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Claude Chirac : Elle avoue avoir eu "honte" de la maladie de sa soeur…

Publié le 12 janvier 2022

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Fille aînée du clan Chirac, Laurence est décédée des suites d'une longue maladie à l’âge de 58 ans, en avril 2016. Sa soeur, Claude, est revenue sur ce mal qui l'a rongée et a assumé avoir parfois eu « honte » de son aînée.

Invitée aujourd’hui sur les ondes de France Inter, la fille de l’ex-président de la République, décédé à l’âge de 86 ans, le 26 septembre 2019, revient non sans émotion sur les derniers moments partagés avec son père. Très proche de Jacques Chirac, Claude se rappelle : « J'ai eu la chance d'avoir un père qui, même si la maladie était présente, a gardé profondément sa dignité et son humour. On a beaucoup ri jusqu'au bout ».


Claude Chirac, qui avait endossé le rôle d’aidant pour son père, qu’elle poursuit aujourd’hui pour sa mère Bernadette Chirac, avoue que c’était « extrêmement lourd et contraignant ». Elle indique avoir été capable de mener à bien ce rôle car elle a été témoin de la maladie de sa soeur aînée, Laurence, qui souffrait d’anorexie mentale chronique. « J'ai eu en moi la structure qui m'a conduite à choisir cet engagement d'aidant. Je pense que si je n'avais pas vécu ça, quand j'étais petite, je n'aurais peut-être pas été capable de faire ce choix », avait-elle déjà reconnu dans une interview accordée à la fondation APRIL, en octobre dernier.

C’est dans le livre de Sophie Cluzel, intitulé La force des différents, paru aujourd’hui aux éditions JC Lattès, que Claude Chirac parle réellement et pour la première fois de la maladie de sa soeur et des conséquences qu’elle a eues sur sa famille. La secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, depuis 2017, nous livre un ouvrage d’entretiens avec des personnalités touchées de près ou de loin par le handicap afin de « changer de regard » sur ce dernier.

Elle confiait : «Il faut faire prendre conscience au grand public que les personnes handicapées sont parmi nous, qu’on peut les regarder différemment. Il faut se dire que si on sait bien les accueillir, bien adapter l’environnement, elles seront autonomes et pourront vivre avec nous ». Sophie Cluzel rappelait que « le regard est extrêmement pesant encore, il est excluant ou de commisération » et ce n’est pas Claude Chirac qui dira le contraire !

En effet, la fille de Bernadette et Jacques a avoué à la secrétaire d’Etat qu’elle n’avait pas toujours assumé la maladie de sa soeur. « J’avais honte, oui, parfois (…) je faisais des gymnastiques incroyables pour éviter qu’un groupe d’amis aperçoive ma sœur » confiait-elle. C’est à l’âge de 5 ans que Laurence contracte une méningite virale qui entraînera une grave anorexie. Claude se souvient : « Je n’ai pas vécu dans une famille où le handicap survient à la naissance. Cela s’apparente plus tôt à un accident qui par la suite dégénère (…) Je suis devenue la clé de voûte de la famille, il fallait que je reste bien droite dans mes bottes, parce que si moi je commençais à m’effondrer, alors là… »

Cela dit, la benjamine du couple Chirac assure ne jamais avoir eu de ressentiment à l’égard de sa soeur. Elle se demandait d’ailleurs comment elle aurait pu en vouloir à « un être qui pèse 25 kilos » et qui « se réveille d’un coma, avec dans les yeux une détresse immense lorsqu’il comprend qu’il est encore vivant ». « Il y a là une détermination absolue, celle de quelqu’un qui a sauté du 4ème étage d’un immeuble. Qui peut juger ? », ajoutait-elle non sans émotion.

Fille aînée du clan Chirac, Laurence est décédée à l’âge de 58 ans, en avril 2016, à l'hôpital Necker, à Paris. L'ancien chef de l'Etat déclarait à Pierre Péan dans L'inconnu de l’Elysée, en 2007, que sa première fille avait été « le drame de [sa] vie »…

Kahina Boudjidj

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