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Christophe : Mystère autour de ses obsèques !

Publié le 7 mai 2020

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Deux semaines après la mort du chanteur dans un hôpital de Brest, sa fille aurait enfin pu rapatrier son corps à Paris...

« T oi le p'tit gars imprévisible de Juvisy, le Gatsby de Tanger, le play-boy de la Riviera, le fantôme du paradis des nuits de Montparnasse, qu'es-tu allé faire en Bretagne pour nous jouer ce sinistre tour, sombre tonnerre de Brest, toi qui as toujours préféré la Méditerranée à tous les océans », écrivait dans le journal Libération le musicien Jean-Michel Jarre, compagnon de longue date du chanteur.


Oui, c'est très loin de son Paris adoré et de sa famille que Christophe a rendu son dernier souffle. À des kilomètres de ceux qu'il aimait et qui l'aimaient ! Loin de sa fille : à Brest, à l'hôpital de la Cavale blanche. Un nom qui aurait sûrement plu au compositeur des Mots bleus.

Lucie, qu'il appelait sa « princesse », est la fille qu'il avait eue avec Véronique Kan, la même année que leur mariage en 1971. Si l'histoire d'amour s'est arrêtée pour les deux amants en 1996, Christophe avait accepté l'idée d'être père. Lui qui, en 1967, n'avait pas voulu devenir celui de Romain, le fils qu'il avait eu avec Michèle Torr, avait depuis pris son rôle au sérieux, jusqu'à se laisser envahir par le sentiment merveilleux d'avoir une fille…

Entre eux, une très grande complicité était née. « Je ne sais pas si Lucie a eu la chance de m'avoir comme père. Mais moi, j'ai eu la chance d'avoir Lucie », confiait-il en décembre dernier à Paris Match. Le chanteur était très fier de son enfant, devenue photographe. Une artiste, comme lui. « L'œil de (s)a fille » était devenu le plus beau regard que l'on ait posé sur lui, ainsi qu'il l'avait révélé en 2016 au magazine Marie Claire… Il était déterminé à lui acheter un appartement dans la cité lacustre de Port Grimaud, près de Saint-Tropez, là où son bateau était amarré, afin de partager plus de temps avec elle et de la mettre à l'abri financièrement.

Mais le 26 mars, tous ses projets s'envolent. Le chanteur a du mal à respirer depuis plusieurs jours, et les pompiers l'emmènent à l'hôpital, où il est diagnostiqué atteint par le redouté Covid-19. Une très mauvaise nouvelle, car Christophe souffre des poumons depuis longtemps, d'un emphysème. Il a 74 ans et se retrouve en grand danger.

Après une période terrible où il est placé en réanimation à Paris, son état de santé s'améliore un peu. Suffisamment pour un trajet en coma thérapeutique, le 1er avril, dans un TGV spécialement affrété, avec 72 autres malades touchés eux aussi par le virus, en direction de la Bretagne. Car il faut libérer des lits… Mais à Brest, sa santé ne s'arrange pas. Le 12 avril, comme l'a rapporté Paris Match, les médecins préviennent sa fille et son épouse qu'il n'a « que 5 % de chance de s'en remettre ». Hélas, les bons traitements du personnel soignant ne parviendront pas à faire revenir le chanteur dans le monde des vivants.

Navrés de voir ce patient leur échapper, le 16 avril, à la mi-journée, les médecins se décident à alerter Lucie, afin qu'elle puisse assister aux ultimes instants de son père. « Il va partir d'ici à demain. Si vous voulez le voir une dernière fois, c'est maintenant. » En entendant ces mots terribles, Lucie prend sa voiture et roule à toute allure vers Brest. Il lui reste une petite chance de voir une dernière fois ce père qu'elle adore. Sans doute, en filant à toute vitesse sur la route pour le retrouver, a-t-elle à l'esprit les doux moments passés ensemble. Les musiques qu'il lui avait fait découvrir, les films qu'ils avaient partagés, ce voyage extraordinaire qu'ils avaient fait tous les deux au Vietnam en 2013, les deux mois d'été qu'ils passaient sur son bateau chaque année…

Et puis, soudain, en fin de journée, vers 8 heures du soir, alors qu'elle n'est pas encore arrivée auprès de lui, son téléphone sonne. Ce sont les médecins : « Il va partir sous peu, entend-elle. Voulez-vous qu'on lui mette des chansons qu'il aimait particulièrement ? » Malgré l'émotion folle qui l'étreint et la peine immense qu'elle sent monter dans sa poitrine, Lucie rassemble ses dernières forces. Elle sait mieux que personne les musiques qu'il aime, celles qui lui font du bien. Elle parvient à prononcer les titres des chansons qui accompagneront son père pour son ultime voyage : d'abord Perfect Day de Lou Reed, puis Heroes, de David Bowie. De vrais artistes, comme lui. C'est sur la chanson de ce dernier que Christophe quitte ce monde. Bercé par cette voix qu'il aimait tant et par cette musique qui lui ressemblait, dans laquelle il se retrouvait.

À 20 h 36, le chanteur au timbre magique et aux sonorités si particulières s'éteint. Lucie arrive à son chevet quelques minutes plus tard. Trop tard pour le voir en vie, une dernière fois. Mais à temps pour l'accompagner en pensées. À temps pour l'aimer encore. « Nous nous sommes ratés dans le timing, mais bon, il était beau, on aurait dit un lion avec un masque qui faisait son roupillon » a-t-elle dit. Vers une heure du matin, Lucie et sa mère envoient un message à l'AFP : « Christophe est parti. Malgré le dévouement sans faille des équipes soignantes, ses forces l'ont abandonné. »

Son corps, resté un temps à Brest, a depuis été rapatrié vers Paris, selon les informations fournies par le service funéraire. Mais depuis, beaucoup de questions demeurent : la dépouille de l'interprète d'Aline va-t-elle être incinérée ou enterrée ? Pandémie oblige, on parle d'une cérémonie en très petit comité, avant un hommage plus important. Mais quand cette cérémonie aura-t-elle lieu ? Et en présence de qui ? Des femmes de sa vie, dont Audrey, sa dernière compagne de trente-trois ans sa cadette, sa « maquilleuse amoureuse », comme il aimait à la qualifier pudiquement ?

Quoi qu'il advienne, nous nous joignons aux siens, aussi bien Lucie que Romain, pour regretter le départ prématuré de ce « Beau bizarre »…

Laurence PARIS

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