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Denise Fabre : Elle a tenté de se suicider !

Publié le 22 octobre 2010

Sur sa table, des calmants pour soigner sa nervosité et l'aider à dormir. Mais désespérée à bout de forces, Denise Fabre avale toute la boîte...Sur sa table, des calmants pour soigner sa nervosité et l'aider à dormir. Mais désespérée à bout de forces, Denise Fabre avale toute la boîte...

Durant des années, l'ex-speakerine préférée des Français a illuminé le petit écran de sa fraîcheur, de ses yeux pétillants et de ses fous rires. Mais si Denise Fabre a toujours fait en sorte de donner l'image d'une femme épanouie, on découvre, en lisant son dernier ouvrage, Au cœur des étoiles, paru le 7 octobre dernier aux éditions du Rocher, que la vie ne lui a pas fait que des cadeaux...

L'animatrice au regard bleu azur n'est encore qu'une enfant lorsqu'elle va connaître ses plus grands tourments. Et le titre du 2e chapitre de son livre, intitulé « Mes tendres années », est pour le moins trompeur. Après des moments paradisiaques dans la belle villa des Mimosas de Cagnes-sur-Mer, entre citronniers et mandariniers, c'est une adolescente rebelle et torturée, dont les parents ne savent plus quoi faire, que l'on découvre au fil des pages. « Aucun membre de ma famille n'a assez de poigne pour me tenir, écrit Denise. On dit que j'ai le démon dans la peau. »

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À cette époque, la jeune fille de 16 ans préfère faire l'école buissonnière et rejoindre ses amis pour aller danser sur « les rythmes effrénés de Rock Around the Clock de Bill Haley ». Lassée d'entendre sa mère lui répéter qu'elle devra attendre sa majorité ( 21 ans à l'époque ) pour faire comme bon lui semble, Denise se révolte.

Elle va le payer cher, puisque le 5 février 1958, elle est présentée au juge pour enfants et envoyée au Bon Pasteur, une maison de correction toulonnaise réservée aux délinquantes ! C'est, comme elle l'a décrit dans Paris Match, une sorte de prison «aux murs hauts et gris, avec des barreaux aux fenêtres, un troupeau de gamines en blouse grise, des surveillantes et des sœurs sur le qui-vive»...

Écorchée

Ainsi, lorsque la jeune fille quitte ce pénitencier six mois plus tard, elle se croit sortie de l'enfer. Mais sa famille considère qu'elle n'est pas encore assez dressée et l'envoie en pension à Antibes. L'atmosphère y est un peu plus clémente. Malgré tout, notre écorchée vive va reproduire les gestes de violence dont elle a été témoin au Bon Pasteur.

Lors d'une altercation à la cantine, elle renverse une table après avoir attrapé une carafe d'eau dont elle casse le goulot, l'agitant sous le nez d'une de ses camarades. « On me regardait déjà bizarrement. À présent, c'est comme si j'étais le diable incarné », écrit-elle dans son ouvrage.

Denise est mise en quarantaine, et sa famille ne sait vraiment plus quoi faire d'elle. La jeune fille est à bout et n'arrive plus à supporter cette injustice dont elle se sent victime, « cette sanction permanente d'être toujours recluse ». Alors elle entend une petite voix qui lui souffle : « Il faut que tout ça s'arrête, tout de suite !»

Comme le médecin lui a prescrit des calmants pour soigner ses insomnies et sa nervosité, Denise décide un matin, alors qu'elle est à sa table de classe, de mettre fin à ses jours ! Elle avale le tube et a juste le temps d'apporter sa copie au bureau du professeur avant de s'écrouler.

« Je ne crois pas m'être jamais dit que je voulais mourir, écrit-elle encore. J'avais trop soif de vie et de bonheur pour pouvoir formuler la chose de cette manière. Mais dans ma tête de gamine de 16 ans, je voulais juste que " ça s'arrête". » Hospitalisée d'urgence, Denise est vite hors de danger. Par chance, elle rencontre un médecin qui va savoir l'écouter et la comprendre. Du coup, elle s'accroche de toutes ses forces à l'espoir que lui offre cette main tendue : « Quelqu'un qui semble se préoccuper enfin de mon bonheur !»

Mais Denise souhaite s'évader, loin de ce passé qui l'a tant meurtrie. Nourrissant le rêve de devenir hôtesse de l'air, elle traverse la Manche et débarque en Angleterre pour apprendre la langue de Shakespeare. À défaut de voler dans les airs, Denise commencera par le mannequinat avant de devenir une brillante speakerine à l'éblouissante carrière.

Car comme Denise Fabre l'a encore confié à Paris Match : « Toute ma vie, j'ai voulu me prouver que j'étais quelqu'un de bien. » Avant de conclure par ce bel hommage à sa mère : « Comme je l'ai dit à maman, en guise de pardon, avant qu'elle ne s'éteigne, en janvier 2002 : " C'est peut-être grâce au Bon Pasteur que j'ai fait tout ce chemin... " »

Laura Valmont

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