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Charlotte Valandrey : “Ça me fait du bien de rejouer !”

Publié le 26 avril 2016

Après six ans d’absence, la comédienne Charlotte Valandrey retrouve la scène et les rires des spectateurs dans lesquels elle puise cette énergie qui la caractérise…

«On ne sait pas de quoi demain sera fait », ne cesse de répéter Charlotte Valandrey. À 47 ans, revenue de tout, cette miraculée vit l’instant présent avec une intensité rare. Ce retour sur les planches après six ans d’absence, la comédienne que la vie n’a pas épargnée l’avait ardemment espéré. « Ça me fait tellement de bien de rejouer ! », avoue-t-elle.

Valandrey afficheDans cette pièce loufoque signée Anthony Michineau, Mon pote est une femme comme les autres, qu’elle joue jusqu’en juillet au Théâtre Edgar à Paris, Charlotte s’amuse à camper un mâle tout ce qu’il y a de viril, qui se retrouve, du jour au lendemain, dans la peau d’une femme. Un rôle plutôt risqué… Mais cette force de la nature n’a peur de rien.

->Voir aussi - Charlotte Valandrey : Humiliée lors d'un speed dating

Ces dernières années, ses livres, quatre au total, ont défrayé la chronique. Dans L’amour dans le sang, le grand public médusé apprenait ce que la profession murmurait depuis un bout de temps : l’héroïne de Rouge baiser est séropositive depuis ses 17 ans. Aujourd’hui, elle aimerait bien en parler un peu moins.

« Si je suis au théâtre, c’est que je vais bien, non ? » s’exaspère-t-elle quand on s’enquiert de sa santé. Elle poursuit, faisant allusion à sa greffe du cœur et à ses conséquences : « J’avais besoin de me reconstruire. Je voulais être au top. Il y a trois ans, je n’aurais peut-être pas pu tenir une heure et demie sur scène. »

A 19 h, le rideau se lève, pas de place pour la tristesse ! Dans cette comédie sentimentale, Charlotte fait la rigolote, une première pour elle. L’audience apprécie, s’esclaffant à chaque phrase : « Tous ces rires me portent, me donnent une incroyable énergie », reconnaît-elle. Représentation après représentation, telle une équilibriste, la comédienne prend un malin plaisir à se bousculer, changeant une intonation par-ci, ajoutant un bon mot par-là.

Lumière

Cette prise de risque force le respect de son hilarant partenaire, Sacha Judaszko, obligeant cet habitué du one-man-show, qui vient de faire un carton au Petit palais des glaces avec son spectacle Sacha chauffe la salle, à se mettre au diapason. Surdoué, ce génie du rire, ancien chauffeur de salle, passé par l’émission de Laurent Ruquier On n’demande qu’à en rire, a fait la première partie de Gad Elmaleh. « Faire se poiler 7.000 personnes, ça file un trac fou », déclare-t-il.

Boulimique de boulot, le trublion écrit aussi des sketches pour ses copains, dont Arnaud Tsamere, et des pièces tordantes comme Prête-moi ta femme, actuellement au théâtre BO Saint-Martin.

N’ayant jamais travaillé avec Charlotte auparavant, leur tandem comique fonctionne pourtant à merveille. « Mes parents regardaient Les Cordier, juge et flic, raconte l’humoriste de 38 ans. Moi, j’étais ado et me disais : “Qu’est-ce qu’elle est belle, Charlotte Valandrey !” » L’intéressée rougit presque du compliment, puis tempère en se bidonnant : « Elle a surtout un peu vieilli ! » Dans la loge minuscule, c’est la rigolade générale.

Une bouffée d’oxygène pour l’actrice : « C’est tellement agréable de donner la réplique à un comique. On s’entend si bien. On a dû être mariés dans une vie antérieure », dit-elle en riant. Ses malheurs lui semblent soudain bien loin. Atteinte du VIH, elle avait été mise en quarantaine par le milieu du cinéma… Et alors ?

« A quoi bon remuer le passé. à force d’acharnement, je me suis relevée, c’est ce qui compte. Dans cette pièce, je montre de quoi je suis capable maintenant. J’espère que ça donnera des idées aux réalisateurs. »

Dans ce théâtre de poche parisien, proche de la gare Montparnasse, qui a vu naître Sylvie Joly et Popeck, c’est à la bonne franquette. Le directeur, comédien et metteur en scène Luq Hamet, qui a racheté la salle en 2014, tient à accueillir personnellement la centaine de spectateurs qui se placent où bon leur semble.

Pour les veinards du premier rang, l’expérience est émouvante. Charlotte se tient là, face à eux, la rage au ventre, ses yeux bleu indigo plongés dans leur regard admiratif. Si proche, qu’ils pourraient presque entendre battre son cœur. Ce cœur tout neuf qu’on lui a greffé il y a treize ans… La grande cicatrice qui barre son décolleté plongeant, Charlotte Valandrey ne prend même plus la peine de la dissimuler. Au contraire, cette marque christique, elle semble en être fière. Dans la lumière des projecteurs, elle rayonne.

Magnétique, elle s’est enfin approprié ses rondeurs qu’elle magnifie avec des hauts de soie. Les hommes présents dans la salle n’en perdent pas une miette. Cette éternelle séductrice serait-elle amoureuse ? « Non ! Pas en ce moment. Je suis très bien seule, mais si ça m’arrivait, ce serait la cerise sur le gâteau. »

Pour le moment, la comédienne a toute l’affection de Tara, sa fille de 15 ans, une ado « débrouillarde » qui se verrait bien « mannequin ou avocate… à New York ! » « Ce qui compte, c’est qu’elle soit heureuse », conclut cette maman poule. Et Charlotte Valandrey sait de quoi elle parle…

Véronique Dubois

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