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Dave : “L’amour est la quintessence de la vie !”

Publié le 1 décembre 2019

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© BESTIMAGE Dave

Dave, 75 ans, l’interprète de “Vanina” monte sur la scènedu théâtre de Bobino le 18 novembre prochain.

La mine radieuse, le chanteur de 75 ans nous attend à une table de la Brasserie d’Auteuil, dans le 16e arrondissement de la capitale. Le 18 novembre prochain, Dave montera sur la scène de Bobino, à Paris, et y interprétera pour la première fois son nouvel album, sur lequel ont travaillé des artistes comme Gilbert Montagné, Thierry Geoffroy ou encore Renaud, qui a aussi produit le disque. Un écrin de poésie aux accents mélancoliques dont les paroles ont été en grande partie écrites par celui qui partage sa vie depuis quarante-huit ans, Patrick Loiseau. Intitulé Souviens-toi d’aimer, cet album nous conte l’amour… 

France Dimanche : Comment allez-vous ? 
Dave : Ça se voit que je suis en forme, j’espère. Quand on travaille autant que moi depuis début septembre, on n’a pas le temps d’être fatigué ! D’ailleurs, j’adore ça. Si un artiste n’a pas de projet, il meurt à petit feu. Un artiste ne peut pas s’arrêter… Alors, je suis très content de ne pas m’arrêter du tout !  

FD : Treize ans après votre dernier album, qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’en sortir un nouveau ? 
D : Renaud, en plus de produire l’album, a beaucoup joué dans cette prise de décision. Ni mon compagnon et parolier, Patrick Loiseau, ni moi-même ne sentions l’urgence de sortir un album… Car il est très compliqué pour un chanteur de plus de 60 ans de passer à la radio. Pour l’anecdote, un directeur de station m’a dit à propos de mes nouvelles chansons : « Qu’est-ce qu’elles sont belles… Mais je ne peux pas les passer ! » C’est lors d’une soirée à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, où tout se passe pour moi depuis vingt-quatre ans, que tout a changé. Là-bas, j’ai une bande d’amis dont font partie Renaud et le compositeur Thierry Geoffroy. Lors d’un dîner chez ce dernier, Thierry, un peu las de ne pas travailler, me dit : « Ah, là, là ! Quand je pense que Renaud a fait son album ! » Pour lui remonter le moral, mais sans trop y croire, je lui réponds : « Tu veux faire un album ? Nous allons en faire un ! » Et il m’a pris au mot ! À ce moment-là, j’ai compris que ça lui ferait plaisir et que ça ravirait sûrement Patrick d’écrire à nouveau pour moi. Après tout, c’est mon parolier historique ! Ça fait partie de notre relation.


FD : Le 18 novembre, vous débutez votre tournée à Bobino. Êtes-vous heureux ? 
D : Plus inquiet qu’heureux ! Ce sera la première fois que je chanterai un mélange de mes anciens titres – plus guillerets et que je connais par cœur – et de mes nouveaux – plus mélancoliques ! Ça donne une forme d’inquiétude… que je n’ai pas vraiment ressentie depuis trente ans ! Et tant mieux ! 

FD : Et Renaud ? Compte-t-il venir assister à cette première date ?
D : Il a ses places, donc il devrait être là ! Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il sera malade. Comme il va très bien, il n’y a pas de raison. 

FD : Une fille aux deux papas parle d’homoparentalité. D’où vous vient cette envie d’interpréter une chanson engagée ?
D : C’est plus une histoire d’amitié avec Marc-Olivier Fogiel. Lorsque nous étions dans le Vaucluse et que seule sa fille aînée était née, il m’a demandé d’écrire une chanson pour Mila [issue de mère porteuse, ndlr] dont je suis le parrain. Dans cette chanson, je chante l’amour – dont je suis témoin depuis six ans – qui unit ce couple et cette famille. Je sais que cette chanson risque d’être un peu clivante, mais ça n’était pas le plus important pour moi. D’ailleurs, je ne pense pas qu’une chanson puisse faire évoluer la société. 

FD : L’amour est en effet très présent dans cet album, comme dans les autres. Pourquoi ?
D : Parce que c’est la quintessence de la vie. L’amour est partout. On peut éprouver de l’amour pour une ville, une bière, un pays ou encore un ami. Dans les années 1970, quand les journalistes me reprochaient de trop chanter l’amour, arguant qu’il y avait des sujets plus importants, je leur répondais : « Ne voulez-vous pas réfléchir avant de dire des bêtises pareilles ? » Absolument tout est amour. 

FD : D’ailleurs, ça fera bientôt cinquante ans que vous êtes avec votre compagnon.
D : Pas encore, mais on espère y arriver ! Ça fait quarante-huit ans. Je pense que l’amour est comparable à la fusion de deux molécules. Lorsque ma mère m’a annoncé son cancer à l’hôpital, au début de 1990, je l’ai serrée dans mes bras. À ce moment-là, j’ai ressenti exactement le même bien-être qu’avec mon âme sœur. Sur le moment, j’ai pensé : « Tiens, c’est peut-être cela que nous passons notre temps à chercher : la même fusion que celle avec sa mère. » Malheureusement, elle est morte quelques mois après…

FD : Les couples d’artistes durent rarement. Quel est votre secret ?
D : Je n’ai jamais envisagé d’ouvrir une agence matrimoniale, mais surprendre et donner, voilà, selon moi, la recette du succès. Un voyage à Venise ou à Amiens, sur un coup de tête, peut être du meilleur effet ! Un couple, c’est vrai, c’est aussi une affaire de compromis. Quand on s’est rencontrés, en 1971, je fumais le cigare. Il n’en supportait pas l’odeur. J’ai arrêté. Il n’aimait pas le foot. Donc j’ai commencé à le regarder à l’hôtel. Pareil pour la science-fiction. Bien sûr, il ne m’interdit rien. Simplement, il part dans son bureau, alors que, moi, j’ai envie d’être dans la même pièce que lui ! Je pense aussi qu’il ne faut pas faire chambre à part… Lorsque des amoureux se querellent, ils se rabibochent et tombent dans les bras l’un de l’autre. Une des seules causes de dispute dans notre couple, c’est la chanson. Quand il me propose un texte que je n’aime pas, il n’est pas content.

FD : Depuis que le mariage pour tous existe, l’avez-vous envisagé ?
D : Complètement. C’est Marc-Olivier Fogiel qui nous l’a conseillé, car le Pacs [Pacte civil de solidarité, ndlr] ne protège pas aussi bien que le mariage en cas de décès du conjoint. Si nous comptons le faire ou non, par contre, je préfère le garder pour moi.  

FD : Vous avez confié vouloir faire comme Henri Salvador. Vous n’êtes donc pas près de raccrocher le micro ?
D : Je suis encore un peu jeune ! Lui avait 90 ans, mais ce nouvel album va m’occuper deux ans. J’ai passé ma vie à tout faire pour être à la hauteur de ce qui m’arrivait. Par contre, je n’ai jamais eu l’ambition de déclencher les choses. Que ce soit dans la musique ou à la télévision. Ça s’appelle de la chance… 

Julia NEUVILLE

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