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Christophe Lambert : "Ma fille est hyperactive, comme son père !"

Publié le 17 septembre 2020

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De son propre aveu, Christophe Lambert fourmille continuellement de projets. C’est aujourd’hui pour une comédie musicale dont il est coproducteur qu’il s’est confié à nous en exclusivité.

C’est dans un rôle inattendu que l’on retrouve aujourd’hui celui qui, en trente ans, s’est fait connaître en incarnant Tarzan, Vercingétorix, MacLeod de Highlander, ou le Fred de Subway pour lequel il a reçu le César du meilleur acteur en 1986. Véritable homme d’affaires, la star francoaméricaine de 63 ans apporte son expertise de comédien, mais aussi de producteur qu’il est devenu en parallèle depuis une trentaine d’années, dans la comédie musicale Pirates : Le Destin d’Evan Kingsley, aux Folies Bergère, à Paris, du 18 octobre au 29 novembre, puis en tournée dans toute la France. C’est à cette occasion que nous l’avons donc rencontré, tout en respectant bien sûr les gestes barrières, dans un hôtel parisien du XVIe arrondissement. Un endroit qu’il affectionne tout particulièrement. Et pour cause, c’est dans des établissements de cette nature qu’il élit domicile… la moitié de l’année !


France Dimanche : Vous voici à nouveau dans l’actualité, dans un rôle que l’on vous connaît peu, celui de producteur…

Christophe Lambert : Si je me suis lancé dans cette aventure c’est que j’ai été séduit par la passion et la détermination des frères Julien et Samuel Safa, les auteurs et réalisateurs de Pirates. À vrai dire, ils n’ont pas eu à me convaincre bien longtemps pour que je réalise à quel point cette comédie musicale s’annonce fantastique. Je les ai connus par l’intermédiaire de mon associé Michel Halimi, avec qui je fais du business depuis vingt-cinq ans.

FD : Du business de quelle nature ?

CL : Toutes sortes d’investissements financiers, aussi bien dans des start-up que dans l’immobilier, et plus précisément dans l’hôtellerie, ou encore dans des projets artistiques comme cette comédie musicale qui me tient tant à cœur en ce moment. Mais quel que soit l’investissement, je fonctionne au coup de cœur. Si ce n’était d’ailleurs pas le cas, je ne m’embarquerais sans doute pas dans les spectacles vivants qui ne sont pas forcément rentables. La réussite d’un film, une série ou autre, est complètement aléatoire. Mais je suis comme ça : quand je m’implique, j’y mets toute mon âme. Même dans la pierre ! Je souhaite ainsi réinventer l’hôtellerie. Avant de lancer une chaîne, on commence déjà avec un hôtel de 75 chambres à Beaune, en Bourgogne.

FD : Comment l’imaginez-vous ?

CL : Je trouve que les établissements se sont banalisés, dépersonnalisés. Toutes les chambres sont les mêmes. Je voudrais révolutionner le secteur, rendre les lieux plus chaleureux. Quelque chose qui se rapproche plus d’une auberge. J’ai envie que les gens se sentent bien dans ces lieux si particuliers.

FD : Pourquoi est-ce si important pour vous ?

CL : Parce qu’on peut dire que j’habite à l’hôtel ! Et ce depuis plus de vingt-cinq ans. J’y passe une grande partie de l’année, toujours au même endroit à Paris. J’y ai mes habitudes et ça me convient vraiment. Le reste du temps, je retourne quand même un peu à mon domicile officiel, à Los Angeles.

FD : Comment avez-vous vécu ce confinement ?

CL : Ça m’a fait très bizarre ! Je me suis aperçu que je pouvais rester au même endroit durant trois mois. Parce que, sinon, je suis tout le temps entre deux avions, entre la France et les États-Unis. Le confinement m’a appris beaucoup sur moi-même. Je l’ai passé à Aix-en-Provence, chez un ami, après qu’on m’a gentiment demandé de quitter ma chambre d’hôtel, en prétextant ne pas pouvoir assurer ma sécurité à cause des risques sanitaires liés au Covid.

FD : Dans quel endroit vous sentez-vous le mieux ?

CL : Dans un avion ! J’ai une passion pour l’avion. Je m’y sens tellement bien, comme dans un cocon. Il n’y a pas de téléphone, quel plaisir ! J’y dors, j’y regarde des films. J’adore ces moments de quiétude.

FD : Arrivez-vous à concilier ce besoin de solitude avec une vie conjugale ?

CL : C’est très compliqué, en effet. Je ne peux pas dire que je suis heureux en amour. Car à ce niveau-là, c’est plutôt le désert. Mais ça ne m’empêche pas d’être heureux tout court. À 63 ans, je ne me vois pas replonger dans une relation où il faut apprendre à vivre avec les qualités et les défauts de l’autre.

FD : D’où vous vient ce besoin de vous couper ainsi du monde ?

CL : J’ai commencé à avoir la bougeotte en démarrant ce métier. Mais j’estime avoir quand même gardé des racines en Suisse où j’ai passé mon enfance. J’y ai encore un de mes meilleurs amis et ma maman, âgée de 92 ans. J’y vais à peu près une fois par mois, notamment pour m’occuper d’elle puisqu’elle est en fin de vie. Sa santé est malheureusement très fragile. Elle est dépendante et ne parle plus. C’est une femme qui n’a hélas pas eu une vie facile. D’abord avec la mort de mon frère [en 2013, ndlr], puis de mon père, mais aussi parce que j’avoue avoir fait pas mal de conneries qui ont pu lui causer des angoisses.

FD : Comptez-vous vivre ainsi, sans domicile réellement fixe, jusqu’à la fin de vos jours ?

CL : Dans une dizaine d’années, je me verrais bien vivre dans un bateau. Ce lieu me permettrait de cesser de faire mes valises tout en restant mobile. La « maison » bougerait, tout en s’arrêtant dans un port pour y passer une quinzaine de jours, avant de découvrir une autre escale. Comme j’ai le pied marin, ça pourrait me plaire…

FD : Et si vous deviez vous poser définitivement dans une ville, ce serait laquelle ?

CL : Je choisirais Buenos Aires. C’est la ville la plus extraordinaire que je connaisse. On y retrouve du Paris, du Madrid, du New York, du Rome, du Tokyo… Et j’adore toutes ces villes. Parce que je ne voyage pas qu’en France et aux États-Unis. Les seules vacances que je m’accorde sont sur un bateau. Parce que ça bouge. Et il faut que dans ma vie, ça bouge. Si j’arrête, je tombe, je meurs…

FD : Prenez-vous quand même du plaisir à retourner chez vous à Los Angeles ?

CL : Le principal bien que me procure le fait d’aller aux États-Unis, c’est celui de voir ma fille [Eleanor Lambert, 26 ans, ndlr] là-bas. Elle vit et travaille à New York, mais d’un petit coup d’avion, il nous est facile de nous retrouver, soit chez elle, soit chez moi. On se voit en gros toutes les six semaines.

FD : Que devient-elle ?

CL : Elle a déjà un pied dans le mannequinat et vient de finir son tout premier film en tant qu’actrice, mais continue de prendre des cours de théâtre. Elle s’occupe en outre d’une fabrique de chocolats, et est journaliste pour trois magazines. Une véritable hyperactive ! C’est donc bien la fille de son père ! [Rires] Mais elle n’en est pas moins une fille très équilibrée. Elle a bien les pieds sur terre, contrairement à moi qui ai plus la tête dans les étoiles. J’aime rêver, observer, apprendre… Je m’entends par ailleurs toujours très bien avec la mère de ma fille [l’actrice américaine Diane Lane, avec laquelle il est resté six ans, ndlr]. C’est ma meilleure pote ! On part en vacances ensemble, on se voit tout le temps.

FD : Vous arrive-t-il de regarder derrière vous ? Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

CL : J’ai certes connu des hauts, avec Highlander, ou Subway, par exemple, mais aussi des bas. Ces périodes plus difficiles à vivre aident à mesurer la qualité humaine de chacun. Ça permet de juger la force et la personnalité de quelqu’un. Quand tout va bien, c’est toujours simple. Mais quand c’est plus compliqué, c’est une autre histoire ! J’ai toujours pensé et accepté qu’une carrière est faite de victoires et d’échecs.

FD : Des personnes ont-elles compté plus que d’autres dans votre carrière ?

CL : Avec Besson, Russell Mulcahy, Michael Cimino et les frères Coen, la première personne qui me vient à l’esprit, c’est Claude Lelouch, avec qui j’aurai travaillé dans trois films [Un + une (2015), Chacun sa vie (2017), L’amour, c’est mieux que la vie ! (2020), ndlr]. C’est un réalisateur qui aime tellement le cinéma et les acteurs qu’il donne énormément de sa personne. Donc, en échange, il reçoit tout de nous. Lui aussi a connu des hauts et des bas. Je suis heureux de tourner à nouveau dans une de ses œuvres, ce qui est prévu fin septembre. Quelle fierté de jouer dans son cinquantième long-métrage. J’y interpréterai le rôle d’un gangster. Josée Dayan, avec qui j’ai tourné dans un Capitaine Marleau juste avant le confinement, est aussi quelqu’un d’admirable. J’adore les personnes qui se foutent de ce qu’on peut penser d’elles. Grâce à elle, j’ai eu la chance de faire la connaissance de Corinne Masiero. Cette fille est hallucinante ! Je l’adore ! Et dans cette même Reine des glaces de Josée Dayan, Sylvie Testud est absolument formidable.

FD : Qu’en est-il de ce projet de film, Save the Last Bullet, du cinéaste allemand Joachim Masannek ?

CL : Ce n’est absolument pas confirmé.

FD : Sur votre compte Instagram, vous avez partagé votre profonde tristesse lors de la disparition de Jacques Chirac…

CL : C’était un grand ami. La nouvelle de sa mort a été terrible. Nous nous connaissions depuis 1985, époque où il était maire de Paris. Nous avons fait connaissance grâce à sa fille Claude, et ça a été un véritable coup de foudre. Je me souviendrai toujours de la toute première fois où je l’ai rencontré. Il m’avait accueilli chez lui, dans ses appartements privés de l’Hôtel de Ville, avec des charentaises et un tee-shirt Mickey ! C’était un mec cool et tellement drôle. Je me souviens d’avoir passé des après-midi entiers avec lui à l’Élysée à nous raconter des blagues ! Autant dire que nous étions très proches…

Recueilli par Philippe CALLEWAERT

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