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Christian Clavier : Il a fait du théâtre pour draguer !

Publié le 25 novembre 2015

De Jérôme des “Bronzés” à Jacquouille des “Visiteurs”, la � face cachée � du comédien Christian Clavier qui fait courir des dizaines de millions de spectateurs.

Est-ce parce qu’il a souvent incarné le Français moyen qu’il nous est si familier ? Le plus populaire de nos comédiens comiques est aussi celui qui, en quarante ans de carrière, a fait le plus d’entrées en salles. C’est ce parcours exceptionnel que retrace le documentaire Des Bronzés aux Visiteurs, la folle histoire de Christian Clavier, diffusé le mercredi 2 décembre, à 20 h 55, sur TMC.

L’acteur s’y laisse aller à quelques confidences, mais les moments les plus touchants sont ceux où ses proches, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, dont il est séparé depuis 2005, Gérard Jugnot et Josiane Balasko évoquent « leur » Christian.

Fils de bonne famille (Jean-Claude, son père, est chirurgien), Christian voit le jour en 1952 à Paris, avant d’émigrer dans la banlieue chic de Neuilly-sur-Seine. De Phanette, sa mère, il hérite son humour.

Copains de classe

Élève brillant, il n’a pourtant aucune confiance en lui : « J’étais très timide, pas à l’aise avec les études, dans un rapport à l’autorité craintif. Pour m’en sortir, je me suis mis à imiter les profs et à m’amuser. » Cela lui attire la sympathie de ses copains de classe.

Parmi eux, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte et Michel Blanc, avec qui il partage le même désir d’échapper à l’avenir tout tracé qu’on leur destine. Comme l’explique Jugnot : « On regardait beaucoup les filles et comme elles ne nous regardaient pas, on a fait autre chose, du théâtre, pour supporter cette vie qui était un peu triste parfois. »

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Ils montent donc un club de théâtre, tournent un film muet et continuent de reluquer les filles. Un jour, à la sortie du lycée, une jolie blonde au regard espiègle attire l’attention de Christian sur le trottoir d’en face. Elle s’appelle Marie-Anne, et ne tarde pas à prendre place dans le cœur du futur Astérix, qui, sans potion magique, décroche son bac avec mention très bien.

Il entre à Sciences-Po Paris, où il retrouve un ancien de l’école, un certain François Hollande. Mai 68 passe par là et Christian fait la « révolution » à sa manière. Il lâche les études pour devenir acteur, un choix que ses parents prennent très mal : « Si tu fais ça, on ne t’aidera pas. » Qu’importe, comme le raconte Marie-Anne Chazel, sa vraie famille, c’est celle qu’il s’est choisie : les copains avec qui il va tenter l’aventure de la scène.

Ensemble, ils fondent la troupe du Splendid, écrivent un premier spectacle, puis un deuxième, Je vais craquer, qui connaît un petit succès. En 1974, le théâtre du Splendid ouvre ses portes. Une nouvelle copine intègre le cercle : Josiane Balasko.

Un jour, ils sont invités à jouer au Club Med en échange de vacances au soleil… S’inspirant de certains vacanciers croisés lors du séjour, ils écrivent la pièce Amour, coquillages et crustacés qui deviendra le film Les bronzés, réalisé par Patrice Leconte. C’est le début de la gloire, avec deux millions de spectateurs.

La troupe enchaîne avec Les bronzés font du ski, puis Le Père Noël est une ordure. Christian Clavier joue le rôle de Katia, le travesti dépressif. Comme le raconte Marie-Anne, pendant le tournage au bois de Vincennes, il était si convaincant dans son tailleur léopard qu’on l’a souvent accosté en lui demandant : « C’est combien la passe ? »

Ce film est marqué par sa rencontre avec Jean-Marie Poiré, jeune réalisateur qui l’incite à se lancer dans l’écriture de scénarios. La troupe a-t-elle perdu de sa « Splendid » ? En tout cas, la magie, n’opère plus, et chacun rêve d’une carrière solo.

Christian est le premier à prendre le large. En 1980, il tourne dans Je vais craquer et enchaîne les rôles comiques. Désormais, c’est aux côtés de Poiré qu’il s’épanouit en écrivant ses rôles. Un soir de 1990, sortant d’un spectacle, il se retrouve dans la rue avec Jean Reno, qu’il connaît à peine. Ils échangent quelques mots…

Quelques jours plus tard, il propose à Jean de jouer avec lui dans L’opération Corned-beef. C’est le début d’une fructueuse collaboration, dont le bijou reste Les Visiteurs qui, avec 14 millions d’entrées, est le cinquième plus gros succès du cinéma français.

Autre rencontre marquante, celle de Gérard Depardieu, dans Astérix et Obélix contre César. Puis, pour le plaisir de rejouer avec le comédien, Christian endosse son premier rôle tragique : celui de Thénardier dans Les Misérables, de Josée Dayan. Un registre qui lui va si bien que Depardieu lui propose d’incarner Napoléon, dans une série d’Yves Simoneau, diffusée sur France 2 en 2002.

Les scènes étant tournées en anglais et en français, Christian Clavier passe des heures à travailler la langue de Shakespeare pour que son accent soit irréprochable. Mais la comédie lui manque, ses copains du Splendid aussi, et la troupe se reforme pour Les Bronzés 3 : amis pour la vie, sorti en 2006. Comme en témoigne Jugnot : « C’était un bonheur total. »

Du plaisir, Christian va en éprouver de moins en moins à vivre en France. Son amitié pour Nicolas Sarkozy, dont il a soutenu la candidature en 2007, lui vaut de violentes ­critiques. Pourtant, comme l’explique Jugnot : « Pendant ses études, il a croisé Hollande, ça ne lui a pas plu, il a préféré Sarko, et il n’a jamais changé d’avis, contrairement à un tas de gens… »

En 2012, dégoûté, il s’installe à Londres, mais revient au pays le temps d’un tournage. L’an dernier, avec Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?, de Philippe de Chauveron, Clavier, dans la peau du BCBG Claude Verneuil, et ses partenaires attirent plus de 12 millions de spectateurs.

Et prouve que Christian Clavier n’a pas pris la grosse tête, comme l’explique le réalisateur : « Il a beaucoup aidé les acteurs, conseillant toute l’équipe de jeunes. Il s’est vraiment bien conduit avec eux. » Autre succès attendu, celui des Visiteurs 3 : la Terreur, qui sortira en avril. Avec un Jacquouille plus « okay » que jamais pour nous faire rire !

Lili Chablis

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