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Cynthia Sardou : “Je me suis enfin reconstruite !"

Publié le 25 avril 2021

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© BESTIMAGE Cynthia Sardou et son père Michel Sardou

À l'occasion de la sortie de son roman, Cynthia Sardou s'est livrée à quelques confidences en toute transparence…

Son père, Michel Sardou, a tout récemment été élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur. Il s'est exposé pour l'occasion à un petit Covid, gentiment offert par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, qui lui remettait ses prestigieux insignes. Mais c'est en toute discrétion que sa deuxième fille, elle, sort son troisième ouvrage. Après deux autobiographies, Appelez-moi Li Lou (2005) et Une vie à reconstruire (2014) dans lesquelles elle tentait de mettre des mots sur ses maux et d'extérioriser ses traumatismes, la jeune femme de 47 ans, qui coule depuis de nombreuses années une vie paisible et heureuse au Canada, nous offre un premier roman passionnant intitulé Le Film et paru aux éditions Ramsay. Confidences.


France Dimanche : Comment est née l'idée de ce roman ?

Cynthia Sardou : Ça fait un bon moment que j'y pensais. Malgré la tourmente que nous traversons tous, j'avais envie de faire rêver un peu le lecteur, de l'embarquer dans mon aventure. Mais, comme je le précise au début du livre, ce n'est que pure fiction, tous les personnages et situations sont inventés. Et je suis très touchée, car les premiers retours sont particulièrement positifs.

FD : Vous le dédiez à un certain Laurent Elliot. Qui est-ce ?

CS : C'est un très bon ami qui est décédé du Covid il y a tout juste un an. J'ai souhaité lui rendre hommage parce qu'il faisait partie de la communauté juive au sein de laquelle j'ai beaucoup d'attaches, et dont j'ai tenu à évoquer dans mon livre les valeurs qui sont si importantes sur le plan familial et amical. Je ne suis pas juive, mais j'avais très envie de leur rendre hommage.

FD : À la fin de votre ouvrage, vous remerciez vos parents, votre frère Romain, votre belle-mère Anne-Marie Périer-Sardou… Ces derniers vous ont soutenue dans ce projet ?

CS : Ma famille est avec moi depuis très longtemps et c'était ma façon à moi de les en remercier. Mon frère a été le premier à lire mon livre, à me donner son avis, ses conseils. Mes parents, eux, sont là, à leur manière. Mais, quelle que soit la manière, je tenais à leur montrer combien leur soutien est important pour moi. Et contrairement à tout ce qui a pu être dit ou écrit ça et là, je m'entends très bien avec mon père.

FD : Votre ex-mari, Jean-Claude Bataille, nous confiait il y a deux ans que vous l'aviez quitté du jour au lendemain, sans explication…

CS : Dans cette séparation, j'estime pour ma part avoir appliqué à la lettre la loi et suis en parfaite sincérité dans ma démarche. La procédure de divorce est en cours… Après, chacun dit ou fait écrire ce qu'il veut, ce n'est plus mon problème, et je ne suis pas là pour me justifier. Moi, je suis très fidèle avec moi-même, mon entourage, et j'estime n'avoir rien à me reprocher. J'ai simplement tout mis en œuvre pour être dans le « juste » et le respect mutuel de chacun.

FD : Avez-vous déjà, comme Louise votre héroïne, rencontré un type aussi machiavélique que Kévin ?

CS : Dieu merci non, jamais ! Certes, je me suis un peu inspirée de certaines rencontres de mon existence, que ce soit amoureuses, amicales ou même passagères, mais sans plus. J'ai juste eu envie de parler d'un sujet qui, à mon sens, concerne ou pourrait concerner toutes les femmes. Et puis, 40 ans, c'est comme un point de bascule, un moment de sa vie où il est bon de faire un petit bilan.

FD : Quelle est votre vie aujourd'hui ?

CS : Je suis toujours au Canada et vis la pandémie comme tout le monde. Comme de nombreux entrepreneurs, j'ai dû mettre entre parenthèses ma société de communication. On m'a cependant proposé de travailler au sein du gouvernement canadien, afin de monter au front et d'aller aider le corps médical. Ainsi, j'apporte mon soutien psychologique aux malades, pour leur permettre de traverser cette crise le moins mal possible. Je ne vais pas vous dire que je ferai ça toute ma vie, mais c'est une très belle expérience humaine, quelque chose à vivre.

FD : Donnez-vous toujours des conférences au sujet du terrible drame que vous avez vécu à l'hiver 99 ? (Cynthia s'est fait enlever et violer par trois hommes la veille de Noël.)

CS : Oui, même si avec cette crise sanitaire, il est aujourd'hui très compliqué d'organiser des conférences, tout est à l'arrêt. Alors, on attend que ça reparte. Mais je suis quand même un peu moins active sur le sujet. Il m'a été nécessaire, presque vital même, d'en parler pour extérioriser et me reconstruire. Et puis arrive un moment où l'on éprouve moins le besoin d'en parler, où on en a moins envie, comme pour passer à autre chose.

FD : Étiez-vous parvenue à vous reconstruire ?

CS : On n'oublie jamais vraiment, mais disons que le temps fait son œuvre et on apprend à vivre avec. Donc oui, je me suis en quelque sorte reconstruite, il le faut bien, sinon tout s'écroule et on n'avance pas. Ça fait plus de vingt ans et, désormais, j'aimerais laisser ça derrière moi.

FD : Vous disiez rêver de fonder une famille, d'avoir des enfants. Vous avez aujourd'hui 47 ans, regrettez-vous de ne pas en avoir eu ?

CS : Non, pas du tout. Je n'ai pas réussi à en avoir, et puis le temps a passé et l'occasion ne s'est pas représentée. Ce qui ne m'empêche cependant pas de m'occuper de ma famille.

FD : Quels sont vos projets aujourd'hui ?

CS : J'attends de voir comment mon roman va être accueilli et réfléchis déjà à une suite. De plus, j'ai quelques propositions en communication, mais j'attends que la pandémie se calme et que la vie reprenne. Comme tout le monde, je suis en stand-by. Un pas après l'autre et on verra. Malgré tout, il faut rester positif, car les choses finiront bien par revenir à la normale. Mais pour l'heure, on ne sait pas de quoi sera fait demain, alors on attend…

FD : Tout en restant vivre au Canada ?

CS : Oui, je suis tellement bien ici que j'ai décidé d'y rester. J'aime cette vie loin des paillettes et cancans parisiens, ça me convient très bien. Je ne me sentais plus en phase avec tout ça, j'avais envie de vivre autre chose. Cette autre chose, je l'ai trouvée là où je suis, loin de mes agresseurs, surtout depuis qu'ils ont été libérés… Je n'avais aucune envie d'imaginer pouvoir les recroiser un jour. C'est aussi pour ça que je suis partie, pour mon bien-être.

FD : En quoi diriez-vous que la vie est différente où vous vivez ?

CS : Ici, j'ai créé des choses, monté une société, j'ai de vrais amis en qui j'ai confiance et qui me soutiennent. Les gens sont bienveillants, ils ne vous jugent pas et ne vous condamnent pas sur des a priori. Je préfère mille fois vivre ici et faire des allers-retours pour voir mon père à chacun de ses spectacles ou pièces de théâtre. Je trouve ça beaucoup plus sain de retrouver mes parents ainsi. Quant à moi, je suis bien plus sereine. Les Canadiens ont une autre mentalité, celle de respecter l'existence des uns et des autres, qu'ils soient célèbres ou non. Personne ne vient fouiller dans votre vie pour savoir avec qui vous êtes, avec qui vous sortez… On vous laisse en paix. Moi, c'est ce que je recherchais et je l'ai trouvé. Je me suis reconstruit une vie ici et j'y suis très bien.

FD : De quoi auriez-vous envie pour demain ?

CS : J'accepte ce qu'il se passe et espère des jours meilleurs. Mais sinon, je n'ai pas besoin de grand-chose, je ne demande rien et me contente de ce que j'ai. Ce qui est déjà énorme. Apprécions chaque chose à sa juste valeur.

Caroline BERGER

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