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Dany Boon : II a vraiment crevé la faim

Publié le 21 mars 2008

La Ch'timania continue. L'incroyable succès de "Bienvenue chez les Ch'tis", de et avec Dany Boon, est en train de faire de lui l'un des hommes les plus riches de France

Personne n'aurait pu imaginer un tel succès. Même pas lui ! Et pourtant, avec son Bienvenue chez les Ch'tis, Dany Boon tombe les records. Son film réalise en effet l'un des plus gros démarrages en salles, avec plus de 8 millions de spectateurs après seulement... douze jours d'exploitation !

Un score phénoménal qui, évidemment, rapporte gros. Très gros. Le comédien serait même en passe de devenir l'un des hommes les plus riches de France ! Et dire qu'à ses débuts, notre petit gars du Nord a eu du mal à joindre les deux bouts ! Pire encore ! Dany Boon a vraiment crevé la faim !

->Voir aussi - Dany Boon : Corrigé par sa femme

Lui qui a grandi dans un milieu très modeste a quitté tôt le nid pour voler de ses propres ailes. Mais est tombé de haut. Jugez plutôt : en 1985, Dany décolle de sa ville natale, Armentières, pour atterrir dans la capitale, où il souhaite prendre des cours de comédie et tenter sa chance comme humoriste.

Cruelle désillusion !

Le jeunot qui rêvait de mener la belle vie déchante. « J'ai eu une période très dure en arrivant à Paris, a-t-il raconté sur le plateau de T'empêches tout le monde de dormir. J'avais 23 ans, je quittais le Nord, une région où il existe une humanité et une entraide extraordinaires ...» Or, le contraste des mentalités est saisissant. Et Dany peine à s'adapter : « Mon arrivée dans la capitale a été un choc. Cette ville est très belle, mais violente. Quand on arrive sans rien et qu'on se retrouve avec moins que rien, c'est difficile !»

Très vite, l'élève du cours Simon n'a plus un sou. Et doit faire la manche pour survivre : « Je faisais des spectacles de rue, et je récoltais de la menue monnaie. Dès que j'arrivais dans un magasin avec mes petites montagnes de pièces, cela embêtait les commerçants !»

Dur de faire face à une telle situation. Surtout lorsqu'on est traité comme un moins que rien. « Un jour, se souvient très bien le comédien, il me manquait 5 centimes pour m'acheter du pain. Et j'ai fait semblant de fouiller dans mes poches en sachant que je n'avais rien. Des gens s'impatientaient derrière moi. Au bout d'un moment, la boulangère m'a jeté la baguette à la figure !» Ce mépris dont il a été la victime, Dany a visiblement du mal à le digérer : « J'ai été si humilié que je me suis dit : un jour, j'achèterai cette boulangerie...»

Privations

Malgré les privations et les vexations quotidiennes, l'humoriste en herbe tient bon. Il refuse même d'appeler ses parents à la rescousse. « Mon repas, c'était une demi-baguette de pain et un litre de lait par jour, a-t-il confié au Parisien. Je n'avais rien, mais je racontais à ma mère que tout allait bien...»

Aujourd'hui, cette période de sa vie est remisée au placard, rayon « mauvais souvenirs ». Mais sans doute cette triste expérience a-t-elle marqué Dany Boon à jamais. Car depuis, rien ne pourra changer le comédien. Ni la gloire ni la fortune. Même avec un compte en banque bien garni, il reste le même. Un homme simple et généreux, comme en témoignent ceux qui l'ont toujours connu.

Ainsi, dans Télé Loisirs, Sylvie, qui tient la friterie de la Grand-Place d'Armentières, s'étonne : « J'étais à l'école maternelle avec lui. C'est fou qu'il soit monté si haut. Et tout en restant accessible. À chacune de ses visites, il vient ici chercher son cornet de frites et sa fricadelle !»

Bref, aujourd'hui, Dany Boon fait l'unanimité. Et pas que dans le Nord, dans tout l'Hexagone ! Alors plus besoin d'acheter la fameuse boulangerie : le Ch'ti tient déjà sa revanche, non ?

Ça n'aurait pas dû être Kad Merad... Kad Merad, alias Philippe Abrams, est l'un des personnages clés de Bienvenue chez les Ch'tis. Et pourtant, le rôle ne lui était pas destiné au départ. Il aurait été proposé en premier à Daniel Auteuil, José Garcia, Jean Dujardin et Jean-Paul Rouve. Aujourd'hui , ces quatre-là peuvent s'en mordre les doigts !

Le ch'ti tour

Faites donc un « ch'ti tour » à Bergues... Des balades de 1 h 30 permettent aux visiteurs de redécouvrir, en vrai cette fois, le beffroi, la friterie qui fournissait la baraque à frites installée sur la place, la fameuse tournée à vélo, l'ancien bâtiment Gaz de France transformé en Poste... Rien n'a été oublié pour cette visite typiquement ch'ti ! (Informations : 03 28 68 71 06 Tarif : 3, 50 euros).

Le panneau de Bergues volé

Ce sont les risques de la célébrité : Bergues vient d'être victime d'un vol de panneau de signalisation ! Le larcin a eu lieu le 7 mars dernier, laissant la mairie ébahie. Les fans des Ch'tis sont prêts à tout pour un souvenir du film ! Même à l'illégalité...

Biloute dans le dictionnaire

L'expression « biloute », largement employée dans le film, pourrait faire son entrée dans le dictionnaire Robert de 2009 ! Signifiant « mon gars », « tête de noeud » ou... « petite bite » selon le contexte, biloute pourrait aisément prendre sa place dans le langage courant, tant le phénomène ch'ti prend de l'ampleur au fil des entrées enregistrées par le film...

Le beffroi avec la banderole

Les ventes du mini beffroi (d'où Dany Boon sonne le carillon) ont littéralement explosé. Mais les adorateurs des Ch'tis en veulent toujours plus... Ainsi, ils ont demandé à ce que la romantique banderole « Annabelle, je T'M, épouse-moi. Biloute » soit ajoutée sur le monument miniature ! Et les fabricants se sont pliés à l'injonction... De quoi donner des idées à de nombreux amoureux !

La maroillesmania

Line Renaud le souligne bien dans le film : « Ch'est moins fort din l'bouque qu'à l'odeur . » En tout cas, le maroilles , fromage ch'ti , est lui aussi devenu culte. Chez les producteurs, les ventes ont augmenté de près de 30 % et les commandes en direction de la région parisienne ou encore du Lot se sont multipliées ! Merci Dany Boon. Reste à savoir s'ils « l'trimpe din l'café », car comme le souligne Kad Merad : « C'est aussi fort dedans qu'à l'extérieur ...»

Jean Joyon

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