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Chris Marques : “Mon épouse m’a sauvé la vie !”

Publié le 25 mai 2019

Chris Marques, le juré de “Danse avec les stars”, qui nous offre un nouveau spectacle, doit tout à sa compagne !

Réalité augmentée, décors démentiels, mix musicaux inattendus, artistes talentueux, l’irremplaçable juré de Danse avec les stars nous embarque, avec son épouse, Jacky Spencer, pour un voyage magique, un spectacle à couper le souffle, Alors, on danse ? Actuellement en tournée dans toute la France pour vingt dates exceptionnelles, ils enflammeront le Casino de Paris, le 3 mai. Chris revient pour nous sur son parcours hors du commun.

France Dimanche  : Comment est née l’idée de cet incroyable show ?
Chris Marques : On voulait surprendre ! Avec pas mal de « mashup » [technique qui consiste à mélanger deux ou plusieurs titres, ndlr], comme par exemple Paris s’éveille, qu’on a mixé avec le vieux standard américain Sing, sing, sing de Louis Prima. C’est canon ! Vous découvrirez aussi, entre autres, du Michael Jackson. On fait le grand écart, du jazz lyrique à la breakdance, de (Maître) Gims à Gershwin ! Avec des danseurs vraiment géniaux. Sans oublier les hologrammes. On est au début d’une révolution du spectacle vivant !

FD  : Quand avez-vous attrapé le virus de la danse ?
CM : Assez tard, par rapport à mes petits frères et sœurs. Très introverti, j’étais plongé en permanence dans mes bouquins. Chanteur, papa nous emmenait au bal, et il y avait toujours de la musique à la maison. J’adorais cette ambiance festive, sans pour autant y participer. J’étais aussi super fier d’accompagner mon frère et ma sœur à leurs compétitions de danse, mais j’étais ailleurs. Adolescent, j’enviais mon frère qui était toujours entouré de filles. J’ai alors décidé de me mettre aussi à la danse, pensant que ça m’aiderait peut-être à faire des rencontres [Rires]. Je me suis inscrit à un cours, ce qui a fait hurler de rire mes parents. Pourtant, ce fut une révélation ! Au bout de dix minutes, j’ai su que jamais je n’arrêterai de danser.

FD  : Ça a dû vous aider à vaincre votre timidité ?
CM : Et comment ! Quand j’ai commencé à danser, mes proches ne m’ont pas reconnu, moi non plus d’ailleurs. J’étais métamorphosé ! Au point de devenir champion de France de danse de salon. Mais dès que le show est terminé, je redeviens timide. C’est comme si j’avais une double personnalité.

FD  : Pensiez-vous que la danse vous conduirait à la télé (Danse avec les stars, Tahiti Quest) ?
CM : Absolument pas. Je voulais juste danser, créer… C’est mon épouse Jacky, une Anglaise encore plus timide que moi, qui m’a fait découvrir l’approche anglo-saxonne du spectacle et m’a poussé vers l’audiovisuel. Et, si la danse a changé ma vie, la télé aussi. Pour Danse avec les stars, on m’a d’abord proposé d’être juge, puis directeur artistique, et enfin de passer à l’antenne. Quel pied !


FD  : Parlez-nous votre rencontre avec Jacky.
CM : Champion de France de danse de salon à 14 ans, vers 16 ans je pars seul de mon Alsace natale dans une école réputée à Lyon pour travailler avec des coachs internationaux. Avec pour seul mot d’ordre de mes parents : « Si c’est la cata au niveau de tes notes, tu rentres direct ! » Mon bac avec mention en poche, je m’envole ensuite pour Londres, alors la Mecque de la danse. Et lors d’une compétition, je tombe sous le charme d’une fille sublime, à laquelle je n’ose d’abord pas parler. Mais, lorsqu’on se recroise, je me fais violence et vais la voir. De ce jour, on ne s’est plus jamais quittés. Ça fait vingt ans ! Un amour couronné, il y a deux ans et demi, par l’arrivée de notre petit garçon, Jackson.

FD  : Qui danse lui aussi ?
CM : Bien sûr ! C’est même lui qui nous fait danser. Il nous fait mourir de rire en bougeant son petit popotin.

FD  : Vous êtes souvent sur les routes. Il vous suit ?
CM : Oui, car on ne pouvait pas envisager que Jackson reste loin de nous et risque d’en pâtir. Mes parents, retraités, s’occupent de lui tous les jours et ils adorent ça. Du coup, ils se partagent entre Londres, où nous habitons, l’Alsace, où vivent mes frères et sœurs, et le Portugal pour les vacances. Une retraite royale !

FD  : Vous n’excellez pas qu’en danse…
CM : J’ai dû travailler pour me payer mes cours en Angleterre. Comme je suis trilingue, je suis devenu vendeur dans une grosse société informatique. Très vite on m’a nommé directeur marketing. Jusqu’au jour où j’ai eu une idée, qu’on a présentée à IBM, qui a proposé 6 millions de livres pour la réaliser. Et je suis devenu directeur du commerce électronique de la boîte. Et bientôt, mes articles ont été publiés dans des magazines spécialisés. Jusqu’au jour où une grande boîte de consulting de la Silicon Valley m’a offert un pont d’or pour m’embaucher. J’avais 21 ans, et je voulais juste danser ! Du coup, j’ai tout plaqué pour me consacrer à ma passion. Tout le monde a halluciné, mais je n’ai jamais regretté mon choix.

FD  : Avec votre succès, vous n’avez aucune raison d’avoir des regrets…
CM : En effet. Le seul est que ce train de vie de dingue m’a fait tomber malade pendant dix ans. De 21 à 31 ans. Avec mes douze heures de travail quotidien, suivies de quatre à cinq heures de danse, un jour mon corps a dit « stop » et je me suis écroulé. J’ai été victime d’un syndrome de fatigue chronique ou encéphalomyélite [maladie neurologique qui se manifeste par une fatigue extrême, des maux de tête, des difficultés de concentration et des douleurs musculaires, ndlr]. Si j’avais stoppé ce rythme infernal plus vite, j’aurais pu éviter ça. Je ne tenais debout qu’une heure par jour, le reste du temps j’étais cloué au lit avec 42 °C de fièvre par des douleurs insoutenables. Je connais des gens qui sont en chaise roulante, d’autres qui souffrent toujours, vingt ans après, de cette maladie. Moi, ça a duré dix ans, durant lesquels Jacky s’est occupé de moi chaque seconde. Finalement, grâce à une rencontre et à un traitement, dont je préfère ne pas parler, j’ai commencé à m’en sortir. Personne n’en revenait, pas même moi. Tout ça m’a appris à aller à l’essentiel.

Caroline BERGER

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