France Dimanche > Actualités > Claude Barzotti : "Je passe mon temps à l'hôpital !"

Actualités

Claude Barzotti : "Je passe mon temps à l'hôpital !"

Publié le 9 décembre 2020

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

A 67 ans, la mort dans l’âme, Claude Barzotti a décidé de mettre un terme à sa carrière. la crise sanitaire et ses graves ennuis de santé ont eu raison de sa passion pour la chanson…

En mars dernier, lorsque nous avions pris de ses nouvelles, le chanteur italo-belge nous avait confié subir « tous les malheurs du monde ». Huit mois plus tard, force est de constater que son état général ne s’est malheureusement pas amélioré. Pire, sa santé l’empêcherait de se produire à nouveau sur scène. Alors qu’il nous assurait, à l’époque, avoir définitivement vaincu son addiction à l’alcool, il semblerait que ses vieux démons l’aient hélas rattrapé. Celui qui a bu « jusqu’à sept bouteilles de whisky par jour » jurait pourtant s’être ressaisi à l’idée de reprendre ses galas à travers le monde.


Mais la crise sanitaire et ses hospitalisations à répétition suite à divers ennuis de santé ont quelque peu amoindri ses ambitions. N’étant plus en mesure de chanter, ni même de se tenir debout, et n’ayant par conséquent plus goût à rien, celui qui s’est fait notamment retirer un rein en 1975 et a été opéré de l’estomac en 2000 et du pancréas en 2016 vient donc de prendre, la mort dans l’âme, une décision pour le moins radicale. Une résolution qui risque de rendre inconsolables ses nombreux fans.

En ce début novembre, nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir un peu plus…

France Dimanche : Comment allez-vous aujourd’hui ?

Claude Barzotti : Fatigué, très fatigué. Je viens tout juste de sortir de l’hôpital. J’espère d’ailleurs que cette interview ne va pas durer trop longtemps parce que ça m’épuise. Je ne tiens même plus debout…

FD : Pourquoi avez-vous été hospitalisé ?

CB : Je suis gravement malade. Je souffre actuellement d’une terrible pancréatite [inflammation du pancréas, ndlr] qui m’oblige à me rendre tous les jours à l’hôpital. Et parfois, à y séjourner plusieurs nuits de suite. En fait, ça fait plus d’un an que j’y passe tout mon temps pour des problèmes liés également au foie, à l’estomac et au cœur. Pour mes problèmes d’alcool aussi. Les médecins sont de moins en moins optimistes. Ils m’ont annoncé que ça devenait très compliqué et qu’ils n’avaient jamais vu ça. Ils ne comprennent même pas comment je suis encore vivant… Autant dire que mon moral en prend donc un gros coup.

FD : Au point finalement de vouloir arrêter votre carrière ?

CB : Oui, car je suis aussi très déçu par ce milieu. J’aime pourtant tellement mon métier de chanteur. Mais c’est devenu horrible. Dans le temps, on faisait une belle chanson et on passait partout. Aujourd’hui, tu as beau créer La Traviata, tu ne passes même plus à la radio. Et encore moins à la télévision. Il n’y a guère plus que The Voice. Sans parler des maisons de distribution qui ferment les unes après les autres. Ce n’est donc plus vivable. Et le Covid n’aura rien arrangé à l’affaire. J’aurais dû reprendre une tournée de concerts en avril dernier, qui a été repoussée à l’été, pour finalement être reportée au moins à octobre 2021. Je suis donc passé à côté de plus de quatre-vingts galas (au Canada, Liban, en Algérie, France et Belgique) !

FD : Cette décision paraît brutale. Ne pensez-vous pas que vous traversez juste une mauvaise passe, comme cela peut arriver à chacun d’entre nous ?

CB : Je ne suis pas Madame Soleil, donc je ne sais évidemment pas ce que me réserve l’avenir. Mais pour l’instant, je ne veux plus entendre parler de chanson. Depuis le mois de février, je n’ai pas touché une note de mon piano, je n’ai même plus le goût de chanter, seul, dans mon coin… Plus envie d’écrire non plus. Or, je ne sais faire que ça. Que voulezvous que je fasse d’autre ? Ma décision est prise, ça ne rime plus à rien de faire semblant. J’arrête.

FD : N’espérez-vous pas toutefois que ça reprenne un jour, comme avant ?

CB : Vous savez, je suis devenu pessimiste. Il paraît certes qu’ils ont trouvé un vaccin contre le Covid qui semble efficace. Mais on n’est pas près de pouvoir en bénéficier. Je vous avoue que j’ai incroyablement peur de ce satané virus. Je n’ose plus mettre un demi-pied dehors. Avec tout ce que j’ai déjà, il ne faudrait surtout pas que j’attrape cette maladie ! Je suis certain que j’y passerais… Et puis, quoi qu’il arrive, je serais incapable de remonter sur scène. Il me faudrait en permanence un médecin à mes côtés. Je suis dans un tel état que, quand je marche à peine dix mètres, je suis essoufflé. Vous comprenez qu’il m’est donc impossible de continuer à chanter. Ça fait quarante ans que je chante, mais c’est désormais de l’histoire ancienne…

FD : Et comment comptez-vous occuper votre temps ?

CB : Je vais paresser ! Et je vais savourer pleinement de passer du temps avec mes trois petites-filles, mon chien, mon chat… Tout n’est pas si noir, vous voyez ? En tout cas, c’est gentil d’avoir pris de mes nouvelles !

Philippe CALLEWAERT

À découvrir