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Daniel Auteuil : Une vie secrète de débauché !

Publié le 11 mars 2016

Sous le vernis de l’acteur respectable se cache le passé d’un homme, Daniel Auteuil, qui a brûlé sa jeunesse en se livrant à tous les excès�…

Chemise blanche et veste de dandy à fines rayures : à la ville, Daniel Auteuil cultive une allure très chic. Mais il s’autorise toujours ce brin de fantaisie dans la rigueur, osant par exemple les chaussettes rayées sous le jean. Classe, avec sa chevelure poivre et sel et sa barbe blanche de trois jours, mais légèrement décalé, à l’image de sa filmographie éclectique.

Devenu une figure incontournable du cinéma français, l’acteur deux fois césarisé promène désormais sa silhouette de gentleman-farmer dans des films de plus en plus intimistes, Avant l’hiver de Philippe Claudel ou encore Caché de Michael Haneke, où il incarne des bourgeois ne demandant qu’à sortir de leur routine.

Qualifié de légende vivante, il est même passé derrière la caméra pour revisiter Pagnol avec La fille du puisatier, puis la célèbre trilogie : Marius, Fanny et César.

->Voir aussi - Daniel Auteuil : Victime d'un très grave accident de voiture

À 66 ans, le monstre sacré est un homme rangé, habitant un appartement feutré sur la très sélecte île Saint-Louis à Paris. Un papa aimant très proche d’Aurore, 34 ans, née de sa relation avec Anne Jousset, de Nelly, 23 ans, que lui a donnée Emmanuelle Béart, et complètement gâteux devant son petit dernier, Zachary, 6 ans dont il a épousé la maman, Aude Ambroggi, peintre et sculptrice.

Le Bébel des Sous-doués s’est sacrément assagi. Ah ! qu’il semble loin le temps où il faisait le pitre dans les comédies potaches de Claude Zidi. C’était il y a plus de trente-cinq ans, et le tout jeune acteur en faisait des tonnes pour amuser la galerie, n’hésitant pas à se balader quasiment nu devant une Maria Pacôme médusée.

Il a alors 30 ans et traîne déjà un passé très rock’n’roll. Aujourd’hui, comme pour casser le mythe, l’icône ose enfin évoquer sa jeunesse dissolue. « Je sors très peu. Les vieux en boîte, c’est pathétique. Mais je suis beaucoup sorti autrefois. J’ai adoré ça », avoue-t-il à un autre fêtard repenti, Frédéric Beigbeder, dans le magazine Lui.

À la fin des années 60, il commence sans conviction des études de géomètre à Avignon mais rêve de brûler les planches comme ses parents, chanteurs lyriques. Pour se faire de l’argent de poche, Daniel Auteuil est disc-jockey dans une boîte de nuit à Eygalières, La jasse. Il passe les Stones, Michel Polnareff et emballe les filles sur des slows.

1968 est l’année de tous les excès. Une nuit, à la sortie de la discothèque, au volant de sa voiture, le jeune homme s’amuse à brûler les stops. L’accident, qui aurait pu lui coûter la vie, ne le calme pas pour autant. La piste de danse d’Eygalières ne lui suffit plus. Pour le petit gars d’Avignon, Saint-Tropez, alors fréquenté par la bohème chic, c’est l’eldorado. Pour loger sur place, l’aventurier fauché investit dans une tente.

Ambianceur

Le Byblos, sorte de palace néoprovençal, vient d’ouvrir ses portes avec une boîte de nuit, Les caves du roy, où traînent des habitués triés sur le volet : Gunter Sachs, Eddie Barclay, Mick Jagger… Grâce à ses talents « d’ambianceur », le campeur y fait son trou. Dans une atmosphère de débauche, on y descend du champagne millésimé en fumant des cigarettes qui font rire, ce qui ne déplaît pas à Daniel Auteuil, toujours prêt à rigoler un bon coup.

Mais, après avoir trinqué jusqu’à l’aube avec la jet-set, pas question pour l’Avignonnais de retrouver son sac de couchage. Alors, ce dragueur impénitent recourt à une méthode imparable pour trouver un toit : « Je rentrais en stop au camping ! Mon but était de trouver une femme pour me loger. »

Gigolo

L’apprenti gigolo monte ensuite à Paris pour tourner ses premiers rôles sans pour autant oublier le nightclubbing. Au début des années 80, le noctambule devient un pilier de l’Élysée-Matignon, une boîte du triangle d’or, fréquentée par le show-biz. Gainsbourg et Roman Polanski y viennent tous les soirs. Autant dire qu’il y règne un parfum de soufre tout à fait stupéfiant.

Les dealers du Tout-Paris y sont reçus à bras ouverts. La cocaïne déferle sur la capitale et les noceurs opulents passent leurs nuits le nez dans la « blanche ».

Daniel Auteuil réside alors au 70 rue de Ponthieu et l’Élysée-Mat’ devient « sa deuxième maison ». « J’y buvais et je prenais aussi tout le reste, je n’ai pas honte de le dire, révèle-t-il, toujours dans Lui. Un matin, en rentrant chez moi dans un sale état, j’ai croisé un éléphant rue de Ponthieu ! Je me suis dit : “Cette fois, j’arrête les conneries !” Mais c’était un vrai éléphant du Lido qui rentrait par l’entrée des artistes. »

Se souvenir de ses frasques passées l’amuse. On le sent tenté de renouer avec cette insouciance. Pour l’heure, la star (trop ?) assagie revient à la comédie dans L’envers du décor, une pièce de Florian Zeller. Face à Valérie Bonneton, il prend un plaisir jubilatoire à refaire le comique.

Et si, tapi sous le costume de tweed, le Bébel des Sous-doués, Daniel Auteuil ne demandait qu’à ressurgir ?

Sophie Marion

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