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Charlotte Valandrey : “Je ne pensais pas pouvoir vivre jusqu’à 50 ans !”

Publié le 27 juillet 2018

apaisée, Charlotte Valandrey, qui fêtera son anniversaire en novembre, s’est confiée en exclusivité à “France Dimanche”…

Charlotte se fait attendre.

Alors qu’elle revient sur le devant de la scène (livre, télé, chansons), la presque quinqua, qui vient de sortir un nouvel ouvrage, Chaque jour, j’écoute battre mon cœur (éd. Le Cherche-Midi), entretient ses réseaux sociaux en tentant d’enregistrer une vidéo dans la cour pavée de l’hôtel où elle nous a donné rendez-vous.

Mais comment lui en vouloir ?

Cette miraculée revient de si loin !



France Dimanche : Vous devez être la seule femme heureuse d’avoir 50 ans !

Charlotte Valandrey : Je ne sais pas, mais c’est vrai que je ne pensais pas pouvoir les atteindre un jour avec tous mes ennuis de santé. Disons qu’aujourd’hui je vis, alors qu’avant je survivais.

FD : Depuis combien de temps vous
sentez-vous vivante ?

CV : Pas si longtemps que ça, en fait : un an ou deux.

FD : Ces cinquante années, dont trente pénibles, ont dû s’écouler lentement ?

CV : Il y a eu une décennie très longue. Et pourtant, comme tout le monde, je trouve que le temps s’écoule vite. Surtout quand je vois ma fille qui a aujourd’hui 18 ans et passe son bac !

FD : Elle connaît tout de votre passé ?

CV : Évidemment.

FD : Elle a lu vos livres ?

CV : Non, elle ne veut pas. Elle a d’autres choses à faire en ce moment, elle a sa vie aussi.

FD : On dit souvent que ce sont les enfants qui inoculent la peur de mourir.

CV : C’est vrai que je ne pensais pas à la mort avant sa naissance. D’ailleurs cela m’a beaucoup aidée. Puis j’y ai songé après ma greffe du cœur à 35 ans. Et maintenant que ça va bien, j’ai envie de vivre le plus longtemps possible !

FD : Tout va bien donc ?

CV : Je suis plus sereine que jamais. Je retrouve l’énergie de mes 16 ans, lorsque je n’avais peur de rien. C’est ce que je tente de montrer dans Chaque jour, j’écoute battre mon cœur, en prodiguant des conseils à ceux qui vont mal et pensent qu’ils ne pourront jamais s’en sortir.

FD : C’est le livre que vous auriez aimé lire il y a une dizaine d’années ?

CV : Absolument ! C’est pour cela que je pense aux autres maintenant et que je voudrais leur faire gagner du temps.

FD : Vous avez déjà des retours de lecteurs ?

CV : Oui, sur les réseaux sociaux. Certains me remercient de les avoir aidés. Mon histoire les a touchés et leur a donné de l’espoir. Il y en a même qui ont renoncé au suicide après m’avoir lue ! J’échange aussi lors des séances de dédicaces au Salon du livre. Ce contact direct fait du bien aux gens. D’ailleurs, j’envisage de donner des conférences…

FD : Vous racontez avoir été aidée par des « spécialistes »…

CV : En période de grande dépression, j’ai eu recours à toutes les formes de thérapies pour retrouver de l’énergie. En plus du yoga, de la méditation, du sport ou de la psychothérapie, j’ai testé toutes les médecines parallèles : auriculothérapie, kinésiologie, acupuncture, sophrologie, etc. Encore aujourd’hui, je continue, même si je vais mieux.

FD : Vous prônez aussi une certaine philo-sophie de développement personnel…

CV : C’est ma philosophie, ma « Charlottérapie ». J’explique comment vivre le moment présent, apprendre à s’aimer, même si l’on pense que l’on n’est capable de rien. Cela prend du temps de se dire qu’il n’y a pas d’échecs, seulement des expériences. Je donne des clés pour chasser les idées noires. Même à 17 ans, quand j’ai découvert ma séropositivité, je me disais que j’allais bien, que mon corps allait bien. Cela m’a fait tenir.

FD : Vous croyez beaucoup à l’influence du mental sur la santé ?

CV : Prendre soin de mon corps m’aide. Encore aujourd’hui, avec tous les médicaments que j’avale, je pourrais avoir des problèmes de reins par exemple. En parlant à mon corps, en l’aimant, je vais mieux.

FD : C’est ce que vous appelez « l’optimisme vrai » ?

CV : Oui, il faut être optimiste dans le moment présent et voir ce qui va bien. L’action est primordiale. Je ne suis pas à 100 % positive mais à 100 % constructive. Il faut tout faire aller mieux. Ce livre apprend à être plus heureux ; c’est possible si on s’en donne la peine.

FD : L’écriture a été une bonne thérapie ?

CV : Elle m’a permis de garder un contact avec le public et de pouvoir encore m’exprimer d’un point de vue artistique. Car pendant longtemps, après la greffe, je n’étais pas en état de jouer la comédie.

FD : Vous êtes donc heureuse aujourd’hui car vous travaillez beaucoup ?

CV : C’est vrai qu’il y a un bon alignement des planètes. Mais j’ai tout fait pour en arriver là !

FD : Notamment en jouant dans la série Demain nous appartient sur TF1 ?

CV : Oui, ça m’occupe pas mal car on tourne beaucoup à Sète, et cela devrait s’intensifier à la rentrée. C’est un grand bonheur, d’autant que cela suscite un véritable enthousiasme chez les gens que je rencontre. Cela me rappelle l’époque des Cordier, juge et flic !

FD : En plus de la promotion de votre livre, vous sortez un album…

CV : À l’origine, je voulais plutôt être chanteuse que comédienne. D’ailleurs, j’ai repris la musique avant que TF1 ne fasse appel à moi et que l’on me demande ce livre. J’ai enregistré et produit un « EP », la moitié d’un album, écrit par des amis, Carine Erseng et Victor Barange. Et je vais même donner deux concerts à Paris : le 15 octobre au Réservoir et le 29 novembre, jour de mes 50 ans, au Zèbre de Belleville. Je me fais vraiment plaisir. Il était temps !

FD : Traversez-vous encore des périodes de déprime ?

CV : De moins en moins. Hier, j’ai passé la journée à ne rien faire, comme cela m’est arrivé des centaines de fois quand j’allais mal, et j’ai trouvé ça assez pénible ! Je suis très heureuse d’avoir de l’énergie et d’enchaîner les activités. Et je n’ai pas envie que ça s’arrête !

FD : Cette « hyperactivité » vous laisse peu de temps pour retomber amoureuse ?

CV : Je suis célibataire et ça me va très bien ! Je suis heureuse avec ma fille. La solitude ne me dérange plus.

Yves QUITTE

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