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Christian Morise : “Cloclo a écrasé une petite fille !”

Publié le 9 mars 2019

Plus de cinquante ans après le décès de Cloclo, le photographe révèle le terrible accident qui aurait pu lui coûter sa carrière.

Il fut le secrétaire personnel de Claude François de 1964 à 1969. Des années folles où il voit et entend tout. Dans un livre intitulé Claude François, intime (éd. l’Archipel), il brosse de la star un portrait original, constellé de souvenirs et d’anecdotes personnelles. Mais au détour des pages, il lève le voile sur un inavouable secret… Car Christian Morise a choisi de régler ses comptes. Blessé par la réputation dont l’avait affublé le chanteur dès leur séparation, l’ex-photographe et antiquaire remet, à sa façon, les pendules à l’heure.

France Dimanche : Racontez-nous l’origine de votre brouille avec Claude François.
Christian Morise : C’est suite à la naissance de son premier enfant. Isabelle avait accouché secrètement dans une clinique de Neuilly et Claude m’avait demandé de faire les photos. Vu que j’étais son secrétaire mais aussi son photographe, j’ai accepté. Peu après, alors que nous étions en tournée, il a téléphoné au rédacteur en chef de France-Soir pour lui annoncer qu’il était devenu père. En échange de la une, il lui promettait les photos que j’avais faites. Mais c’est une époque où ça n’allait plus vraiment entre nous… Il devenait de plus en plus exigeant, il payait mal et j’en avais ras le bol !

FD : Que s’est-il passé ensuite ?
CM
 : J’étais copain avec Camille Gilles, un grand reporter de France Dimanche. Il avait senti le truc… et il m’a alors dit que si je lui vendais les photos, il me ferait entrer dans son journal ! C’était un cas de conscience. J’en ai parlé autour de moi, notamment à Johnny, Hervé Vilard, ou encore Nicoletta et ils m’ont poussé à accepter ! Au début, je ne voulais pas, mais ça a basculé quand j’ai compris que Claude préparait un coup avec Jean-Marie Périer qui négociait les photos de son fils. J’ai finalement choisi de les vendre à France Dimanche pour 7 000 francs.

FD : Claude devait être fou de rage !
CM : Oui ! à tel point qu’il a fait courir le bruit dans tout le milieu que j’étais un voleur et un traître ! Mais je n’ai jamais trahi le secret… et encore moins volé les photos, puisque c’était les miennes. Il n’a pas accepté que je le double et que je le mette en porte-à-faux avec son pote Jean-Marie Périer. ça m’a porté préjudice pendant des années. Plus aucun artiste ne voulait me voir. Même Johnny voulait me foutre sur la gueule !

FD : Aujourd’hui, vous avez décidé de révéler un secret ?
CM : Oui, car j’ai été diffamé dans un livre. Le jour où j’ai croisé le fils de Claude François, ça a été la goutte d’eau de trop. Je lui ai demandé pourquoi il n’avait pas exercé un droit de regard sur ce qui avait été dit sur moi. On a eu une altercation, puis il s’est débiné. Cela m’a blessé. J’ai une famille ! Je révèle donc que Claude François a écrasé une petite fille…

FD : Dans quelles circonstances ?
CM : Assez difficile de me souvenir précisément. C’était dans la région de Saumur, sur les bords de la Loire dans les années 1964 ou 1965. Nous enchaînions les galas. Claude conduisait sa Mustang et j’étais le seul passager. La nuit commençait à tomber, il pleuvait. Il roulait à environ 100 km/h quand, en piochant dans une boîte de gâteaux, il s’est déporté et a renversé cette enfant. Je me souviens du choc et du bruit du vélo qui passe par-dessus le capot de la voiture. Les journaux locaux n’ont parlé que de ça pendant plusieurs jours. Et puisqu’il y avait eu délit de fuite, nous étions recherchés par la police ! Après, il m’a demandé d’acheter la presse régulièrement… Heureusement, la petite fille n’avait été que légèrement blessée. L’accident s’est déroulé peu de temps après son arrestation pour excès de vitesse à Rochefort. Du coup, il avait très peur de se faire sucrer son permis. Les jours suivants, Claude m’a ordonné de faire réparer la voiture. Le phare avant droit était cassé et il fallait en faire venir un de Paris. Il a insisté pour que je mette la facture à mon nom de manière à ce que j’endosse la responsabilité. Il voulait même que je dise que j’étais au volant si on nous avait retrouvés…

FD : Vous avez accepté ?
CM : Oui, parce que Claude, c’était mon frère. Mais quand, quelques années plus tard, il m’a tendu mon solde de tout compte sans un au revoir, je l’ai trouvé très ingrat. Moi qui étais prêt à aller en prison pour lui…

Edwin FORESTHAL

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