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Danielle Moreau : Vieille fille et fière de l’être !

Publié le 20 juillet 2018

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À 54 ans, Danielle Moreau, cette grande voix de la radio, passion qu’elle évoque dans son nouveau livre, revendique son style de vie.

L’ancienne chroniqueuse de Cyril Hanouna et la complice de Stéphane Bern pendant douze ans sur France Inter dans Le fou du roi, puis sur RTL dans À la bonne heure ! a évoqué pour nous son livre, Les enfants de la radio (Hors Collection).

Danielle Moreau nous a reçus dans un spa rue Pierre-Charron, près de l’avenue des Champs-Élysées, en nous confiant que ces soins étaient le seul luxe qu’elle s’accordait.

France Dimanche : Vous êtes chroniqueuse, dans l’émission C’est au programme, animée par Sophie Davant…

Danielle Moreau : Je suis sur France 2 depuis vingt ans. Je m’occupe de tous les invités culture de l’émission et j’y tiens une chronique depuis deux ans, Parfum d’enfance. Je replonge des personnalités dans leur jeunesse. Je les interroge quinze jours avant l’émission, ensuite je cherche des images pour illustrer leurs propos et, sur le plateau, je les confronte à ces visuels. Sheila m’avait évoqué son travail avec ses parents sur les marchés, et quand je lui ai passé un extrait de film dans lequel son père parle, elle a été très émue. Arielle Dombasle a regardé une vidéo avec des arbres pris dans une tempête. Or, c’est lors d’une nuit très ventée, à 11 ans, qu’elle a perdu sa mère. J’ai vu pleurer Omar Sy, quand je lui ai montré un petit magnétophone. Cet objet lui a rappelé que sa famille restée au Sénégal, enregistrait des messages sur cassettes, faute de savoir lire et écrire.

FD : Vous vivez toujours avec votre mère, Jocelyne ?

DM : Je suis célibataire, sans enfant. à 54 ans, je vis dans la chambre où je suis née, à Fontenay-aux-Roses. Et je revendique l’expression « vieille fille ». J’ai la mère la plus célèbre du PAF, parce que j’en parle dans toutes mes chroniques. Mon père, qui travaillait dans la communication chez Thomson, est mort d’un cancer des poumons à 45 ans, l’année de mes 12 ans. Maman, la femme la plus libre du monde, n’a jamais travaillé de sa vie. Elle m’encourageait à sécher l’école, je devais insister pour y aller.

FD : Comment avez-vous découvert l’univers de la radio ?

DM : Quand j’ai su que l’on pouvait assister aux émissions, j’ai commencé à sécher les cours pour aller voir celle de Pierre Bellemare sur Europe 1. J’étais fascinée par ce milieu totalement inaccessible. Et un jour, ma mère a appris que la radio recrutait par le biais d’une agence d’intérim, dans laquelle je me suis inscrite. Je faisais un BTS de secrétariat de direction par correspondance et je prenais des cours de théâtre à l’université, ce qui m’a permis d’être hôtesse d’accueil et standardiste. Ces petits boulots me comblaient de bonheur. Mais le chemin a été très long avant de pouvoir faire mes débuts à l’antenne, sur Europe 1. J’ai été d’abord assistante de production à la télé, sur France 2, et mon patron, William Leymergie, qui connaissait tout de moi, ma vie avec ma mère, ma peur des chiens, mon obsession pour Barbara que je suivais dans ses tournées, ma hantise des tunnels, des avions et des ascenseurs, m’a proposé de devenir chroniqueuse.

FD : Pourquoi avoir écrit ce livre ?

DM : Je croyais être la seule à aimer la radio, mais j’ai découvert que Michel Cymes et Dominique Farrugia étaient aussi dans le public pour écouter Pierre Bellemare. Ces enfants de la radio partageaient la même passion que moi. Comme Patrick Sabatier, avec qui j’ai travaillé à RMC. Il m’a raconté que, quand il avait 15 ans, son père, marchand des quatre saisons, le déposait devant RTL rue Bayard, à 6 heures du matin, avant de se rendre aux Halles. Puis, il revenait à 8 heures chercher son fils pour l’emmener à l’école. Patrick écoutait son idole Maurice Favières sur son transistor et le voyait sur l’écran de contrôle. Un jour, le vigile l’a fait entrer, et il a rencontré Maurice, qui lui a donné plusieurs pubs à enregistrer pour s’exercer, en lui disant de revenir avec une cassette. Ses parents étant pauvres, Patrick a travaillé tout l’été pour pouvoir s’acheter un magnétophone. Quand il est repassé avec sa cassette, Maurice lui a dit qu’il avait une voix souriante, grâce à laquelle il a fait, pendant quinze ans, les beaux matins de RTL.

FD : Qui vous a le plus aidée ?

DM : William Leymergie est mon papa de télé. Il m’a donné des conseils : « Parle moins vite, respire ! » Comme je fais souvent rire dans les bureaux, Sophie Davant a eu l’idée de me mettre à l’antenne. Et Patrick Sabatier a stimulé ma créativité.

FD : Qu’aimeriez-vous changer ?

DM : Si je le pouvais, je remettrais à l’antenne les feuilletons radiophoniques. J’écrirais des rôles pour Laurent Ruquier, Stéphane Bern ou Michel Cymes, qui sont très bons comédiens. Je vais faire breveter cette idée !

Anita BUTTEZ