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Corinne Masiero : Elle a refusé un siège à l’Élysée !

Publié le 11 mars 2019

Comme tous ses prédécesseurs, Emmanuel Macron aurait voulu avoir auprès de lui des célébrités du petit écran comme Corinne Masiero. Hélas…

En quelques années, elle est devenue une icône, mélange étonnant et détonnant d’un personnage ne mâchant pas ses mots, d’une comédienne extrêmement douée, et d’une citoyenne révoltée par la misère, qui ne cache pas ses convictions. Avec le capitaine Marleau qu’elle incarne sur le petit écran depuis 2015, elle a créé un personnage de flic atypique, au cerveau brillant, bien protégé par une chapka vissée sur la tête.

La Ch’ti de 55 ans pour qui tout avait mal commencé et qui, après être passée par des moments très difficiles – la rue, la drogue, la prostitution – avec la sensation que rien de bon ne pourrait jamais lui arriver, est aujourd’hui une artiste très populaire, plébiscitée de toutes parts.


Avec un tel parcours, il peut sembler logique que le président de la République, désireux d’aller à la rencontre des Français et d’entendre leurs doléances, ait eu envie de la rencontrer.

Il n’est pas rare, en effet, et pas seulement dans l’Hexagone, que les hauts dirigeants éprouvent envie de se rapprocher des artistes, pensant qu’ils pourraient être à même de leur apporter une vision du monde susceptible de leur échapper. Car ces derniers sentent sans doute mieux que les autres l’atmosphère d’une époque. Un peu comme des éponges, ils absorbent l’actualité et l’interprètent à leur façon, la rendant sans doute plus lisible que dans les comptes rendus de certaines commissions officielles. 

On se souvient, par exemple, que François Hollande avait reçu à l’Élysée le fondateur de NTM, JoeyStarr, en compagnie de Julie Gayet. De son côté, Nicolas Sarkozy était devenu ami avec Johnny Hallyday. Avant lui, François Mitterrand avait aussi reçu souvent des personnalités du monde des arts, comme l’écrivain Françoise Sagan, avec qui il s’entretenait régulièrement, ou encore les chanteurs Renaud et Bernard Lavilliers, ou l’acteur Gérard Depardieu. Il avait même invité à déjeuner Michel Sardou qui, pourtant, n’était pas de son bord politique et n’en faisait pas mystère !

Cette histoire se répéterait-elle aujourd’hui ? Eh bien, pas exactement. Car Corinne Masiero n’a pas voulu honorer l’invitation reçue de l’Élysée !

Pourtant, le 17 février dernier, tout était organisé au palais pour recevoir, dans la salle de projection privée des lieux, l’équipe du film Les invisibles. Réalisé par Louis-Julien Petit, sorti le 9 janvier dernier, il raconte l’histoire de trois travailleuses sociales, à la tête d’un centre d’hébergement pour femmes sans abri, qui vont faire tout leur possible pour aider leurs protégées, malgré la fermeture programmée de ce site.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Les invisibles est une comédie ni larmoyante ni misérabiliste. Le film, qui connaît déjà un vrai succès – avec plus de 1,3 million d’entrées – est tout en nuances et largement nourri par un humour revigorant. Emmanuel Macron et son épouse devaient donc se réjouir de pouvoir assister à la diffusion de cette œuvre sensible qui parle du monde d’aujourd’hui, en compagnie de ses auteurs. Et sans doute comptaient-ils en particulier sur la présence de l’héroïne de ce long-métrage, réputée pour son franc-parler.

Mais si plusieurs acteurs et membres de l’équipe avaient fait le déplacement, comme le réalisateur et les comédiennes Audrey Lamy et Noémie Lvovsky, la désormais célèbre interprète du capitaine Marleau manquait à l’appel ! « On le sait, Corinne Masiero n’a jamais caché son soutien aux “gilets jaunes”. Elle n’a pas souhaité se rendre à cette séance spéciale », a commenté une journaliste sur BFM TV.

Il est vrai qu’en avril dernier, l’actrice avait interpellé Emmanuel Macron sur le plateau de C à vous, au sujet de la misère sociale, l’invitant à « écouter un peu plus les gens dans ce qu’ils vivent ».

La comédienne a en effet connu la détresse des femmes dormant dans la rue, pas en tant qu’actrice faisant des repérages pour un rôle, mais pour de vrai. Elle a enduré cette violence, et sait de quoi elle parle en évoquant les « accidentées de la vie », pour en avoir fait partie.

Sans doute ne trouvait-elle pas cohérent de venir assister à cette projection, confortablement installée dans un siège en cuir, sirotant une flûte de champagne. 

Il est en tout cas très probable que « la » Masiero continue à faire parler d’elle, pour le plus grand bonheur de tous ceux qui l’aiment…

Laurence PARIS

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