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Christine Kelly : Son combat pour les enfants

Publié le 5 août 2014

Membre du CSA, elle se bat pour aider les familles monoparentales, et rêve d’adopter.

Il y a cinq ans, elle quittait LCI pour entrer au Conseil supérieur de l’audiovisuel, dont elle est la plus jeune des neufs « sages » et la première issue de l’Outremer. Christine Kelly nous a reçus dans son bureau parisien, situé au 18e étage de la tour Mirabeau. L’occasion pour cette femme de cœur d’évoquer sa vie, son travail et ses engagements.
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France Dimanche (F.D.) : Votre mandat au CSA s’arrête en janvier 2015. Qui vous y a nommée ?

Christine Kelly (C.K.) : Gérard Larcher, le président du Sénat, recherchait quelqu’un qui n’avait pas postulé. C’était mon cas. Il est venu me chercher, je lui ai dit que j’adorais mon métier de journaliste… et j’ai finalement accepté le challenge. Sans regret ! Certes, j’ai perdu ma liberté de parole, mais j’ai gagné ma liberté d’agir avec le CSA. J’ai œuvré à la baisse du niveau sonore des publicités, à la création d’une journée du sport féminin dans les médias, et j’ai autorisé les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter à être cités à la télévision. En ce moment, je travaille avec Françoise Laborde pour limiter la violence en première partie de soirée. C’est le sang et le sexe qui font le plus d’audience ; il faut protéger les plus jeunes qui ne sont pas encore couchés à 21 h.

Christine 2 KellyF.D. : Une autre mission vous tient particulièrement à cœur : votre association K d’urgence que vous avez créée en 2010 ?

C.K. : C’est la seule fondation en France et Outremer dédiée aux familles monoparentales, les premières victimes silencieuses du chômage. 85 % d’entre elles sont gérées par des femmes et 40 % des pensions alimentaires ne sont pas payées ! J’ai organisé un voyage en Guadeloupe, en novembre, avec deux mamans et leurs enfants, qui ne partaient jamais en vacances. À la fin de la semaine, avec Cyril Hanouna, nous les avons rejoints, et leur avons présenté des familles locales. La monoparentalité touche tous les milieux sociaux. Je me souviens de cette femme de ménage qui ne pouvait pas se payer de nourrice. Quand sa fille de 10 ans sortait de l’école, elle devait l’attendre dans une cabine téléphonique jusqu’à 21 h 30 ! C’est la première famille que j’ai aidée, en réglant les frais de nounou. Et cette autre maman de 35 ans qui, après huit CDD, était au bout du rouleau. Elle m’a écrit un mail, dans lequel elle disait vouloir en finir. Je lui ai téléphoné de minuit à 5 h du matin, et l’ai tenue à bout de bras, en lui disant qu’elle ne pouvait pas se suicider, car son fils avait besoin d’elle. La pauvreté, c’est, le plus souvent, une maman qui élève seule son enfant. À ce jour, six mille personnes ont bénéficié de notre soutien…

Christine 3 KellyF.D. : Et vous-même, vous n’avez pas d’enfant ?

C.K. : En 2001, j’ai accouché de jumeaux morts, une bien triste expérience. Aujourd’hui, je suis prête à donner sa chance à un enfant qui n’a pas de parent. J’ai d’ailleurs prévu d’aller en Polynésie pour en adopter un.

Anita Buttez

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