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Christophe Dominici : Une fin si tragique !

Publié le 28 novembre 2020

Dépressif depuis des années, le rugbyman Christophe Dominici est décédé à 48 ans après une chute mortelle dans le parc de saint-cloud…

Le monde du rugby pleure l'un de ses héros… Le 24 novembre dernier, Christophe Dominici a été retrouvé mort en plein cœur du parc de Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, tout près de la maison que le joueur faisait construire avec sa compagne, Loretta Denaro. À l'heure où nous écrivons ces lignes, l'enquête n'a pas encore confirmé la cause précise du décès de l'ancien champion de France, âgé de 48 ans. Mais tout porte à croire que la star du ballon ovale s'est suicidée. C'est ce qu'affirment les témoins présents au moment où « Domi » est tombé du toit de l'ancienne caserne désaffectée de Sully, faisant une chute mortelle d'une dizaine de mètres, tandis que la femme de sa vie était partie à sa recherche, inquiète de ne pas le voir revenir.


Originaire de Toulon, dans le Var, l'ex-ailier du stade Français Paris avait une personnalité forte, comme l'a notamment confié, bouleversé, son ami et ex-coéquipier Christophe Juillet, à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes : « Il était explosif, il ne lâchait rien, a raconté le rugbyman très ému. […] Il aimait la vie et ça transpirait dans le rugby. » L'ancien talonneur de l'équipe de France Vincent Moscato est, lui aussi, « tombé des nues » lorsqu'il a appris le décès de son ami : « Je savais que, parfois, il avait de gros soucis dans sa tête, a-t-il confié dans Touche pas à mon poste ! Mais, comme beaucoup de joueurs, quand ils arrêtent, ils ont parfois des soucis. Après, c'est difficile d'imaginer le pire. »

Courageux, fonceur et ardent sur le terrain, cet ailier génial du XV de France avait en revanche connu, dans sa vie personnelle, des périodes profondément sombres. La disparition brutale, à l'âge de 24 ans, de sa sœur aînée dans un accident de voiture, alors qu'il n'avait que 14 ans, l'avait littéralement brisé : « Pascale, c'était ma deuxième maman. Celle qui m'a vraiment élevé », confiait le sportif dans Paris Match en 2007, à la sortie de son autobiographie, Bleu à l'âme (éd. Le Cherche midi). Face à cette injustice, l'adolescent flirte alors avec des envies de suicide et sombre peu à peu dans la délinquance. Il en sera sauvé par le rugby qui deviendra l'essence de sa vie, sa raison d'être. Mais, plus tard, en 2000, alors qu'il est parvenu au sommet de son art et semble avoir laissé derrière lui sa souffrance originelle, la vie le fait trébucher à nouveau. Anéanti par sa rupture avec sa femme, Ingrid, Christophe est hospitalisé pour une grave dépression nerveuse. « J'ai quelque chose qui a pété dans ma tête quand on m'a emmené voir un spécialiste des troubles psychologiques des sportifs de haut niveau, écrivait-il dans son livre. J'étais à deux doigts de me jeter sous un bus car la douleur morale agissait physiquement sur moi… »

Depuis, l'athlète avait pourtant retrouvé l'amour avec Loretta, un bonheur couronné, en 2008, par la naissance de Chiara, puis un peu plus tard, de Mya. Malheureusement, ces derniers temps, ses démons semblaient l'avoir rattrapé. On le disait déprimé, profondément abattu. Depuis sa retraite du rugby, ce petit gabarit qu'on surnommait le « cow-boy » s'était reconverti dans la production et la vente de vins. Il s'était aussi récemment lancé dans la reprise du stade de Béziers, un club qu'il souhaitait élever à nouveau au rang de troisième de France. Hélas, en juillet, ce projet auquel il tenait tant n'a pas pu se concrétiser, déclenchant alors de nombreuses moqueries à son égard sur les réseaux sociaux. Selon ses proches, cet échec mais aussi le confinement, qui a porté un coup terrible à ses affaires, auraient fait remonter à la surface ses traumatismes, le replongeant dans un gouffre de souffrances dont il ne parvenait plus à s'extraire.

Nos pensées vont aujourd'hui à ses proches, à sa famille, et à tout le monde du rugby français, à qui nous présentons nos sincères condoléances…

Clara MARGAUX

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