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Daniel Lauclair : “Henri Salvador jouait aux boules jour et nuit !”

Publié le 11 août 2018

A 72 ans, l’ancien journaliste sportif Daniel Lauclair qui a fréquenté tout le show-biz nous livre en exclusivité ses secrets…

Il a quitté le service des sports de France Télévisions en décembre 2016.

Mais depuis un an et demi, Daniel Lauclair, qui porte haut ses 72 ans, est plus actif que jamais, et continue allègrement de fréquenter les stars !

l faut dire qu’en quarante ans de carrière à la télévision, le beau gosse du service des sports est devenu l’ami des plus grands et, en matière de fêtes ou d’événements médiatiques, il s’y entend comme personne…

La sixième édition du Trophée de la pétanque gastronomique qui s’est déroulée du 26 au 28 juin lui doit une grande partie de son succès.

Cette manifestation réunit des artistes, des hommes politiques, des industriels, des sommités médicales et des maîtres de l’art culinaire.

« Pendant trois jours, au Paris Yacht Marina (au port de Grenelle), nous a expliqué Daniel, c’est “la croisière s’amuse” sur les quais de Paris. »

Tout un programme !

Une joie de vivre jusqu’au bout de la nuit que Lauclair a pratiquée dès son plus jeune âge.

A peine revenu du service militaire dans les commandos de marine, ce fils unique du plus grand glacier, confiseur, chocolatier, pâtissier de Paris, sortait tous les soirs dans les discothèques à la mode, fréquentées par Johnny, Carlos, Delon, Belmondo.

« Combien de fois je me suis retrouvé à six heures du matin, après avoir fait la fermeture de la boîte animée par Dani, L’aventure, alors que je devais être frais et dispo quelques heures plus tard à la rédaction… », nous a-t-il raconté.

Alors que ses amis rentraient se coucher aux premières lueurs de l’aube, lui allait proposer ses sujets !

« Mon père a travaillé dur toute sa vie, il considérait qu’être journaliste n’était pas un métier. “Tu vends du vent”, me disait-il. »

Pourtant, Daniel n’a pas ménagé ses efforts.

Et pour aller au bout de ses rêves, un acteur célèbre l’a bien aidé : « J’ai commencé à la télévision avec la boxe et les courses de chevaux. J’étais Monsieur Courtines. C’est mon ami depuis quarante ans, Jean-Paul Belmondo, qui m’a fait connaître toutes les salles de boxe. C’est à lui que je dois ma rencontre avec Cassius Clay au Madison Square Garden de New York. »

Célébrités

Avec Michel Drucker, Daniel a été le dernier poulain du grand Léon Zitrone, mais c’est Raymond Marcillac qui l’a recruté pour son émission dominicale, Télé Dimanche.

Il a d’ailleurs étonné tous ses camarades des sports en se proposant de couvrir le championnat de pétanque qui se déroulait à Montauban.

Quarante ans plus tard, il est animé du même enthousiasme quand il parle de ce jeu : «C’est le premier sport de loisir en France avec quinze à vingt millions de pratiquants, et il abat les barrières sociales. La pétanque est née du côté de La Ciotat il y a une centaine d’années, près de Marseille, pourtant ce sont les gens du Nord qui sont les plus forts. J’ai été le premier journaliste à avoir diffusé un championnat à la télé. Je travaillais alors pour Raymond Marcillac qui demandait à chaque membre de son équipe de lui proposer une idée. C’est comme ça que j’ai obtenu ma première rubrique. »

« Ma plus belle réussite, poursuit-il, c’est quand, en 2010, j’ai réussi à imposer à France 3 la finale de la Marseillaise sur le Vieux Port. Elle était diffusée sur le réseau national, en différé de 23 h 45 à 1 h 15 du matin. Nous avons fait une audience de 1,5 million de téléspectateurs, un record ! Il faut dire que j’ai eu de la chance, avec un tout jeune champion du monde français de 19 ans, Dylan Rocher ! »

Sa passion pour les boules a gagné tout le Gotha, du prince Albert de Monaco au professeur Cabrol, en passant par Robert Wagner et Stéphanie Powers, Barry White, James Coburn, Gina Lollobrigida, Daniel Auteuil, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo ou encore Johnny Hallyday.

Ils l’ont tous rejoint lors de ses fameux tournois de pétanque des célébrités.

Daniel Lauclair doit à ce sport populaire ses plus grandes rigolades, notamment avec Henri Salvador : « Il avait une maison à Cannes où il séjournait l’été. Henri jouait dans son jardin… la nuit ! Les riverains de la place de l’Étang sont allés se plaindre à la mairie du bruit que faisaient les boules ratées, celles qui heurtaient les planches de bois qui délimitaient le terrain. Il a fini par déménager à Saint-Cyr-sur-Mer, et a installé son terrain loin des habitations. Quand je lui téléphonais, il me disait : “Tu peux me rappeler ? Je suis au bureau”. En fait, il jouait, c’était l’occupation la plus importante de sa journée ! »

Souvenirs

La seule fois où Henri Salvador ne l’a pas fait rire, c’est évidemment le jour de sa mort, le 13 février 2008.

« Ses obsèques ont eu lieu un samedi, nous a raconté Daniel. Son cercueil a quitté la place Vendôme, porté par six champions du monde de pétanque. C’était le moins que je puisse faire. »

Autre moment particulièrement émouvant, Le bal de la rose au Sporting Club de Monaco, le 31 mars 1995 : « Chaque fois que j’animais l’événement par amitié pour le prince Albert, j’avais l’honneur d’ouvrir le bal avec l’une de ses invitées. Cette année-là, j’étais le cavalier de Claudia Schiffer. Je venais d’apprendre la mort de mon père. J’ai snobé la plus belle femme du monde. »

Au cours de sa carrière, Daniel n’a pas commenté que les manifestations sportives.

Ainsi, le show de son ami Johnny Hallyday au Stade de France à Saint-Denis reste l’un de ses grands souvenirs : « Michel Drucker venait d’hélitreuiller Johnny. Je lui ai demandé de donner ses impressions pour les téléspectateurs. Johnny s’est penché vers moi et m’a dit en riant : “Tu as eu tort de donner le micro à Drucker, il ne va jamais te le rendre ! »

Dominique PRÉHU

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