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Claude Sarraute : "J'ai fait de la gym jusqu'à 77 ans, une vraie mamie-la-terreur !"

Publié le 9 juillet 2010

Avant de réunir toute sa tribu dans sa maison de Bretagne pour les vacances, " la maman de la bande à Ruquier", Claude Sarraute nous parle de sa vraie famille. Sans tabou !Avant de réunir toute sa tribu dans sa maison de Bretagne pour les vacances, " la maman de la bande à Ruquier", Claude Sarraute nous parle de sa vraie famille. Sans tabou !

E lle est la fille de l'écrivain d'origine russe, Nathalie Sarraute, et a été mariée plus de trente ans avec le philosophe Jean-François Revel... Mais Claude Sarraute n'est pas seulement une « fille de » ou « une « femme de ». Elle a été, durant des années, l'une des chroniqueuses du journal Le Monde avant de rejoindre la bande à Ruquier ! Rencontre...

France Dimanche (F.D.) : Vous êtes l'aînée des trois filles de votre illustre mère, qui ne voulait pas d'enfants... Et vous, vous en vouliez ?

Claude Sarraute (C.S.) : Si vous saviez ! Je rêvais que mes deux parents mourraient dans un accident de voiture et que, par chance, je devais m'occuper de mes deux soeurs, Anne et Dominique, de trois et six ans mes cadettes.

->Voir aussi - Claude Sarraute : "Jean-François Revel, c'est surtout son cerveau qui me fascinait !"

F.D. : Pourquoi, alors, avoir attendu si longtemps pour faire votre premier fils, que vous avez eu à 31 ans ?

C.S. : Maman m'avait donné ce conseil : « Ne te marie pas avant 30 ans. Attends d'avoir une bonne situation, pour avoir des enfants et un mari. » Je l'ai écoutée, et je me suis mariée, une première fois avec un Américain, Stanley, puis avec Christophe Tzara, le fils du poète Tristan Tzara, avant de rencontrer Revel.

F.D. : Combien avez-vous d'enfants ?

C.S. : Trois garçons. Après Laurent, il y a eu Martin, que j'ai eu avec Christophe, et un dernier fils, Nicolas, avec Revel. J'ai aussi adopté une fille que j'adore.

F.D. : Quelle maman êtes-vous ?

C.S. : J'ai toujours eu un véritable instinct maternel, j'aurais été capable de leur lécher le derrière pour les nettoyer ! Et d'ailleurs, depuis que je suis veuve, je ne cesse de leur réclamer de me dire qu'ils m'aiment. J'ai de plus en plus besoin de les voir, de me sentir entourée par mes trois garçons, et par ma fille, qui a un fils magnifique, Antoine, avec son mari, le romancier Didier Van Cauwelaert.

F.D. : Êtes-vous une « mamie gâteau » ?

C.S. : Mes petits-enfants m'appellent Babou, du russe babouchka , qui veut dire grand-mère. À cause de mon âge, je ne les supporte pas longtemps, d'abord parce que je suis fragile, et puis j'ai peur de prendre les plus petits, les arrière-petits-enfants, dans mes bras, et de les laisser tomber par maladresse. Du coup, je ne « gagatise » pas autant qu'avec mes enfants.

F.D. : Allez-vous tous vous réunir pour les vacances ?

C.S. : J'espère ! Nous devons nous retrouver en Bretagne, c'est plus facile pour rassembler la famille. En vacances, on peut tolérer le désordre, adapter ses habitudes alimentaires et chambouler ses horaires, même si c'est parfois difficile pour une vieille dame comme moi. Car je suis une vieille madame ! La preuve, à Paris je n'émerge qu'à midi, et je m'affale aussitôt sur le canapé devant la télé. Je sirote un café, je parcours les magazines, je me ressers un café, je feuillette à nouveau les journaux. Je m'écoute complètement. J'ai le droit à la paresse, mince alors ! Qu'on nous foute la paix, à nous les octogénaires !

F.D. : Depuis que vous êtes veuve, vous vivez pleinement vos 80 ans !

C.S. : Oui. Vous savez, j'ai toujours été obsédée par le travail, j'ai été éduquée dans la culpabilité du travail. Par exemple, j'ai cultivé ma silhouette longiligne toute ma vie, j'ai fait du fitness jusqu'à 77 ans, une vraie mamie-la-terreur ! Jusqu'au jour où j'ai décidé de tout arrêter, en m'apercevant que je n'étais pas mince comme je le pensais, mais maigre ! Et puis qu'à cet âge, mes mecs s'en moquaient. Avant, je soignais ma silhouette. Je n'allais jamais déjeuner, quand je travaillais, et je n'avais pas de ventre. J'avais de très jolies fesses à force de m'entretenir. Désormais, j'ai un peu de ventre. C'est la première fois de ma vie, mais j'aime bien. Sinon, je ne porte plus de talons très hauts, de peur de tomber. Cela m'embête un peu. Je vous le répète, depuis mes 77 ans, je ne me gendarme plus. Du coup, j'ai pris quatre tailles. À quoi bon lutter, plus personne n'habille les vieilles dames. Chez les grands couturiers, il n'y en a que pour les jeunes ! Il n'y a que les coiffeurs que je continue de fréquenter assidûment ! J'y vais tous les trois jours ! Pourtant, depuis que je passe à l'antenne, les lectrices ne m'écrivent jamais pour me parler de ma silhouette ou de mes cheveux, mais pour me demander : « Quelle est la marque de votre colle pour les dents ?»

F.D. : Avez-vous l'impression de rattraper le temps perdu ?

C.S. : Disons que je profite à mort de ma vieillesse. En Bretagne, je ne fais que du farniente, je m'installe sur la terrasse, je rêvasse. Je pense au temps qui passe. Je rassemble des souvenirs...

F.D. : Si vos fils ne passent pas vous voir, vous pourrez toujours compter sur Laurent Ruquier ?

C.S. : Oui. Vous savez, Laurent est comme un quatrième fils pour moi, je suis aussi proche de lui que de mes enfants. C'est d'ailleurs avec lui que, lors de précédentes vacances, nous avons écrit Avant que t'oublies tout !, le livre sur ma vie paru chez Plon...

Cédric Potiron

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