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Cindy Sander : "À la mort de mon frère, j'ai touché le fond !"

Publié le 22 décembre 2020

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Dans une poignante autobiographie, Cindy Sander, l'interprète de l'inoubliable “Papillon de lumière” se livre sans détour…

Lorsque nous l'avions rencontrée, en 2008, chez elle, dans l'est de la France, en compagnie de son mari et de son petit garçon à la suite de son passage au casting de La Nouvelle Star, Cindy était blessée. Blessée d'avoir été manipulée par la production et de finir parmi les pires « casseroles » de l'émission, devenant ainsi la risée des médias et des réseaux sociaux. Douze ans après cet épisode traumatisant, la jeune femme de 42 ans revient métamorphosée et plus combative que jamais. Dans une émouvante autobiographie, Cindy Sander, de l'ombre à la lumière, parue chez Nombre7, elle se raconte : des drames de son enfance aux êtres chers trop tôt partis, en passant par La Nouvelle Star, sa traversée du désert et, bien sûr, la rencontre qui a changé sa vie !


France Dimanche : Qu'est-ce qui vous a donné envie de raconter votre histoire ?

Cindy Sander : À la mort d'un de mes frères, il y a deux ans, toute ma vie est alors remontée à la surface, et principalement les choses négatives. Cloîtrée chez moi durant plusieurs semaines, j'ai touché le fond. Je me suis retirée des réseaux et mise à la méditation, pour tenter de me retrouver. Et petit à petit, grâce à la spiritualité, j'ai éprouvé le besoin d'écrire mon histoire, dire ma vérité et mettre des mots sur mes maux.

FD : Un travail qui vous a fait du bien ?

CS : Ça a été une vraie thérapie ! J'ai revécu chaque épisode de ma vie, même les plus tragiques, et j'ai beaucoup pleuré. Aujourd'hui, c'est une libération. À 42 ans, c'est la plus belle chose qui pouvait m'arriver. J'ai guéri mes blessures et j'ai pardonné. De plus, je laisse un beau message d'espoir aux jeunes, en leur prouvant qu'il faut toujours continuer à croire en ses rêves. Malgré l'adversité, les défaites, les coups durs, je suis encore debout aujourd'hui, et tellement plus forte qu'avant !

FD : Vous souhaitiez aussi montrer aux gens qui vous êtes vraiment…

CS : En effet. D'ordinaire si pudique, j'avais jusqu'ici toujours pris soin de garder mon jardin secret… bien secret. Puis, je me suis dit qu'il était temps de montrer à celles et ceux qui m'ont tant jugée qui j'étais réellement. Si je n'avais encore jamais parlé du harcèlement scolaire ou même sexuel dont j'ai été victime, c'était par honte. Mais j'ai pris conscience qu'il fallait surmonter ça et parler. Pour me libérer et inciter d'autres à faire de même. Me mettre à nu et dire ma vérité.

FD : Avez-vous regretté d'avoir tenté La Nouvelle Star ?

CS : Jamais ! Hormis mon mari, j'ai fait la plus belle rencontre de ma vie grâce à ce casting, avec Manfred Thierry Mugler. Si je n'y avais pas participé, il ne m'aurait jamais vue et on ne travaillerait pas ensemble aujourd'hui. Je n'aurais pas non plus toutes ces propositions et ne serais pas devenue celle que je suis. Certes, j'aurais aimé que ça se passe autrement, mais je n'ai pas de regret.

FD : Racontez-nous votre rencontre avec Mugler…

CS : Manfred a cru en moi dès le premier jour et a toujours été bienveillant. Au Palast, il m'a d'abord présentée anonymement, car même si c'était lui qui avait le dernier mot, il voulait voir la réaction des gens face à ma voix et non par rapport à mon nom qui, oui, était malheureusement devenu handicapant. Ce n'est pas que je chantais mal, mais bien mon nom qui gênait. Les gens disaient : « Quelle super voix ! » Et quand ils apprenaient que c'était Cindy Sander, ce n'était plus bien du tout. À l'étranger, on m'ouvre grand les bras, mais ici, les maisons de disques, les producteurs, etc. freinent tous des quatre fers en entendant mon nom. C'est blessant. Ces gens devraient avoir le courage, comme Manfred, le Palast, ou même Julien Doré, qui m'ont offert l'opportunité de montrer qui je suis et ce que j'ai à dire. Et je les remercie du fond du cœur ! Qu'on arrête d'avoir des croyances limitantes et qu'on laisse la chance aux gens de s'exprimer.

FD : Votre mari, Sébastien, a toujours été d'un immense soutien…

CS : C'est mon roc ! Un homme merveilleux qui m'a si souvent permis de tenir le coup. Je souhaite à tout le monde de rencontrer un Sébastien. Il n'est pas seulement mon mari, il est mon jumeau, on se complète à merveille, tel le yin et le yang. Il me conseille sur tout, me console quand je ne vais pas bien, me calme quand je m'énerve. Je suis tellement fière et heureuse de tout ce qu'on a construit.

FD : Vous n'avez jamais souhaité donner un petit frère ou une petite sœur à votre fils Enzo, 14 ans ?

CS : Si, j'aimerais beaucoup ! Mais, depuis 2008, j'ai été tellement prise par mon travail que ce n'était jamais le bon moment. Déjà, pour Enzo, je repoussais sans cesse, jusqu'au jour où Sébastien m'a dit : « Stop ! » S'il n'avait pas mis le hola, peut-être n'aurions-nous toujours pas d'enfant. Mais oui, bien sûr, j'aimerais beaucoup qu'Enzo ait un petit frère ou une petite sœur. Après, je ne suis pas encore trop vieille [rire], donc qui sait… Si ça doit arriver, ça arrivera. On va laisser les choses se faire.

FD : Avez-vous revu des camarades de classes ou des professeurs qui, à l'époque, vous ont adressé les pires insultes ?

CS : Non. Je ne suis même jamais arrivée à retourner à mon collège. Ça a été d'une telle violence ! Et encore, je n'ai pas tout dit… Je suis une fois encore trop gentille. Mais j'ai tellement souffert que je ne veux plus jamais revoir ces gens ou retourner sur ces lieux. S'ils lisent mon livre, ils se reconnaîtront, c'est certain. Surtout ce professeur qui, je n'ai jamais su pourquoi, avait une haine terrible envers moi.

FD : À un moment, vous racontez avoir nourri les idées les plus noires…

CS : En effet. Que ce soit après La Nouvelle Star ou à la mort de mon frère, j'ai touché le fond. J'étais perdue, je ne comprenais pas ce que j'avais fait pour mériter ça. Moi qui n'ai jamais fait de mal à qui que ce soit et ne suis pas une mauvaise personne. Et puis, la méditation m'a fait comprendre que c'était grâce à ça que j'étais devenue cette femme forte et battante. C'est comme si on avait voulu m'ouvrir les yeux. Qu'on m'avait donné une nouvelle paire de lunettes… pour voir la vie en rose ! Aujourd'hui, je suis apaisée, je prie pour des gens que je déteste et parviens même à pardonner à mes pires agresseurs. Grâce à un gros travail, je vis une vraie renaissance. Dans mon malheur, j'ai du coup vécu la plus belle chose de mon existence… Celle de me réveiller !

FD : Quels sont vos projets aujourd'hui ?

CS : Après trois ans de folie au Palast de Berlin avec le show de Manfred Thierry Mugler, The Wyld, je suis de retour chez nous, à L'Hôpital, en Moselle. Toujours à l'étranger, j'avais plein de nouveaux projets, malheureusement bloqués par la crise. Mais, mon plus grand rêve est de revenir en France. Dans une comédie musicale ou Danse avec les stars, pourquoi pas ? J'en ai très envie.

FD : Comment vous sentez-vous ?

CS : Très bien. Je suis beaucoup plus zen et tellement plus sereine. Je n'ai plus de haine, n'en veux à personne et remercie même mes détracteurs. Beaucoup d'entre eux m'ont d'ailleurs envoyé des messages d'excuses. J'aimerais juste qu'on me laisse l'opportunité de revenir en France. Pour pouvoir dire aux gens qui m'aiment et m'ont toujours suivie que je ne les ai pas oubliés. Et je vous le dis en toute honnêteté, je prie chaque jour pour qu'on m'ouvre cette porte… la plus petite soit-elle. Qu'on me redonne une chance !

Caroline BERGER

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