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Claude François : Son parolier retrouvé égorgé !

Publié le 5 novembre 2014

Nicolas Skorsky avait entre autres écrit Chanson populaire pour Claude François, avant de partir à la conquête musicale de l’Amérique. C’est sa femme de ménage qui a découvert son corps sans vie…

Il est huit heures et demie, ce lundi 20 octobre, lorsque, comme chaque matin, Mme X introduit sa clé dans la serrure du très bel appartement du XVIe arrondissement de Paris qu’elle a la charge d’entretenir. Il est occupé par un homme de 62 ans, Nicolas Skorsky, dont les Français ignorent le nom et le visage.

Mais Mme X, elle, sait quel artiste important il est, et que, sans son génie musical, la carrière de Claude François n’aurait pas été tout à fait celle que l’on connaît. Ni celle de Daniel Guichard ou celle de Marie Laforêt, entre autres…

C’est surtout Cloclo, en effet, qui a dû une fière chandelle à « Monsieur Nicolas » ! Car c’est lui qui, un jour, lui a apporté un tube fantastique : Chanson populaire, dont la France entière connaît encore le refrain par cœur : « Ça s’en va et ça revient. C’est fait de tout petits riens… » Reste que la disparition tragique de Claude François n’a pas stoppé la carrière de son auteur-compositeur.

Devenu producteur, Nicolas Skorsky a enchaîné les triomphes, mais toujours en restant un «homme de l’ombre ». Avec le groupe Santa Esmeralda, il devient même le premier Français à décrocher un disque d’or aux États-Unis ! C’est d’ailleurs une de ses compositions qui illustrera la remise des médailles de patinage artistique aux JO de 1976. Et, plus récemment, il a travaillé avec Quentin Tarantino sur la musique de son film Kill Bill. Des succès auxquels rien ne semblait devoir mettre fin…

Skorky sourireEnquête

En ce 20 octobre, Mme X pénètre donc dans l’appartement silencieux, referme la porte doucement afin de ne pas réveiller Monsieur Nicolas, qui peut encore dormir… Mais Nicolas Skorsky ne dort pas, non. Lorsque la malheureuse femme pénètre dans la cuisine, elle se fige et a l’impression que son cœur s’est arrêté de battre. Son patron est là, juste devant elle, étendu sur le sol de la pièce, entièrement nu.

Mais, surtout, sa tête et ses épaules baignent dans une mare de sang, séquelle de la large plaie qu’il a à la gorge. Nul besoin d’être expert en médecine légale pour comprendre qu’il est mort. Retrouvant en partie ses esprits, Mme X pivote sur elle-même, sort de la cuisine, devenue « scène de crime », et se rue sur le téléphone.

Lorsque les policiers débarquent dans l’appartement de la rue Raymond-Poincaré, ils découvrent l’arme qui a servi à ouvrir la gorge de Nicolas Skorsky : juste à côté de son cadavre se trouve un couteau de cuisine dont la lame d’une vingtaine de centimètres est ensanglantée. Le meurtre fait a priori peu de doute, même si, à ce stade de l’enquête, la thèse d’un suicide ne peut encore être écartée. C’est pourquoi, rapidement, les policiers du commissariat du XVIe cèdent la place aux enquêteurs de la brigade criminelle. Mais que s’est-il passé ?

Un cambrioleur qui, surpris par le maître des lieux, se serait affolé ? Pour les limiers de la Crim’, c’est peu probable : comme Mme X a pu le constater en arrivant, en faisant jouer sa clé sans difficulté, la porte d’entrée n’avait nullement été forcée. Le meurtrier a donc dû être introduit sur les lieux par le propriétaire lui-même. Mais alors, pourquoi Nicolas Skorsky a-t-il été retrouvé entièrement nu ?

Crime de rôdeur ? Vengeance pour un motif encore obscur ? Pour tenter de répondre à ces questions, les policiers du quai des Orfèvres ont tout de suite effectué une enquête de voisinage et, parallèlement, ont commencé d’entendre les proches de l’auteur-compositeur. Il faut maintenant leur laisser le temps de mener à bien leur travail.

En attendant, la chanson française a perdu l’un de ses surdoués, Nicolas Skorsky.

Didier Balbec

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