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Delphine Wespiser : "Le secret de ma naissance a conditionné toute la suite..."

Publié le 11 avril 2021

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Pour son livre, elle n'est ni Miss France, ni Blanche, ni Rouge de “Fort Boyard”, ni chroniqueuse chez Hanouna, Delphine Wespiser est juste elle-même et se dévoile sans détour…

Élue Miss France en 2012, la belle Alsacienne a depuis rejoint Touche pas à mon poste ainsi que Fort Boyard, tour à tour sous les traits de la délicieuse Blanche, ou de ceux de Rouge, sa jumelle maléfique. Aujourd'hui, la jeune femme de 29 ans se dévoile dans Devenir pleinement et sereinement soi, publié chez First, un premier ouvrage riche en judicieux conseils et anecdotes savoureuses, le tout enveloppé d'une bonne dose d'autodérision et d'humour. À dévorer sans modération.


France Dimanche : Comment est née l'idée de ce livre ?

Delphine Wespiser : J'avais tout ça en moi depuis toujours, mais ce n'était jamais le bon moment d'en parler. C'était soit trop tôt, soit trop tard, et je craignais surtout que le message ne passe pas. Puis, petit à petit, en voyant les gens se tourner vers plus de naturel, vers qui ils sont vraiment, porter plus d'attention aux animaux, comprendre que le matériel ne faisait pas le bonheur, l'importance du développement personnel, je me suis sentie en phase. Je me sentais enfin prête à révéler tous mes secrets.

FD : Y a-t-il eu un déclic particulier ?

DW : Oui, je me suis réveillée un matin vec l'envie de coucher sur le papier tout e que je n'avais pas osé faire jusqu'ici. omme poussée par une force qui me isait : « C'est le moment ! » Très occupée cette époque, j'essayais d'écrire un peu de emps en temps… jusqu'au confinement ù, là, je n'avais plus d'excuses pour ne pas 'y mettre à fond, huit ou neuf heures par our. C'est moi qui ai choisi chaque photo, haque mot, chaque virgule… J'espère ue le lecteur ressentira toute l'authen-icité et l'énergie avec lesquelles j'ai écrit et ouvrage, qui est vraiment mon bébé. Et qui restera certainement l'unique, car j'ai tout livré, mis tout mon cœur. C'est le livre de ma vie.

FD : Vous évoquez ce jour terrible où on vous a fait croire que vous mangiez du chien…

DW : Horrible ! Ça a été le déclic. Petite, je me forçais à manger un peu de viande pour faire plaisir à mes parents, mais après cela je n'y ai plus jamais touché ! Et ça m'a fait un bien fou de l'écrire, ça m'a libérée. Pour que ceux qui se posent encore des questions sur mes choix alimentaires, comme ma famille, se rendent bien compte. Depuis toujours, à leurs yeux, je suis celle qui est différente, qui ne fait pas comme tout le monde, qui casse les « bonbons » à Noël pour ne pas manger tel ou tel truc… Ils vont enfin pouvoir lire noir sur blanc ce que je ressens depuis toutes ces années. Car pour moi, que ce soit du veau, du bœuf ou du chien, c'est pareil ! On ne peut pas caresser l'un et manger l'autre. C'est le combat de ma vie.

FD : Cette écriture a été un vrai travail thérapeutique ?

DW : Tout à fait. À bientôt 30 ans, il fallait que ça sorte, que je mette des mots sur mes maux et explique pourquoi toutes ces différences m'ont si souvent affectée. Le fait d'être végétarienne dans une famille qui adore la viande, d'être un garçon manqué dans un monde de Miss, d'être trop alsacienne pour être à Paris, trop parisienne pour être en Alsace… Bref, d'être toujours un peu à côté de la plaque. Et je me demandais pourquoi ?

FD : Aujourd'hui, vous avez trouvé ?

DW : Oui, en écrivant j'ai compris qu'être différente était ma force ! Cela m'a soulagée, c'est incroyable ! Il y a eu un avant et un après. Désormais, j'ai acquis une certaine sagesse. J'ai donné mes jours et mes nuits à cet ouvrage, qui en retour me l'a d'ailleurs bien rendu avec mes premiers cheveux blancs ! Avant d'écrire, j'étais une jeune fille pas sûre d'elle, qui ne se faisait pas vraiment confiance ; et aujourd'hui, je suis une femme qui sait ce qu'elle veut et peut faire, et qui détient la force suffisante pour y parvenir. Sans que ça soit une question d'âge ! Chaque jour qui passe est le premier jour du reste de notre vie, et c'est à nous de décider. Il faut être un guerrier !

FD : Vous parlez de « garçon manqué », mais l'histoire de votre naissance est très drôle…

DW : Là aussi, c'est en écrivant que j'ai découvert à quel point les choses étaient liées. Lorsque je nais et qu'on annonce à mes parents : « Oh, quel beau petit gar-çon ! », alors qu'ils sont persuadés d'attendre une fille, c'est ancré… Pendant les premières heures, jusqu'à ce que la sagefemme vienne s'excuser de son erreur, ils se sont projetés et ont aimé ce petit garçon. Je suis persuadée que cette naissance si particulière a conditionné toute la suite. Le pouvoir de l'intention, de la pensée peut être très fort. Que mes parents et mon frère m'accueillent en tant que petit garçon a laissé une empreinte en moi.

FD : Depuis l'âge de 9 ans, vous notez tout dans des petits carnets…

DW : Oui, et en les relisant j'ai redécouvert plein de choses que j'avais oubliées. C'est pour ça que je dédie un chapitre aux bienfaits de mon journal intime, des mots à soi. J'ai commencé quand je suis tombée amoureuse pour la première fois. Puis l'écriture m'a toujours suivie, ma grand-mère souffrait d'Alzheimer, j'étais terrorisée par la maladie et la peur d'oublier un jour ma vie.

FD : En plus, vous avez perdu deux fois votre manuscrit !

DW : C'est fou ! Et comme je crois beaucoup aux signes, j'ai pensé que je ne devais peut-être pas sortir ce livre. Une première fois, O.K., mais une deuxième, ce n'est pas possible. J'étais au bout de ma vie. Mais, le besoin et l'envie d'écrire ont été plus forts. Je pourrais avoir le prix de la combativité ! Je savais que ce que j'avais à transmettre aux gens serait à même de les aider et je n'ai rien lâché. J'ai donc recommencé.

FD : L'an prochain, vous fêterez vos 30 ans et 10 ans de Miss. Quel est votre sentiment ?

DW : Je me sens beaucoup mieux dans mon cœur et dans mon corps qu'en 2012. Ce n'est pas l'année que j'aimerais revivre, mais c'est grâce à tout ce que j'ai vécu que je suis celle que je suis. Moins timide déjà. Et cela m'a fait voyager à travers le monde, moi qui étais si casanière ; ça m'a permis de vivre tant de choses extraordinaires et d'envisager l'autre autrement. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si je suis amoureuse de quelqu'un qui a le double de mon âge.

FD : Pourquoi n'aimeriez-vous pas revivre cette année de Miss France ?

DW : C'était hyperviolent, un vrai tsunami ! Comme une machine à laver, quand on sort le linge, il est propre, mais pendant le lavage, c'est le chamboulement total.

FD : Regardant Fort Boyard toute petite, pensiez-vous un jour faire partie de l'aventure ?

DW : Absolument pas ! Par contre, je me souviens de mon père qui était très impressionné par les débuts de Priscilla Betti. Cette petite fille qui avait mon âge et passait à la télé, il trouvait ça incroyable. Et moi, je me disais au fond de moi : « Mais moi aussi je ferai ça un jour ! » J'y croyais.

FD : Vous avez quitté puis êtes revenue à Touche pas à mon poste ! Pour quelle raison ?

DW : J'en suis partie car je ne m'y sentais plus bien, mais pour mieux revenir. Désormais, on me donne une autre parole, un autre rôle. Je me sens bien plus à l'aise, à ma place. Je suis ravie et fière d'y être à nouveau, mais j'avais besoin de cette pause.

FD : Vous aviez confié vouloir faire un bébé, et plus maintenant… Pourquoi ?

DW : C'était l'effet confinement. Quand on a le temps, qu'on réfléchit beaucoup, qu'on est à la maison, etc. on se dit que ce serait effectivement super d'avoir un bébé. Mais maintenant que la vie commence à reprendre, qu'avec mon mari on a plein de projets, notament la rénovation de notre nouvelle maison, un hôtel restaurant, et qu'on est sans arrêt à droite à gauche, ce n'est pas encore le bon moment. Néanmoins l'idée a germé dans ma tête, ce qui n'était pas le cas avant. Et puis il y a mon livre, c'est lui, mon bébé !

Recueilli par Caroline BERGER

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