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Dave : “Le grand-père de Jacques Martin était le cuisinier du tsar Nicolas II”

Publié le 30 janvier 2018

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Dave, qui retrouve le petit écran sur la chaîne Melody, évoque pour nous ses souvenirs avec les stars de la télé.

Alors qu’Âge tendre, la tournée des idoles est repartie à travers la France, Dave fait aussi son grand retour à la télévision sur la chaîne Melody. à partir du 20 janvier, l’interprète de Mon cœur est malade animera Les parents de la télé, un rendez-vous mensuel consacré aux présentateurs d’émissions de variétés qui ont marqué l’histoire du petit écran. Six émissions sont déjà en boîte, et nous avons eu la chance d’assister à l’enregistrement de l’une d’elles.

France Dimanche : Comment êtes-vous arrivé sur la chaîne Melody ?

Dave : Je connais le directeur des programmes, Jean-Pierre Pasqualini, depuis très longtemps. J’ai eu par le passé l’occasion de participer à l’une de ses émissions, ici à Lille, où se trouvent les studios. J’avais été surpris par le professionnalisme et la qualité des équipes. Par ailleurs, je sentais que mon départ de France Télévisions était proche, alors j’avais gardé dans un coin de ma tête que j’aimerais un jour collaborer avec cette chaîne.

F.D. : Et ce jour est arrivé !

D. : En effet ! Je suis très heureux de présenter cette émission. Jean-Pierre m’a proposé l’idée et nous avons commencé à travailler dessus ensemble. Nous allons retracer la carrière de six personnalités qui ont marqué l’histoire de la télé : Jacques Martin, Danièle Gilbert, Michel Drucker, les Carpentier, Guy Lux et Pascal Sevran.

F.D. : Vous avez des souvenirs avec chacun d’eux, j’imagine ?

D. : Oh oui ! Michel Drucker est un ami. Dans l’émission qui lui est consacrée, nous rappelons, preuves à l’appui, que c’est lui qui a inventé La valise RTL. J’ai aussi souvent participé à Midi première. Danièle Gilbert était très aimée de son public et passait des heures à signer des autographes. J’évoque des souvenirs, mais je me suis également beaucoup documenté pour les besoins du programme. J’ai par exemple découvert que Guy Lux avait reçu la Croix de guerre après avoir été résistant durant la Seconde Guerre mondiale, ou encore que le grand-père de Jacques Martin était le cuisinier du tsar Nicolas II.


F.D. : Vous souvenez-vous de votre rencontre avec Jacques Martin ?

D. : Oui, Eddie Barclay nous a présentés en 1968. Ce qui m’a frappé en allant chez Jacques Martin, à Neuilly, c’est que je me suis presque retrouvé comme chez mon père qui était un intellectuel. Il avait des étagères remplies de livres. C’était un artiste doublé d’un érudit. Ce que l’on pouvait imaginer lorsqu’on regardait ses émissions ! Et j’ai un souvenir très précis : à chaque fois, lors des répétitions, qu’on lui racontait une histoire, une anecdote assez marrante, il la reprenait directement à son compte et ne se gênait pas pour se l’approprier et la sortir en direct ! Mais c’était un vrai artiste, qui aurait pu être chanteur ou acteur. Et lorsqu’il nous présentait, on avait l’impression qu’il parlait de quelqu’un d’autre tellement c’était merveilleux. Il faisait ça pour mettre son invité en valeur, mais avec sincérité.

F.D. : Vous avez également participé à de nombreuses émissions de Pascal Sevran ?

D. : Oui, évidemment, et ses émissions étaient d’un kitch incroyable avec ses décors, ses lumières… À la grande époque de La chance aux chansons, il y avait déjà le rap, des émissions hyper modernes, mais Pascal avait trouvé un style bien à lui. Il adorait recevoir des chanteurs qui étaient passés de mode. Même si je ne suis pas très fan du Pascal Sevran chanteur, il faut reconnaître que c’était un excellent parolier et un très bon écrivain. J’ai vraiment été bluffé par ses livres, qui sont devenus par la suite des téléfilms, sans parler de son journal, qu’il a commencé à rédiger à la mort de son compagnon [Stéphane Chomont décédé en 1998, ndlr] et qui est vraiment très intéressant. Dans Les parents de la télé, nous n’éludons pas non plus les polémiques. Donc dans l’émission consacrée à Pascal, nous aborderons celle qui suivit la sortie de son livre Le privilège des jonquilles, dans lequel il affirme que le sexe des noirs est responsable de la famine en Afrique. Une phrase qui lui a valu de nombreux problèmes.

F.D. : Le connaissiez-vous en dehors des plateaux de télévision ?

D. : Je me souviens d’un dîner chez Dalida. À l’époque, Patrick [Loiseau, le compagnon de Dave, ndlr] et moi avions un petit chien très gentil et bien élevé. Un jour que nous étions tous à table, une dispute a éclaté entre Pascal Sevran et Orlando, pour des raisons politiques. Le ton était vraiment monté lorsque, soudain, une horrible odeur a envahi la pièce ! Notre petit chien avait tellement eu peur qu’il avait fait ses besoins sous la table ! Croyez-moi, ça a calmé tout le monde, et ça s’est terminé en fou rire général !

F.D. : Après avoir quitté France Télévisions, vous aviez besoin de retrouver le petit écran ?

D. : Non, pas spécialement, même si j’aime beaucoup ça. Sur France 3, je me trouvais assez légitime pour animer une émission musicale. J’ai l’âge moyen du téléspectateur et je suis chanteur, mais à partir du moment où quelqu’un comme Delphine Ernotte [directrice de France Télévisions, ndlr] a déclaré qu’il n’y avait pas assez de femmes à l’antenne et trop de vieux, c’était la fin de Dave ! C’était dans l’ordre des choses. Tout a commencé avec Julien Lepers, puis il y a eu Pujadas. Mais quand on m’a annoncé que j’allais partir, je leur ai simplement dit que je ne ferais pas de vagues, et j’étais sincère. Dana Hastier [directrice de France 3, ndlr], que j’apprécie, m’a toujours dit que sa mère aimait beaucoup mon émission, donc elle savait très bien qu’il y avait une place pour ce style de programme. Mais ils en ont décidé autrement. À mon départ, j’ai remercié Dana : quand je pense à cette émission, je me rappelle un duo avec Michael Bublé et un autre avec Petula Clark et ça, ce sont des moments exceptionnels.

F.D. : Comment est venue l’idée du titre Les parents de la télé ?

D. : Je le dois à Marc-Olivier Fogiel. Nous discutions au téléphone et je lui racontais mon projet avec Melody. Il m’a alors dit : « Pourquoi ne pas appeler ça Les parents de la télé ? » J’ai tout de suite trouvé ce titre vraiment sympa et, bien sûr, c’est un clin d’œil aux Enfants de la télé.

F.D. : Vous avez d’autres projets ?

D. : Oui, en plus de la tournée Âge tendre qui a repris et va rouler à travers la France, j’enregistre un nouvel album qui devrait sortir prochainement. Patrick Loiseau a signé tous les textes. Il y a une chanson sur mes amis disparus du sida, et sur la GPA (gestation pour autrui). Bref, c’est un album « sociétal » comme on dit. On ne cherche pas spécialement le tube mais on n’est pas à l’abri d’un succès ! [Rires]

Anthony QUITTOT

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