France Dimanche > Actualités > Clémence Castel : “Mon combat contre le cancer”

Actualités

Clémence Castel : “Mon combat contre le cancer”

Publié le 19 mars 2019

Clémence Castel, deux fois victorieuse de “Koh-Lanta”, nous parle de cette terrible tumeur qui l’empêche d’avoir un troisième enfant.

Que ce soit sur un court de tennis, à Koh-Lanta, dans son rôle de maman ou face à la maladie, la jolie brune de 34 ans, battante et déterminée, met tout en œuvre pour Aller jusqu’au bout, titre de son premier livre, qui paraît ce 13 mars aux éditions Flammarion. Dans cet ouvrage, elle retrace son parcours mêlé de joies, de peines, de succès mais aussi d’épreuves. Son fil directeur est qu’il ne faut pas hésiter à s’approcher au plus près de ses rêves pour ne rien regretter.

France Dimanche  : Comment est née l’idée de ce livre  ?
Clémence Castel : D’un souhait de partager mes aventures, à Koh-Lanta bien sûr, mais aussi mon parcours sportif et ma vie de maman. Et quel meilleur moyen qu’un livre pour transmettre tout ça, en couchant sur le papier tout ce qui a nourri ma motivation dans le jeu et me permet chaque jour d’avancer dans mes projets tant professionnels que familiaux. Quelqu’un de chez Flammarion m’a aidée à structurer les choses, mais je tiens à préciser que j’ai eu à cœur d’écrire cet ouvrage moi-même, ce dont je suis assez fière. Je trouve qu’il me ressemble et espère qu’il donnera envie à ceux qui le liront d’adopter un état d’esprit similaire, pour s’améliorer, avancer et se rapprocher de leurs rêves.

FD  : En quoi diriez-vous que vos expériences à Koh-Lanta vous ont changée  ?
CC  : Elles m’ont appris beaucoup de choses, et en particulier à relativiser tous les petits soucis du quotidien. Alors qu’avant, un retard à un rendez-vous ou un accrochage avec un collègue pouvait me stresser terriblement, aujourd’hui je sais prendre du recul. Une forme de conscience qui m’aide à dépasser bon nombre de difficultés du quotidien, que ce soit au travail ou avec les enfants. De plus, ça m’a également enseigné pas mal de choses sur les autres, du fait de la promiscuité, et au final je me suis liée d’amitié avec des personnes avec lesquelles je n’aurais jamais imaginé que ce soit possible.

FD  : Pour cette troisième participation, vous étiez très angoissée de quitter vos enfants  ?
CC  : Oui, partir loin d’eux aussi longtemps l’année dernière a constitué un vrai déchirement, et en même temps une merveilleuse motivation pour aller décrocher la victoire. C’est aussi le retour à la vie « normale » qui a été compliqué, surtout avec le plus petit. J’avais tout bien expliqué avant de partir, fait un calendrier que Louis, 5 ans à l’époque, avait bien en tête. Mais, si lui pouvait compter les jours, Marin, 3 ans, était trop petit pour ça. Du coup, en rentrant, il m’en a beaucoup voulu. Moi, je n’avais qu’une envie : les prendre dans mes bras et partager avec eux ma joie, mais mon plus petit garçon me repoussait, se bouchait les oreilles quand je lui parlais et mettait de la distance entre nous. Même si je savais que ça passerait, ça a été très douloureux pour moi qui ne les avais pas vus pendant un mois et demi. C’est là que ma formation en coaching parental m’a beaucoup aidée. Je lui ai laissé le temps, et au bout de dix jours, il a accepté de m’en parler, de me faire part de sa colère, de sa tristesse, et tout est rentré dans l’ordre. On a regardé chaque diffusion en famille, juste tous les quatre, et j’ai ainsi pu répondre à toutes leurs questions. C’était notre ­rendez-vous du vendredi soir.


FD  : Au départ, vous vous destiniez à devenir championne de tennis. Vous êtes-vous dit que c’était finalement un mal pour un bien que ça n’ait pas fonctionné  ?
CC  : Bien sûr. Je suis convaincue que je n’aurais pas gagné mon premier Koh-Lanta si je n’avais pas échoué au tennis. J’y jouais depuis mes 4 ans et y renoncer a été une immense déception ; mais c’est aussi ce qui m’a donné une rage folle pour me lancer dans l’aventure Koh-Lanta et être victorieuse. Il fallait que j’apprenne de cet échec pour me réaliser ailleurs. Je voulais me prouver que je pouvais briller en dehors d’un court de tennis et l’histoire m’a donné raison. De même, je reste persuadée que si je n’avais pas échoué en 2009, je n’aurais pas gagné en 2018. Ce qui me fait dire qu’il ne faut jamais avoir peur de l’échec, car il peut servir de point de départ pour un truc génial.

FD  : D’où vous viennent cette incroyable ténacité et ce mental d’acier  ?
CC  : Du tennis, qui a été une vraie belle école de la vie, parce qu’on est seul sur un court, qu’il faut puiser au fond de soi les ressources nécessaires pour gagner. Et puis, mes parents n’y sont pas pour rien non plus. Ils nous ont toujours donné, à mon frère, ma sœur et moi, le choix d’assouvir nos passions, en nous laissant nous planter aussi, tout en étant là pour nous soutenir et nous réconforter au besoin. Mais, comme je l’explique dans le livre, le tennis était mon choix, et ils ne m’ont jamais poussée à en faire. Il y a aussi mon caractère. Depuis mon enfance, je cherche à m’améliorer chaque jour, à accomplir de petits pas dans la bonne direction.

FD  : Qu’en est-il de cette tumeur détectée à la naissance de votre deuxième enfant  ?
CC  : On a eu très, très peur. Cette boule était tellement grosse que, lors de l’accouchement, elle empêchait le bébé de sortir. Du coup, on a dû me faire une césarienne en urgence. Ensuite, j’ai subi plusieurs examens, radios, et je ne vous cache pas qu’en attendant les résultats, on a craint le pire. Les médecins ont finalement conclu à une tumeur hormonale, qui avait grossi de manière fulgurante du fait de mes deux grossesses très rapprochées, puisque nos garçons ont à peine vingt mois d’écart. Cette tumeur est a priori bénigne, même si la recherche manque de recul sur le sujet. On n’a pas pu l’enlever compte tenu de son emplacement et des éventuels dommages collatéraux. On m’a alors proposé un traitement sur cinq ans, le même que pour les personnes touchées par un cancer du sein, mais sans aucune certitude que ça fonctionne. Du coup, pour éviter toute complication ou effets secondaires, j’ai choisi de ne rien prendre et de passer une IRM de contrôle tous les deux mois. Aujourd’hui, quatre ans après, je suis désormais suivie une fois par an et heureuse de voir que la tumeur régresse millimètre après millimètre.

FD  : Vous avez toutefois dû renoncer à avoir un troisième enfant…
CC : En effet, chaque grossesse représente un tel bouleversement hormonal que ce serait bien trop risqué. Ça mettrait la vie du bébé, ainsi que la mienne, en grand danger. Alors oui, ça n’a pas été évident à accepter, mais avec Mathieu, nous relativisons en nous disant que nous avons déjà l’immense chance d’avoir deux garçons magnifiques et en pleine santé.

FD  : Etes-vous tentée par d’autres défis, comme de participer à Danse avec les stars, par exemple  ?
CC : Danse avec les stars, j’y ai postulé l’année dernière, sans être retenue. Je ne sais pas danser  ! J’aurais pourtant adoré. Mais il n’y aura pas de quatrième Koh-Lanta, ça c’est sûr, j’en ai fait le tour. C’est quand même une aventure sacrément éprouvante, dont on ne se remet pas aussi bien à 34 ans qu’à 20 ! Mais il y a tant d’autres défis à relever  !


Aller jusqu'au bout,
éd. Flammarion, 18€

Caroline BERGER

À découvrir