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Danièle Gilbert : " Je remercie le ciel d'être en vie !"

Publié le 7 août 2020

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Pour Danièle Gilbert, cette animatrice mythique qui adore les gens, le contact et les bisous, le confinement n’a vraiment pas été une partie de plaisir…

Comme bon nombre de gens du spectacle, Danièle est triste d’avoir été privée de ses animations estivales et de ne pas avoir pu donner la réplique à ses camarades, Sophie Darel et Évelyne Leclercq, dans la comédie Les 3 Glorieuses. Alors, elle espère de tout cœur que la pièce reprenne à la rentrée. Néanmoins, elle reste très prudente face au virus et déplore le comportement de certains. Elle remercie aussi le ciel que son Patrick, décédé en octobre 2018, n’ait pas vécu ce drame.


France Dimanche : Bonjour chère Danièle, nous souhaitions prendre de vos nouvelles après ces longs mois de confinement…

Danièle Gilbert : Écoutez, je vais bien, merci. J’ai respecté les mesures barrières à la lettre, et continue de le faire d’ailleurs, car il en va de notre santé à tous. Bien sûr, j’étais un peu frustrée, car que ce soit pour la pièce de théâtre que je venais de débuter, Les 3 Glorieuses, ou les foires que je devais animer en France, j’avais beaucoup de dates et toutes ont été reportées ou annulées. Mais bon, c’est ainsi, réjouissons-nous d’être en vie et que toute la famille aille bien. C’est ce qui m’importe le plus. Pour le reste, on patiente… Mais il faut bien reconnaître que notre métier, le spectacle vivant, est vraiment tout le contraire du confinement.

FD : Il vous a fait peur, ce virus ?

DG : Non, c’est surtout l’incertitude qui est déstabilisante. Mais je crois que si l’on fait bien attention, ça ira. Je trouve juste un peu désolant de voir certains assimiler le déconfinement à la liberté. Bien sûr que c’est contraignant de mettre son masque, ses gants, de ne pas trop s’approcher les uns des autres, mais ça vaut la peine de tenir bon encore un peu. Nous ne sommes pas de retour dans notre vie d’avant… D’ailleurs, heureusement qu’il y avait le téléphone, Skype, FaceTime, etc., ça a permis aux gens de rester en contact, et nous étions d’ailleurs peut-être plus en contact durant le confinement qu’en temps normal. J’ai le sentiment que nous étions finalement plus ensemble, tout en étant éloignés. Ça nous a rapprochés. Beaucoup se sont trouvés ou retrouvés, et je trouve ça beau !

FD : Vous l’avez vécu seule, ce confinement ?

DG : Oui, chez moi, à Boulogne. C’est petit, mais j’ai beaucoup de chance d’avoir une vue sur la verdure. Et puis, j’avais beaucoup de gens au téléphone, dont ma famille. Donc non, je ne peux pas dire que j’ai mal vécu cette solitude un peu forcée. Je souffre toujours du fait que Patrick soit parti il y a un an et demi… On était si fusionnels, tout le temps ensemble. Les gens pensaient que c’est lui qui me suivait partout, mais c’était surtout l’inverse. Moi qui ne suis déjà pas casanière, mais alors lui, c’était encore pire, il adorait sortir, aller dîner au restaurant, voir du monde, la foule.

FD : Vous avez bon espoir de reprendre vos activités prochainement ?

DG : Oh oui ! Normalement, on reprend la pièce en octobre. Pour les foires et les animations, c’est bien sûr reporté à l’an prochain. Sinon, je fourmille d’autres projets, mais dont je ne peux pas encore parler. Et puis, je ne veux pas me réjouir trop vite, pour ne pas porter malheur à tout ça. Mais le public a besoin de spectacle, de rire, de se divertir, surtout en ce moment…

FD : Vous aimez toujours autant ce contact avec le public ?

DG : Oh oui ! C’est ce qui me fait vibrer dans ce métier. Pour moi qui suis proche des gens, « bisous » en veux-tu, en voilà, ce confinement n’était vraiment pas un cadeau. Mais bon, il faut s’adapter, que voulez-vous.

FD : Sans compter que financièrement, ça doit commencer à devenir compliqué…

DG : C’est sûr que le monde du spectacle a vraiment trinqué. Les artistes, bien sûr, mais surtout tous ces professionnels de l’ombre sans qui nous ne serions rien. Car comme j’aime le dire : « On ne peut voir ce que l’on voit que parce qu’il y a ceux que l’on ne voit pas… » C’est donc à eux que je pense particulièrement en ce moment. Et je crains malheureusement que ce ne soit toujours pas fini. Je ne suis pas économiste, mais lorsque j’entends parler de plans de licenciement, de suppressions d’emploi, ça me fait beaucoup de peine pour tous ces gens. Mais, on n’y peut rien. Bien sûr, on peut critiquer la manière dont la crise a été gérée, mais personne n’est responsable de l’arrivée de ce coronavirus qui est quand même une vraie saleté. Ça fait partie des impondérables de la vie. Et je ne suis pas du genre à me révolter contre des choses pour lesquelles on ne peut rien.

FD : C’est vrai qu’on ne s’attendait pas à un truc pareil…

DG : Non. Et en même temps, lorsque j’ai vu avec effroi, il y a quelques mois, s’effondrer dans les flammes la flèche de Notre-Dame, ça m’a fait une peine immense. Et je me suis dit au fond de moi que c’était peut-être un signe voulant dire : « Maintenant, ça suffit ! Arrêtons nos conneries, sinon ça va mal finir… » Je trouvais que ça ressemblait à un avertissement. Mais bon, ce sont mes élucubrations à moi, on ne se refait pas… Néanmoins, quand on s’est souhaité « Bonne année 2020 », on n’imaginait vraiment pas à ça !

FD : Avez-vous songé à ce qu’en aurait pensé Patrick s’il avait été là ?

DG : Oh la la, ça aurait été impossible ! Patrick aimait tellement sortir, aller au restaurant, bouger, voir des gens… Non vraiment, heureusement pour lui qu’il n’a pas vécu cette période-ci, ça aurait été atroce. Il aurait été tellement malheureux.

FD : Cet été, prendrez-vous un peu de vacances ?

DG : Non, je vais faire quelques petits sauts de puce à droite à gauche pour rendre visite à des amis, mais sans plus. Je n’aime pas les vacances ! Moi, je suis en vacances quand j’exerce mon métier. Je déteste ne rien faire, je tourne vite en rond. Avant ce confinement, je n’étais jamais, de toute ma vie, restée aussi longtemps à la maison. J’ai besoin de dépenser mon énergie ! Je ne peux pas rester les deux pieds dans le même sabot, ni laisser mes neurones s’endormir… Et plus on avance en âge, plus il faut les préserver, ceux-ci.

FD : Qu’avez-vous fait une fois déconfinée ?

DG : Oh, je ne suis pas allée faire la fiesta, juste retrouver ma famille. C’est ce qui m’importait et me manquait le plus. Et m’inquiétait aussi beaucoup, je souhaitais de tout cœur qu’aucun d’entre eux ne soit touché. Et Dieu soit loué, personne ne l’a été. Mais bon, ne sautons pas de joie pour autant, car ce n’est pas fini. Nous devons vraiment continuer à être raisonnable. Pour ma part, je vais juste rester la Rambo des lingettes et des masques ! Je pense que la chose qui pourrait nous permettre de revivre comme avant, c’est la découverte d’un vaccin. Sans cela, nous sommes contraints de continuer ainsi… Et puis, tout ça nous a aussi fait prendre conscience de l’essentiel et qu’il faut arrêter d’attacher de l’importance à des petites conneries… Moi je suis une éternelle optimiste, donc je suis sûre que ça va s’arranger… Mais, on peut déjà commencer par dire merci d’être en vie !

Caroline BERGER

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