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Coluche : C'était l'histoire d'un mec fâché avec l'orthographe

Publié le 14 avril 2006

Philippe Gildas et Maryse viennent de faire une étonnante révélation sur leur grand copain Coluche

Déjà vingt ans que Coluche nous a quittés ! Depuis ce terrible 19 juin 1986 où il s'en est allé pour toujours, nul n'a oublié celui qui brocardait sans pitié les grands de ce monde et n'hésitait pas à mettre sa grande générosité au service de ceux qui ont faim en créant les fameux Restos du cœur...

Aujourd'hui, alors que l'on commémore sa disparition, c'est avec une grande émotion que tous ses amis d'autrefois pensent à lui. Parmi eux, Maryse et Philippe Gildas qui l'ont bien connu, viennent de faire une étonnante révélation. Lui qui se servait des mots comme d'une arme tranchante était fâché avec l'orthographe !

Oui, «c'était l'histoire d'un mec...» qui ne savait pas écrire... C'est avec beaucoup de tendresse que les deux animateurs, Maryse et Philippe, dans l'émission de France 3, Pour le plaisir, ont raconté comment ils s'étaient rendus compte que l'ami Coluche n'avait que de très vagues notions de grammaire et d'orthographe.

->Voir aussi - Coluche : Les 20 ans des Restos du cœur

Philippe travaillait dans un journal quotidien, Le Matin. Il avait rencontré Coluche en 1979, à l'occasion d'un spectacle que le comique donnait au Gymnase. «Je le connaissais, mais je ne savais pas à quel point il s'intéressait aux infos, raconte le journaliste. Tous les jours, il passait à la rédaction, très tôt le matin, chercher des dépêches. Si bien que je lui ai proposé de mettre de côté celles qui pouvaient l'intéresser.» Chaque matin, le rituel se reproduit et, peu à peu, une belle histoire d'amitié se crée entre l'homme de presse et l'humoriste, passionné par l'actualité.

«Trois ans plus tard, poursuit Philippe, quand je suis devenu directeur des programmes et de l'info sur Europe 1, je me suis débrouillé pour le faire venir travailler à la radio.» Maryse, qui anime alors chaque matin une émission en compagnie de Michel Drucker sur la même antenne, tombe sous le charme de ce personnage étrange, vif et... persuasif !

En effet, Coluche, en 1985, doit prendre la tranche 16h/18h sur les ondes de la station de la rue François Ier et veut absolument que la jeune femme se joigne à lui. Maryse a beau lui expliquer que ce n'est pas possible, il insiste, dans son langage fleuri : «M'en fous, tu te démerdes, lui répond-il. Toi, tu viens avec moi !» Et pour finir de la persuader, il lui fait le coup du gosse romantique : «Un soir, je suis rentrée chez moi, dans mon petit appartement et je n'en ai pas cru mes yeux, raconte l'animatrice.

Non seulement le palier était envahi par les fleurs, mais il y en avait tellement que la concierge a été obligée de les ranger sur le trottoir.» C'était le cadeau de Mimi, comme elle appelait Coluche : il avait entièrement dévalisé la boutique de fleuriste de sa maman, Monette. C'est ce charmant épisode qui a permis à Maryse de s'apercevoir que Coluche savait à peine écrire. «C'était très émouvant, a-telle expliqué sur le plateau de France 3. Au milieu de toutes ces fleurs, Coluche avait glissé un petit mot.»

Atouts

On pouvait y lire, écrit de sa main, dans une orthographe approximative «Reste s'il te plaît. Mimi.» «Il avait quitté l'école très tôt, à 11 ans. C'est dans la rue qu'il a tout appris», explique-t-elle. «Il écrivait phonétiquement, poursuit Philippe Gildas. Il fallait lire chaque mot à voix haute pour en comprendre le sens. Mais je pense que c'est sans doute ce qui a démultiplié son sens de l'observation et de l'écoute.»

Des atouts qui ont finalement servi à Coluche bien davantage pour regarder le monde avec humour et sens critique... Même avec des fautes d'orthographe !

Joseph Kovacs

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