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Danièle Evenou : “Je ne croyais plus avoir le droit au bonheur !”

Publié le 25 octobre 2014

Depuis la mort de son mari, Georges Fillioud, il y a trois ans, l’actrice Danièle Évenou s’était retranchée dans son chagrin. Mais sa rencontre avec Jean-Pierre Baiesi lui a redonné le sourire…

Avec la disparition de son mari Georges Fillioud, le 15 septembre 2011, après trente ans de bonheur, notre inoubliable Marie Pervenche avait perdu son enthousiasme et sa bonne humeur légendaire. Pire encore, Danièle Evenou n’avait plus envie de vivre. Aujourd’hui, au bras de Jean-Pierre Baiesi, son nouvel amour, on devine de nouveau de petites étoiles dans ses yeux.

Un bonheur tout neuf qu’elle nous fait cependant partager avec beaucoup de timidité. Car une question la taraude plus que jamais : « En ai-je le droit ? »

France Dimanche (F.D.) : On vous a récemment vue rayonnante, comme toujours, et en charmante compagnie… Pouvez-vous nous en dire plus ?

Danièle Évenou (D.E.) : Vous n’êtes pas les seuls à avoir remarqué que j’ai retrouvé le sourire. Mon entourage dit que mes yeux rient de nouveau. Ces trois années ont été si terribles pour moi. Avec la disparition de Georges il y a trois ans, celle de mon frère six mois plus tard, puis de la fille de Georges, j’ai eu beaucoup trop de décès autour de moi. Alors je me suis enfermée dans mon chagrin, j’ai refusé de nombreux projets professionnels, car je ne m’en sentais plus la force. Surtout, je n’avais plus le goût, plus l’envie de rien. Donc oui, je peux dire que Jean-Pierre m’a sauvé du désespoir. Il m’a redonné foi en la vie et l’espoir en un possible avenir.

F.D. : Comment vous êtes-vous rencontrés ?

D.E. : Vous savez, j’ai du mal à en parler… C’est la première fois ! Nous nous sommes rencontrés au mois de juin, au cours d’un dîner chez des amis communs. Il travaille dans le cinéma, il est monteur. Grand passionné de deux-roues, il m’a fait découvrir la moto, et j’adore ça ! Moi qui n’étais jamais montée sur un engin pareil, maintenant je le suivrais partout. Sur sa Goldwing, il peut m’emmener au bout du monde ! Mais ai-je le droit à tout ça ? C’est la question que je ne cesse de me poser. Tous mes proches me disent oui. À moi maintenant d’arriver à l’accepter, à ne plus avoir envie de disparaître. Juste regarder vers la lumière.

Evenou tailleur bleuF.D. : Cette lumière qui vous fait revivre…

D.E. : Oui, je me suis remise à sortir. Ça, c’est un signe. Ce soir [mardi 30 septembre, ndlr], nous allons au théâtre ; dimanche dernier, nous assistions à la remise de la Légion d’honneur à Jean Nainchrik [producteur et réalisateur de cinéma, ndlr] par Michel Drucker au Pavillon Gabriel à Paris, avec tous les proches de Georges d’ailleurs ; et le lendemain, nous étions à la soirée donnée en l’honneur de Gisèle Casadesus. Elle a dit des choses formidables : « Ne jamais s’endormir fâché à côté de la personne que l’on aime. Ne pas chercher les guerres, chercher la paix. Ne dit-on pas que pour rendre les autres heureux, il faut l’être un peu soi-même ? » Quelle belle leçon de vie elle nous a donnée ! À 100 ans, elle va remonter sur scène, et toute son existence aura été consacrée à son métier et à l’amour, beaucoup d’amour. Elle a été mariée soixante-dix, soixante-quinze ans, je ne sais plus ! [soixante-douze ans au comédien Lucien Pascal, décédé en 2006, ndlr]. Quel exemple ! Elle irradiait de bonheur, de vie, c’était magnifique ! Il faut tout doucement que je parvienne à accepter ce qu’elle m’offre aujourd’hui.

F.D. : Avez-vous l’impression d’avoir retrouvé vos 15 ans sur la Goldwing ?

D.E. : 14 et demi ! (Rires.) Aujourd’hui, je pense avoir droit à ce bonheur, moi qui n’avais plus du tout envie de vivre. Vraiment ! Quand on a vécu trente ans de passion comme avec Georges, on n’y croit pas. D’ailleurs je sais que j’ai l’accord des siens, ce qui est capital pour moi. Ils ont été les premiers au courant, et je compte bien leur présenter Jean-Pierre très vite. Les enfants et petits-enfants de Georges resteront toujours ma famille. Sans ça, je ne pourrais pas être heureuse. Tout comme la famille de Jacques [Jacques Martin, père de ses deux fils, Frédéric, 41 ans, et Jean-Baptiste, bientôt 38 ans, ndlr] dont je suis restée très proche également. Ce sont mes familles. J’aime quand tout le monde se rencontre, se retrouve à la maison. Et comme j’ai une grande maison, c’est formidable !

Caroline Berger

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