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Claire Chazal : Elle dit tout sur les hommes de sa vie !

Publié le 18 juin 2018

Dans son dernier livre, Claire Chazal se confie avec une sincérité inédite sur ses nombreuses amours…

Pour comprendre la genèse de cette autobiographie fragmentée, il faut remonter à la « sale année 2015 » : Claire Chazal perd sa maman (trois ans après son père), son fils François quitte « le nid » familial pour une vie d’étudiant international et elle est évincée de TF1 !

Pour elle, cela signe « l’arrêt d’une carrière », même si elle retrouve une antenne quotidienne avec le magazine culturel Entrée libre sur France 5. Mais elle se sent orpheline de parents, de fils et de travail.

« C’est dans l’ordre des choses mais je ne m’y résous pas. »

L’écriture peut donc la sauver. Ou du moins l’aider…

Certes, elle est libre. Sans doute trop, car cette douce mélancolique regrette de ne plus avoir de « point d’appui ».

Nostalgique du temps envolé, effrayée par celui qui passe, elle a peur de finir seule ses jours.

D’autant qu’avec Xavier, son mari, ils s’étaient promis de se « fermer les yeux ». « Je pleurerais toujours sur le fait que nous n’avons pas tenu cette promesse. »

“Excitant”

Celle qui vient de dépasser « 60 ans » avoue « frémir en écrivant le chiffre de cette dizaine terrifiante » et se surprend à envier les vieux couples qui se tiennent par la main dans la rue. Le dimanche notamment.

Mais, Claire est faite de contradictions car, d’un autre côté, elle n’abandonnerait à aucun prix sa nouvelle liberté, même si elle est synonyme de solitude.

Un terme récurrent dans son ouvrage.

Solitude et célibat assumés ?

Telles sont ses éternelles questions : « Être seul c’est être libre […], mais être libre c’est aussi être seul. »

À l’automne de ses jours, Claire Chazal semble souffrir du « syndrome Macron » : elle aime sa vie, mais « en même temps », elle se verrait bien loin de Paris.

Elle assume son célibat, mais en même temps, elle aime les hommes, et en même temps, elle n’est pas certaine de vouloir (re)partager sa vie.

D’où cette longue digression sur les « rapports de force entre l’homme et la femme » et leur « antagonisme ancestral ». « Les deux sexes ne sont-ils pas par nature, par essence, irréconciliables ? » s’interroge-t-elle.

Le problème avec Claire Chazal est que sous son apparente froideur brûle un volcan de passion.

En évoquant les hommes de sa vie, elle se rend compte que ce qu’elle a préféré chez eux, c’est le début de leur liaison : « L’émerveillement des premières, fois, le désir partagé, l’envie qui monte. »

Elle s’en est aperçue avec son « premier amoureux », rencontré à 20 ans. Il est décrit comme un « jeune énarque brillant mais d’une nature insoumise ».
« Il m’impressionnait, je le retrouvais toujours le cœur battant et la peur au ventre. Je le pensais capable de m’initier à des jeux défendus. Je m’imaginais avec lui au comble de la transgression. »

Avec lui, elle vit une « relation chaotique […], une éducation sexuelle sans tabou et adulte. C’était excitant et douloureux. »

Mais c’est elle qui y met fin en s’enfuyant au petit matin d’un week-end breton.

Déjà cette claustrophobie (du couple ?) qui l’a si souvent handicapée et à laquelle elle remédie en choisissant de vivre libre.

Dernière précision importante concernant ce premier amour, son prénom : François. Un patronyme qu’elle donnera à son fils. Acte manqué ou volontaire qu’elle réitère en dédicace de ce livre : « Pour F. » ?

“Insatisfait”

Puis surgit un deuxième coup de foudre, plus professionnel celui-là : « Patrick », pour Patrick Poivre d’Arvor.

Un homme qui l’a toujours « fascinée par sa puissance intellectuelle », sa culture, ses livres, son recul sur leur métier et sur les grands de ce monde.

« Un albatros qui pouvait avoir du mal à redescendre sur Terre et à accepter la médiocrité. » Une « figure tutélaire » et un être qui a « marqué » sa vie… au point de lui donner un fils.

« Amour à demi caché, souvent traqué par certaines publications, émaillé de frissons et de crises, j’ai ressenti le désir d’un enfant. »

Là encore, reviennent les adjectifs « passionnée » et « chaotique » pour définir leur relation.

Et si PPDA est dépeint comme un « père aimant et admiratif », elle est consciente aussi qu’il n’est « pas un être avec qui l’on peut construire une vie quotidienne ou une existence apaisée et rectiligne ».

Aussi, passé la quarantaine, elle pense se poser avec « Xavier » (Couture), ancien dirigeant de TF1. Elle se « marie dans la certitude et l’allégresse » en 2000.

Avec lui, tout semblait simple, beau et léger : maison achetée en Provence, voyages, discussions…

Mais si elle « était comblée par [leur] histoire à deux. Lui, sûrement pas ».
Après quatre années idylliques, elle n’a « pas vu ou pas voulu » voir venir la fin.

Malgré ses promesses, son époux n’a pas changé et n’a pas oublié sa « vie antérieure de fête ou de jeux ». Sans doute aspirait-il à « une existence future qu’il voulait libre à tout prix ». « Insatisfait, il l’a donc été à nouveau après cinq ans de nous deux […]. C’est lui qui a rompu, me brisant tout net, sans un mot, sans justification ou si peu. »

Une rupture qu’elle n’a toujours pas digérée : « Depuis ce jour s’est installé le manque… par bouffées. »

Sans doute est-ce l’une des raisons pour lesquelles elle garde une certaine distance avec les amants qui vont suivre.

Ayant banni le grand amour de son langage, elle se résout à vivre la passion au jour le jour. Cela n’est pas vraiment perceptible avec Philippe Torreton, le grand absent de ce livre, avec lequel elle est pourtant restée quatre ans !

Fâcherie éternelle ?

Commun accord de l’éluder ?

Seuls eux deux le savent…

Elle s’arrête plus volontiers, quoique furtivement, sur « Arnaud » (Lemaire), le mannequin, de vingt ans son cadet, qui l’a accompagnée huit années durant.
Le jeune homme est décrit avec bienveillance comme « un être pur » ayant
« l’innocence d’un enfant, la blondeur d’un ange ». Avec lui, elle retrouve une
« forme de douceur et la confiance ». Et une nouvelle jeunesse, sans doute…

“Tendre”

Car c’est bien la peur de vieillir, et donc de ne plus véritablement aimer, qui sous-tend ses confessions. Cette belle femme qui a le culte du corps, qui prend des cours de danse chaque jour et qui « associe à tort sans doute, l’amour physique à la jeunesse des corps », avoue sa terreur de la sénescence.

« Mes mains vieillissent, elles ressemblent à celles de ma mère », s’inquiète-t-elle, alors qu’en couverture, la superbe photo signée Peter Lindbergh date de… 2011.

« Pour moi, le temps passe et je crève de penser que les perspectives s’amenuisent. »

En matière de passions amoureuses, notamment ?

Même si elle évoque encore un « tendre voisinage » avec Nicolas Escoulan, qui « s’est installé juste en face » de chez elle – « je le sais là, tout près » –, Claire a fait son choix : elle préfère vivre seule pour ne pas être déçue.

Pour cette sexy sexa « hyper­émotive », indépendante et amoureuse de la passion, mais qui n’en retient que les fins douloureuses au point de se voir qualifiée par un ami « d’athée de l’amour », n’était-ce pas un destin inéluctable ?

« Seule face à la condition humaine, face au vertige du temps et de la fin dernière », elle se rassure alors en pensant à son amour ultime.

Le seul qui vaille et qui, lui, ne vieillit pas : l’amour maternel.

Une deuxième existence vouée à son fils François, pour lequel elle a écrit ses fragments de vie de femme en guise de testament…

Puisque tout passe, éditions Grasset.

Pierre-Antoine BRIONNE

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