurs dans les genoux. C'est pour ça que, quand on vieillit, il faut faire attention…

FD : Quels sont vos secrets pour maigrir ?

CdT : Je n'en ai pas ! Vous pensez bien que si je détenais de tels secrets, je voudrais les partager avec les autres ! Le secret : c'est qu'il n'y en a pas ! Il faut dire la vérité : faire un régime, c'est juste barbant. Il faut de la volonté, et surtout pratiquer une activité sportive, ce qu'on n'a pas forcément envie de faire quand on ne se sent pas à l'aise avec son corps. On dit qu'après 50 ans, il faut diminuer ce qu'on mange par trois et augmenter son activité physique par trois. En général, les femmes font exactement le contraire ! Avant, je descendais les gorges de l'Ardèche en canoë-kayak, maintenant, j'en serais bien incapable.

FD : Arrêtez, vous êtes hyperactive ! D'ailleurs, comment arrivez-vous à tout concilier ? Réalisatrice, actrice et maintenant à la tête d'une maison d'hôtes, quelle énergie !

CdT : Il y a des moments où j'arrive à tout gérer, et d'autres où je craque complètement ! Je me dis : « Mais tu es complètement folle ma pauvre fille, tu es au bord du burn out, là ! » Heureusement, c'est Zaman, mon mari, qui s'occupe à plein temps de notre maison d'hôtes. Et il le fait très bien. Tous les samedis, il se met même aux fourneaux et organise un dîner afghan pour les clients, dans une ambiance très Kaboul en Provence, avec des tentes et de la musique orientale. Mais les autres jours, il ne me gave pas comme une oie ! C'est vrai qu'on adore cuisiner tous les deux. C'est sûr qu'on ne s'aide pas beaucoup l'un et l'autre pour avoir la ligne !

FD : Est-ce qu'au fond les hommes ne préfèrent pas les rondes ?

CdT : Beaucoup de femmes pensent qu'elles vont trouver le bonheur en étant minces mais elles ne le trouvent pas forcément ! Certes, les hommes aiment les filles assez rondes : attention ! pas grosses, il ne faut pas exagérer quand même. [Rires.] Mais le problème : ce sont les femmes elles-mêmes qui ne s'aiment pas comme ça. Nous sommes vraiment notre pire ennemi, alors qu'on devrait s'accorder le droit de lâcher prise et ne pas être toujours dans la séduction…

Recueilli par Valérie EDMOND

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