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Chloé (Koh-Lanta) : “Ce jeu, c’est pour moi une revanche sur la vie !”

Publié le 29 mars 2019

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© Lionel GUERICOLAS/TV/BUREAU233 Chloé

Pourtant peu sportive, cette ex-commerçante de 32 ans n’a pas démérité en ce début d’aventure…

Depuis le tournage aux Fidji de cette vingtième saison, cette maman d’une petite fille de 8 ans a laissé tomber son métier de poissonnière dans la grande distribution. Elle nous explique pourquoi.

France Dimanche : Votre vie a-t-elle changé depuis votre retour en France ?
Chloé : J’ai changé radicalement de profession. J’ai en effet quitté mon emploi de poissonnière dans la grande distribution pour m’occuper de personnes âgées. Je suis devenue aide à domicile. Ce choix de vie n’est pas réellement lié à mon aventure à Koh-Lanta puisque j’avais déjà un diplôme dans le sanitaire et social. Mais ça m’a tout de même servi d’électrochoc, car ça fait un bon bout de temps que j’avais envie de changer de métier pour passer un peu plus de temps avec Emma, ma fille âgée de 8 ans. Je suis donc revenue à mes premières amours.

FD : En quoi consiste précisément votre métier ?
C : Je fais la toilette des patients et leur ménage. Même si c’est un travail parfois assez rude, j’ai la chance d’être en contact avec les gens. Je ne me voyais pas enfermée dans un bureau toute la journée. Ce qui me plaît, c’est de me sentir vraiment utile. Pour certains, je suis la seule personne qu’ils voient dans la journée.

FD : Votre passage à la télévision aura-t-il changé vos rapports avec eux ?
C : Pas du tout. D’abord parce que l’âge moyen des gens à qui je rends visite se situe entre 90 et 96 ans. Donc, je pense qu’ils ne connaissent même pas l’émission. Et puis je ne leur en parle jamais.

FD : Ce travail vous permet-il de mieux vous occuper de votre fille ?
C : Je suis séparée de son père. Nous nous sommes quittés quand elle avait à peine seize mois. Donc je gère comme je peux mon temps pour m’en occuper. Et comme je suis très éloignée du reste de ma famille, ça m’embêtait de solliciter en permanence des gens pour aller la chercher à l’école. Mes nouveaux horaires sont bien plus souples que ceux de la grande distribution. Ma vie est devenue plus simple.

FD : Pourquoi êtes-vous si éloignée de votre famille ?
C : Très jeune, j’ai perdu ma mère, qui a succombé à une leucémie. Je n’avais pas encore 4 ans. J’ai ressenti le besoin bien plus tard de recommencer une nouvelle vie ailleurs, loin de mes racines. Il faut dire que je suis très indépendante. Et puis j’adore la région des Landes. Nous ne sommes qu’à une heure de l’Espagne, de la montagne, et pas loin de la plage. C’est idéal. Mais, même si mes rapports avec mon père sont particuliers, je suis restée très proche de lui. C’est lui qui m’a élevée avec ma grand-mère.

FD : En quoi vos rapports avec votre père sont-ils particuliers ?
C : Je suis sa seule fille, donc je pense qu’il est très fier de moi. Mais je n’en suis pas sûre, car il ne me le dit pas. Nous sommes très pudiques l’un envers l’autre, pas du genre à partager nos émotions. On s’appelle plusieurs fois par semaine, on parle de ma fille, et de la pluie et du beau temps. Quand je lui ai dit que j’allais faire Koh-Lanta, il m’a répondu que j’étais complètement folle ! [Rires] Avant d’ajouter que ça ne l’étonnait pas de moi.

FD : Pensez-vous que votre passage à la télévision puisse faire évoluer votre relation ?
C : Je ne sais pas trop. Et puis s’il exprimait ce qu’il ressent pour moi, je me sentirais un peu gênée. Je ne saurais pas comment réagir, mais ça me ferait plaisir.

FD : On dit de vous que vous n’avez pas votre langue dans la poche. Cela pourrait-il vous causer du tort ?
C : Je pense que ça peut me servir dans la vie de tous les jours, mais j’avoue que ça peut être risqué dans ce genre d’aventure. Je n’aime pas qu’on me marche sur les pieds. Si on veut avancer dans la vie, il est important de savoir s’affirmer. Mon métier de poissonnière a fait de moi une grande gueule.

FD : Vos proches vous ont mise en garde ?
C : Mon compagnon – nous sommes ensemble depuis deux ans – m’a dit de ne pas trop l’ouvrir. Comme tous mes proches d’ailleurs. J’ai essayé de suivre leurs conseils. Ils sont très attentionnés depuis mes gros soucis de santé, il y a quatre ans. Perdre l’usage de ses jambes à 28 ans, ça fait bizarre. Participer à Koh-Lanta est pour moi une revanche sur la vie !

FD : Comment vous êtes-vous retrouvée ainsi paralysée ?
C : Suite à une infection de la moelle épinière. J’étais paralysée du nombril aux orteils. Le plus étrange, c’est qu’on ne sait pas comment c’est arrivé, ça reste un mystère. Les symptômes sont apparus du jour au lendemain. J’étais de plus en plus fatiguée jusqu’au moment où, allongée sur le canapé, je n’arrivais plus à me relever du tout. J’ai d’abord cru à un problème de thyroïde et ai demandé un arrêt de travail d’une semaine, pensant que ça allait me requinquer. On m’a finalement fait une ponction lombaire, et c’est là que les médecins ont découvert que c’était grave. J’ai dû me résoudre à vivre dans un fauteuil roulant. Et je n’ai réussi à me mettre debout qu’au bout de quatre mois.

FD : Avez-vous pensé que jamais vous ne pourriez remarcher de votre vie ?
C : C’était exclu. Il fallait à tout prix que j’y arrive pour ma fille. Je ne savais juste pas combien de temps j’allais mettre pour y arriver. C’était sans doute ça le plus effrayant. Avec la volonté, j’ai réussi à remarcher et j’en suis fière. Cette épreuve m’aura donné des ailes et appris à profiter de la vie à fond. Ça m’a donné envie de réaliser mes rêves, comme celui de participer à Koh-Lanta, alors que je suis loin d’être une grande sportive. Mais pour gagner, tout se passe dans la tête.

FD : Depuis quand rêviez-vous d’y participer ?
C : Ça doit bien faire dix ans, mais je n’avais jamais vraiment osé sauter le pas. Et puis, quand je me suis retrouvée dans mon fauteuil roulant, ça m’a motivée encore plus ! Dès que j’ai pu remarcher, c’était devenu une évidence.

FD : Vous êtes-vous quand même imposé une préparation physique adaptée avant de partir aux Fidji ?
C : Absolument pas ! J’ai appris que j’avais été sélectionnée assez tard, or on ne peut pas devenir une sportive aguerrie en à peine trois semaines. J’ai donc pris le parti de rester comme je suis. Je me suis même octroyé une dernière raclette avant de décoller !

Philippe CALLEWAERT

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