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"D'après une histoire vraie", nouvel ouvrage de Delphine de Vigan

Publié le 16 novembre 2015

Fiction ou réalité ? Dans son nouveau roman, publié fin août, Delphine de Vigan s’amuse avec une intelligence machiavélique à mêler le vrai et le faux, à semer des fausses pistes pour mieux tromper le lecteur.Double

Delphine, n’arrive plus à écrire après le succès phénoménal de son dernier livre. Au cours d’une soirée, elle fait la connaissance d’une femme troublante et séduisante prénommée L., qui va transformer sa vie. Elles sympathisent, se revoient, se découvrent des affinités qui scellent leur amitié.

Au fil des pages, la narratrice s’attache de plus en plus à L., se confie, s’abandonne. Mais cette complicité est trop belle pour être vraie. L. agit en fait comme une araignée qui tisse sa toile. Elle va peu à peu vampiriser Delphine jusqu’à atteindre le point de non-retour.

Mais cette narratrice est-elle le double de la romancière ? A-t-elle vécu l’angoisse de la page blanche décrite dans le livre ? Et si tout était vrai ? Delphine de Vigan a confié se servir de sa propre expérience pour écrire ses livres. Ainsi, pour camper la jeune fille anorexique de Jours sans faim, la romancière a utilisé le journal intime qu’elle a tenu à l’hôpital lorsque, à 17-18 ans, elle souffrait de cette maladie.

De même, Rien ne s’oppose à la nuit relate sa propre histoire, une enquête très intime sur sa mère, la sublime Lucile, fragile comme le cristal, maniaco-dépressive, qui a fini par mettre fin à ses jours. « C’est moi qui l’ai retrouvée morte, c’est d’une violence inouïe. C’est ce qui m’a donné la force d’écrire. Ce livre est un hommage sincère à ma mère », avait-elle confié en 2012 au magazine Marie France.

Son roman D’après une histoire vraie est lui aussi inspiré de faits réels. Le titre, le récit à la première personne d’une femme écrivain prénommée Delphine, qui a pour compagnon François – comme François Busnel, le critique littéraire qui partage sa vie… Tout porte à croire que cet ouvrage s’inscrit dans la lignée autobiographique de ses précédents ouvrages.

Delphine de Vigan

Delphine de Vigan a d’ailleurs avoué que le succès de Rien ne s’oppose à la nuit a été, pour elle comme pour son héroïne, source de souffrance et d’angoisse. « J’ai été prise dans un tourbillon médiatique. C’était fabuleux, mais je n’arrêtais pas de me demander quand ça allait me tomber dessus », se souvient-elle dans Le Monde.

Elle avoue aussi avoir reçu des lettres anonymes, tout comme son personnage, à la sortie de D’après une histoire vraie. Mais dans cet ouvrage aux allures de thriller que l’on dévore jusqu’à la dernière page, tout ne serait qu’illusion. « On se demande si L. existe vraiment, si elle n’est pas un double de la narratrice. Il est possible que Delphine souffre de bipolarité, comme ma mère Lucile », explique l’auteure dans un entretien accordé à France Culture.

Heureusement, la romancière semble s’être remise du choc émotionnel qui a suivi la publication de Rien ne s’oppose à la nuit. Elle croque aujourd’hui la vie à pleines dents, adore les déjeuners entre copines et les dîners entre amis avec son amoureux. Mais c’est aussi une maman comblée et très protectrice à l’égard de ses deux enfants de 18 et 20 ans. Avec eux, elle passe tous les ans des vacances formidables dans une grande maison à Dax, en compagnie de ses amis et de leurs gamins. Son petit faible : les oursons à la guimauve enrobés de chocolat au lait.
Gwenaëlle Keskaven

D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan, éd. JC Lattès, 20 €.

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