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Claude François : Son fils a failli refuser son héritage !

Publié le 5 mars 2018

Claude François junior n’avait que 9 ans lorsque son père est mort… en quasi-faillite.

Il y a tout juste quarante ans, les Français apprenaient avec stupéfaction la mort de Claude François, électrocuté dans sa baignoire au faîte de sa gloire.

Depuis sa brutale disparition à l’âge de 39 ans, on commémore chaque année ce triste anniversaire, perpétuant encore et encore son immense talent qui, lui, est éternel. Si, au lendemain de ce terrible accident, les fans pleuraient à chaudes larmes leur superstar, sa famille, ses proches perdaient un homme qu’ils respectaient et aimaient de tout leur cœur.

Train de vie

Quant à ses deux fils, Claude junior, alors âgé de 9 ans et demi, et Marc, 8 ans, ils se retrouvaient seuls héritiers d’un papa qu’ils n’avaient pas eu le temps de connaître vraiment, d’une légende qui, grâce à ses nombreux succès – il avait vendu depuis ses débuts plus de 35 millions de disques ! –, aurait dû leur laisser une véritable fortune, les mettant ainsi à l’abri du besoin…

Mais, en réalité, lorsque le chanteur s’est éteint, il était quasiment ruiné et n’avait pas rédigé son testament !


Une situation à laquelle on était loin de s’attendre…« D’abord, la question s’est posée de refuser la succession, vient d’expliquer Claude junior dans Le Parisien. Mon père avait laissé près de 10 millions de francs de dettes, ce qui était une somme énorme en 1978. Il faut savoir que des vedettes de la chanson comme lui ou Johnny avaient un train de vie de star américaine connue dans le monde entier alors qu’eux n’ont eu du succès que dans leur pays. »

Bien sûr, les deux bambins étaient bien trop jeunes à l’époque pour prendre en charge les affaires de leur père. C’est Alain Dominique Perrin, ancien PDG de Cartier et grand ami de Claude François, qui avait été nommé exécuteur testamentaire par le juge des tutelles du XVIe arrondissement de Paris et qui assuma cette charge jusqu’en 2008.

« Il était en faillite avec un endettement fiscal de 1,2 million d’euros, avait précisé l’homme d’affaires au Figaro en 2012. J’ai accepté la succession mais il fallait se bouger. Surtout, je devais entretenir une famille où personne ne travaillait à l’époque. »

Ce grand collectionneur d’art contemporain, qui a également été l’exécuteur testamentaire du sculpteur César, a commencé par céder le moulin de Dannemois, la résidence chérie du chanteur où ses enfants ont fait leurs premiers pas.

« Il y avait un jardin, une piscine, 100 m2 à chauffer, deux gardiens, des frais d’entretien abyssaux », s’est souvenu Claude Junior dans les colonnes de notre confrère. En plus de cette demeure en région parisienne, devenue depuis un musée à la gloire de Cloclo, il a fallu, pour éviter aux deux rejetons de se retrouver sans le sou, céder d’autres actifs, dont Podium, le magazine emblématique de leur père, mais aussi sa cave à vin, ses costumes de scène ou son agence de mannequins

De plus, pour récupérer les droits de My Way, l’adaptation de Comme d’habitude, que le crooner Paul Anka s’était appropriés pour les vendre à Elvis Presley, Franck Sinatra et Nina Simone, l’homme d’affaires et ancien PDG de Cartier avait dû recourir à deux avocats.

Rancœur

Si, après sa mort, l’œuvre de Claude va connaître un second souffle, c’est aussi grâce à l’extraordinaire succès posthume d’une chanson, Alexandrie, Alexandra, sortie quatre jours après sa mort. « Vendu dix-huit mois non-stop, ce titre nous a sauvés », reconnaissait aussi Alain Dominique Perrin, dont les rapports avec les fils François allaient hélas se détériorer.

Claude junior et Marc lui ont en effet reproché d’avoir mal placé l’assurance décès de leur père, soit une perte de plus de 425 000 euros !

Une rancœur portée par les deux ayants droit devant la justice, qui a donné raison à leur ex-tuteur. Plus tard, ils ont tout de même fini par enterrer la hache de guerre et estimer qu’ils n’avaient finalement pas tant de reproches à lui faire…

Étrange destin que celui de ces fils, forcés à jouer du jour au lendemain, et dès leur plus jeune âge, le rôle délicat de gardiens du temple… Un temple colossal érigé par un père dont ils ne conservent que peu de souvenirs : « C’est d’autant plus paradoxal qu’au départ ils n’étaient pas vraiment passionnés par son histoire », précisait Jean-Pierre Pasqualini, fondateur de la revue Platine, toujours dans Le Figaro, en 2012. Il a connu Claude junior au début des années 90.

À cette époque, celui qu’on surnommait Coco depuis son enfance venait de faire un passage rapide à la télévision et commençait à peine à mesurer le potentiel financier de l’œuvre de son illustre papa. C’était en 1994 et il avait déjà 25 ans. « Avant je me cherchais, vient de confirmer l’intéressé, toujours dans Le Parisien. J’ai fait des fringues, l’animateur sur TF1. J’ai alors rencontré les responsables des différentes maisons de disques qui possédaient les enregistrements et nous avons commencé à travailler sur des compilations, des versions karaoké. En tant qu’héritiers, mon frère et moi avions à l’époque les droits d’auteur et d’interprète ainsi que les droits d’édition [perçus pour chaque interprétation ou diffusion d’un titre, ndlr] sur les chansons, que nous avons finalement revendus. »

Une décision difficile pour « Coco », qu’il affirme regretter aujourd’hui.

Patrimoine

La gestion – et le partage – de cet empire qu’est la carrière posthume de Claude François ainsi que les revenus qu’elle génère en droits musicaux d’une part et en produits dérivés de l’autre, sont confiées à deux sociétés. De fait, Flèche productions, fondée par la star en 1967 – Marc en a revendu ses parts à son frère aîné dans les années 2000 –, gère les droits à l’image et produit des spectacles. Jeune musique, de son côté, administre les droits musicaux d’une centaine de chansons, dont Comme d’habitude, Magnolias for Ever ou Alexandrie, Alexandra.

Si ces deux entreprises perdurent, une autre partie du catalogue a été vendue en 2000, celle appartenant à Isabelle Music, société montée elle aussi par Cloclo, à la maison de disques EMI. Malgré tout, le patrimoine restant continue de rapporter gros aux deux fils de l’artiste : « C’est un chiffre d’affaires à six zéros, plusieurs millions par an, quand on compte tout : les ventes de disques, les droits d’exploitation, d’utilisation dans des films, des publicités, les reprises, comme le disque de M.Pokora… » a encore spécifié l’aîné des François, âgé aujourd’hui de 49 ans.

Revendications

Mais, parmi les tubes indémodables et fructueux de Cloclo, le plus célèbre reste sans doute Comme d’habitude, dont il existe plus de 2 000 versions, et dont les droits à l’international ont généré des bénéfices évalués en 2009 à plus de 300 000 euros par an ! Une affaire de famille qui, malgré la découverte des dettes de leur père à la mort de celui-ci, a finalement mis largement à l’abri du besoin les héritiers de la star.

Une affaire florissante qui est bien partie pour faire vivre des générations de descendants de Claude François. Et ce, même si, au fil du temps, l’on découvre que le chanteur pourrait avoir d’autres héritiers, telle Julie qui affirmait tout récemment être une fille cachée de l’interprète du Mal-aimé… Mais cette éventualité ne semble pas inquiéter Claude junior qui explique : « On a eu plusieurs revendications de paternité, mais jamais de procédure devant la justice. »

Pour cette quarantième commémoration, ressortent soixante des chansons de l’idole des yé-yé, réparties en trois CD et, pour la première fois, le 2 mars prochain, l’intégrale de son répertoire sera disponible dans un coffret de 20 CD et 360 titres illustré par un livret de 48 pages.

Pour ajouter à cette bonne nouvelle, sachez aussi qu’une comédie musicale, coproduite par Claude junior et Olivier Essebag, est en cours de préparation, et devrait nous être présentée en 2019…

Autant de projets qui ne manqueront pas de réjouir ses fans toujours aussi nombreux… pour le plus grand bonheur de ses deux fils !

Clara MARGAUX

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