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Coluche : La victoire de ses fils après douze ans de combat !

Publié le 26 février 2010

Marius et Romain Colucci luttaient depuis 1998 pour faire valoir les sketches de leur célèbre père Coluche.Marius et Romain Colucci luttaient depuis 1998 pour faire valoir les sketches de leur célèbre père Coluche.

C'est le dénouement d'une affaire qui durait depuis plus d'une décennie. Voilà en effet douze ans que Romain et Marius Colucci se sont lancés dans une bataille judiciaire afin de récupérer les droits d'auteur de plusieurs œuvres de leur père. Il est notamment question de quelques-uns des plus grands sketches de Coluche, comme L'histoire d'un mec, L'auto-stoppeur ou Le schmilblick, dont le succès ne se dément pas.

Vingt-quatre ans après sa mort, l'humoriste continue de séduire plusieurs générations de fans qui ne ratent aucun disque, film, ou livre consacré à leur idole. Les radios et les télévisions n'hésitent pas à rediffuser les irrésistibles textes de l'homme à la salopette, s'assurant ainsi des records d'audience !

On imagine alors très bien l'enjeu financier que représente la possession de droits d'auteurs de Coluche ! Et du même coup la satisfaction de ses deux fils, Romain et Marius, âgés aujourd'hui de 38 et 34 ans quand ils ont appris que la justice leur donnait raison contre le producteur Paul Lederman.

->Voir aussi - Coluche : Il déclenche la guerre à l'école !

Une victoire d'autant plus appréciable que les parties ne se sont pas ménagées durant ces longues années de procédure. Chaque camp n'hésitant pas à s'invectiver par voix de presse : Lederman a traité les enfants Colucci de « petits voyous » au micro de RTL.

Pour sa part, Marius Colucci, lui-même comédien, que l'on a pu voir récemment dans le rôle de l'inspecteur Lampion dans un téléfilm adapté d'un roman d'Agatha Christie, sur France 2, se dit écœuré par l'utilisation de l'image de Coluche, et affirme vouloir défendre la mémoire de son père...

Quant à Romain, le fils aîné, il déclarait l'an dernier dans Le Parisien : « À la mort de notre père, Paul Lederman nous a laissés sans un sou. Il nous a spoliés depuis toujours alors qu'il avait les moyens de nous payer. C'est la raison pour laquelle nous l'avons assigné au civil en 1998. »

Deux ans après la disparition de l'humoriste, en 1986, la mère de ses enfants, Véronique Kantor, avait renoncé aux droits sur l'œuvre de son ex-mari en signant un accord avec la société de Paul Lederman, son producteur, contre une somme de 1.500.000 francs ( 230.000 euros ). Mais ces droits ne couvraient logiquement que la période durant laquelle Véronique avait été mariée avec Michel, de 1975 à 1981.

Pour les enregistrements réalisés avant et après leur union, les droits revenaient normalement aux enfants du comique. Tout cela aurait pu être très simple, cependant, les deux parties ne sont pas tombées d'accord sur le nombre de titres enregistrés « hors mariage » par Coluche.

Enregistrements

C'est surtout la diffusion par PPL, la société de l'ancien producteur et ami de Michel, d'un disque, Coluche, enregistrement public vol. 2 , mis en boîte, selon les deux héritiers, au Café de la gare, avant le mariage de leurs parents, qui pose un problème. Après avoir longuement examiné les éléments fournis par les deux camps, la justice a donné raison aux enfants en considérant que 21 sketches, sur un total de 31 mis en cause, avaient été « fixés » sur un support phonographique avant le 16 octobre 1975. Romain et Marius toucheront donc 1,1 million d'euros sur les 2,5 qu'ils réclamaient, au titre des droits dus depuis 1987.

La sagesse voudrait que l'histoire s'arrête là. Hélas, il n'en est rien. Paul Lederman considère que les enregistrements, qu'il est accusé d'avoir exploités indûment, entrent dans le périmètre des droits cédés par Véronique Colucci à sa société en 1988. Il a déclaré vouloir faire appel de la décision. En attendant, il devra verser la moitié des sommes allouées par le tribunal aux deux enfants de l'humoriste, les magistrats ayant ordonné « l'exécution provisoire » de ce jugement.

L'affaire semble donc loin d'être terminée, d'autant que, de leur côté, les enfants Colucci ont déposé plainte contre la société PPL pour « faux » et « usage de faux » ! Cette première victoire, sur le plan juridique et financier constitue sans nul doute un grand soulagement pour les deux fils de Coluche.

Et, peut-être que, en dignes héritiers de l'artiste Coluche que l'humour et la générosité ont rendu inoubliable, ils auront la bonne idée de reverser une partie des sommes qui leur reviennent aux Restos du cœur... Ce serait sans doute le plus beau des hommages à leur père !

Madeleine Forestier

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