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Dave : Il a aidé sa mère adorée à mourir !

Publié le 15 décembre 2018

Atteinte d’un cancer incurable, Alie la mère de Dave avait choisi d’en finir plutôt que de souffrir.

«J’ai aimé ma mère éperdument. Tout au long de sa vie, je suis resté très proche d’elle, l’aidant autant que je le pouvais pour tenter de lui faire oublier les blessures de l’existence que nous partagions depuis son divorce d’avec mon père… », écrivait Dave dans son ouvrage J’irai bien refaire un tour, paru en 2012 chez Michel Lafon.

Cet amour inconditionnel pour celle qui lui a donné la vie, le chanteur en a fourni la preuve ultime. En 1990, il a aidé Alie, atteinte d’un cancer du foie incurable, à mourir. Il s’en est expliqué par la suite : « Maman souffrait beaucoup et l’issue fatale de sa maladie était, hélas, certaine. »

Si, à l’époque, l’euthanasie était un sujet tabou en France, elle était tolérée par la loi aux Pays-Bas. C’est donc Alie qui a elle-même choisi le moment de son départ, non sans avoir auparavant longuement discuté avec ses proches. Elle s’en est allée sereinement, entourée de ses quatre enfants – Dave, Maarten, Lucas et Elsbeth – d’un médecin et d’un officier de justice.

En 2004, invité par Mireille Dumas, à participer à l’émission Vie privée, vie publique, sur France 3, Dave s’interrogeait. S’il lui paraissait évident qu’il fallait abréger les souffrances de sa maman, n’aurait-elle pas aimé profiter un peu plus longtemps de l’existence ? « Quelques heures plus tôt, elle s’émerveillait encore en découvrant la trace d’un avion dans le soleil couchant. “Pourquoi, alors, veux-tu mourir ?” lui ai-je demandé. Mais sa décision était prise. »

Aujourd’hui, vingt-huit ans après la disparition de sa chère maman, l’interprète de Vanina n’est plus du tout certain d’avoir fait le bon choix. Le 10 novembre, il était l’invité de France Bleu pour la promotion de Cuisinez-moi, son dernier livre qui vient de paraître aux éditions du Cherche Midi, dans lequel il croise ses recettes préférées et ses souvenirs personnels. Questionné sur le décès programmé de sa mère, le chanteur semble avoir quelque peu changé d’avis.
« J’étais très pour l’euthanasie, et maintenant je ne sais plus », a-t-il confié.


Pourtant, et de cela il est certain, Alie est partie comme elle le souhaitait : en paix et entourée des siens. Ce qui n’a pas été le cas de Guy, un ami très proche de Dave, que ce dernier a aidé à mourir en 1990 également. Hospitalisé en France, Guy, atteint du sida, se trouvait en phase terminale. « Il savait qu’il ne s’en sortirait pas. J’ai dit à une infirmière : “Il faut abréger ses souffrances. – Comment voulez-vous qu’on fasse, vous êtes là tous les jours”, m’a-t-elle répondu. Le lendemain, je ne suis pas venu, et le soir même, on m’a annoncé sa mort… », a raconté le chanteur sur le plateau de Mireille Dumas. Avant de conclure : « Dans un cas, les choses se sont faites joliment et, dans l’autre, de façon complètement hypocrite. »

Votée en 2005, en France, la loi Leonetti interdit l’euthanasie active, mais autorise le médecin à arrêter le traitement d’un patient en fin de vie, même si cela doit entraîner sa mort. Invité sur Le divan de son ami Marc-Olivier Fogiel, en 2015, l’artiste apportait sa modeste contribution à ce vaste débat : « J’ai beaucoup réfléchi au problème de l’euthanasie, évidemment, j’ai été face à ça. Je trouve ça mieux géré aux Pays-Bas qu’en France. Reste que je ne suis toujours pas pour légiférer sur ce sujet-là, c’est trop compliqué […] Ce n’est jamais clair, c’est au cas par cas, donc on ne peut pas faire une loi à cet égard. »

Des réticences qui ont, depuis, été renforcées par la lecture des ouvrages de Lucien Israël. En effet, les arguments de cet éminent professeur en cancérologie, farouche opposant à la mort programmée, ont sérieusement ébranlé les convictions du chanteur, ainsi qu’il l’a évoqué sur les ondes de France Bleu. Malgré tout, Dave demeure persuadé qu’être contre l’euthanasie
« est purement psychologique, c’est par refus de séparation avec celui ou celle qu’on aime ».

S’il a vécu par deux fois cette douleur intense de perdre un être cher, celui qui déclare avec humour, à 74 ans, n’avoir pas plus d’espérance de vie qu’un chien, a toujours à son côté son âme sœur depuis quarante-huit ans, Patrick Loiseau. Et un appétit pour l’existence intact, comme le prouve la lecture de son délicieux ouvrage…

Lili CHABLIS

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