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Claudio Capéo : Victime de racisme !

Publié le 26 janvier 2020

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© BESTIMAGE Claudio Capéo

Claudio Capéo révélé dans “The Voice” 5 a souffert de la méchanceté et de la bêtise de ses camarades de classe.

Il en a fait du chemin, Claudio Capéo, depuis ses premiers pas sur la terre d’Alsace où il a vu le jour, à Cernay, choyé par une famille aimante. Un chemin impressionnant puisque, en seulement quatre années, depuis sa participation à la cinquième saison de The Voice en 2016, où il était coaché par Florent Pagny, il se retrouve aujourd’hui tête d’affiche, après avoir vendu quelque 800 000 exemplaires de son album sobrement intitulé Claudio Capéo.

Son dernier opus, Tant que rien ne m’arrête, paru fin 2018, était déjà disque d’or un mois à peine après sa sortie ! Et aujourd’hui, le chanteur à l’accordéon et à la voix si singulière, ne cesse de tourner dans les plus grandes salles. On a d’ailleurs pu le voir le 7 décembre dernier, sur TF1, lors du concert de Patrick Bruel à Paris La Défense Arena, retransmis en direct, au cours duquel les deux artistes ont interprété le titre Pas eu le temps. Signe qu’il est vraiment devenu une personnalité incontournable du monde de la chanson, Claudio a, cette année, participé pour la première fois à la grande aventure des Enfoirés ! Mais derrière sa joie de vivre apparente, et l’enthousiasme que l’on ressent dès qu’il se met à chanter avec sa bande de copains, Claudio cache une part de lui-même qui est très éloignée de ce bonheur de vivre qu’il dégage sur scène.

En effet, celui qui se destinait à devenir menuiser, qui a exercé ce beau métier durant sept ans, a été victime du racisme. C’est  ce qu’il vient de confi er dans les colonnes de notre confrère Gala. « On parlait italien à la maison et j’ai parfois entendu des “sale rital” qui m’étaient adressés à l’école », a-t-il révélé.


Avec des parents d’origine italienne, le garçon, déjà très timide,  a dû beaucoup souffrir de ce rejet. Même si, aujourd’hui, il semble minimiser ces attaques, en déclarant toujours dans Gala : « Ma mère, en vraie Sicilienne, parlait fort, s’énervait parfois facilement, et avait toujours un commentaire à faire dans les magasins. Cela me mettait mal à l’aise, mais je suis pareil aujourd’hui… »

Sans doute Claudio a-t-il dû prendre sur lui pour avancer coûte que coûte dans l’existence, en surmontant la bêtise de ses camarades de classe et la violence qu’il devait ressentir. La découverte de l’accordéon, à l’âge de 5 ans, lui a probablement permis d’exprimer ses émotions en les faisant passer dans la musique.

Mais même si, aujourd’hui, il a réussi à vaincre sa timidité et à passer outre ses blessures d’enfance, une certaine fragilité reste gravée en lui. Une fragilité qui a fait que, quelque temps après avoir connu ce succès qu’il n’attendait pas, il a perdu pied… « Tout est arrivé très très vite. Les télévisions, les radios, je ne comprenais rien à ce qui m’arrivait. Comme si on balançait un bébé qui vient de naître dans une foule… » avait-il expliqué début janvier au Parisien. Claudio se sent si mal, qu’il craque vraiment : « Je me suis retrouvé à La Réunion pour jouer aux Francofolies. Je suis parti en larmes, j’ai fait un burn-out extrême. J’ai voulu me tuer, tout simplement. J’ai pété un gros boulon et je n’en ai jamais parlé. J’avais du succès depuis deux ans, et quand je me suis posé et que j’ai réfléchi à ma vie, cela m’a fait sombrer. »

Perdu, incapable d’accepter le succès qui lui tombait littéralement dessus, le jeune homme d’alors 33 ans s’écarte de la scène musicale et trouve, auprès de sa compagne, Aurélie, fleuriste, la mère de ses deux enfants, le réconfort et la paix qui lui manquaient tant.

Aujourd’hui, toutes ces émotions semblent avoir été bien gérées. Claudio est reparti sur les routes, fou de joie de la belle relation qui l’unit à son public, de plus en plus nombreux. Mais s’il arrive à vivre, s’il a pu mettre  de côté les mauvais moments et les coups durs, il n’a rien oublié. Il suffit d’écouter son dernier album pour s’en convaincre. Dans Tant que rien ne m’arrête, l’artiste rend un magnifique hommage à ses parents, et à cette langue italienne qui l’a autant construit que le français. Une façon de leur dire à quel point, s’ils sont aujourd’hui très fiers de lui, lui aussi l’est d’eux et de leur histoire. C’est en effet en italien qu’il fredonne les refrains de ce titre, qui sont les paroles d’une comptine que sa mère lui chantait quand il était enfant… Ça touche le coeur, et a profondément ému ses parents quand ils l’ont découverte - « C’est une chanson que me chantait ma mère, qui parle d’amour et d’Italie. Je la porte en moi, c’est comme une prière. Pour les jours où je n’aime pas la vie. » Une chanson baume qui ne le quittera jamais.

Laurence PARIS

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