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Denise Fabre : Victime de la barbarie !

Publié le 25 novembre 2020

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L'ex-speakerine Denise Fabre ne pensait jamais revivre les horreurs qui ont déjà endeuillé sa ville en juillet 2016…

Il est 8 h 30, ce jeudi 29 octobre et, comme chaque matin, quelques fidèles sont venus prier à la basilique Notre-Dame de l'Assomption, située 2 rue d'Italie, à Nice (Alpes-Maritimes). Qui aurait pu imaginer que ce havre de paix et de recueillement se transforme, en quelques minutes, en une abominable scène de crime ? Et pourtant… À 8 h 57, lorsque, prévenus par un riverain, les quatre policiers pénètrent dans l'édifice religieux, ils découvrent un spectacle dont l'horreur dépasse l'entendement.


Le sacristain, Vincent L., gît, baignant dans son sang, la gorge tranchée, à proximité d'une paroissienne, âgée de 60 ans, victime d'un « égorgement très profond de l'ordre d'une décapitation », comme l'a indiqué le soir même le procureur du Parquet national antiterroriste, Jean-François Ricard.

L'assaillant présumé, un ressortissant tunisien, dénommé Brahim A., âgé de 21 ans, est armé d'un couteau. Il hurle « Allahou akbar » (« Dieu est grand », en arabe), avant de s'écrouler atteint de deux balles, à l'épaule et à la jambe, tirées par les policiers municipaux arrivés les premiers sur les lieux du drame.

Une troisième victime, Simone Barreto Silva, une Brésilienne de 44 ans, est à déplorer. Lardée de coups de couteau, elle est parvenue à échapper au tueur et s'est réfugiée dans un restaurant voisin. Elle n'a, hélas, pas survécu à ses blessures… Avant de mourir, elle a lâché dans un dernier souffle : « Dites à mes enfants que je les aime. »

Le choc provoqué par cet acte barbare, survenu moins de deux semaines après la décapitation de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie au collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, est immense. La France entière est en deuil. Et la capitale de la Côte d'Azur, déjà durement éprouvée par l'attentat terroriste du 14 juillet 2016 où un camion-bélier avait foncé dans la foule faisant 86 victimes et 458 blessés, se réveille anéantie.

Nice est en deuil, tout comme celle qui est née et a grandi dans la radieuse cité des Anges, Denise Fabre. Voilà plusieurs années déjà que l'ancienne speakerine et animatrice, célèbre pour ses fous rires à la télévision, a quitté la capitale pour revenir s'y installer. « Nice, c'est ma ville, je m'y sens chez moi, j'ai vécu beaucoup plus longtemps à Paris qu'ici, mais Nice, c'est mon cœur, ma famille, mes amis, mes années d'enfance… Elle a toujours illustré pour moi le bonheur et la joie de vivre », confiait-elle, il y a quelque temps.

Comme il semble loin, aujourd'hui, ce temps du bonheur et de la joie de vivre… Et combien il va être difficile pour les Niçois, dont l'ex-complice du regretté Garcimore, de se relever d'un tel drame.

La basilique Notre-Dame, Denise, qui a reçu une éducation chrétienne – enfant, elle était interne dans un pensionnat tenu par des religieuses à Nice –, la connaît bien. Elle y a assisté à des messes, peut-être même a-telle croisé Vincent L., le sacristain sacrifié sur l'autel de la barbarie… Peut-être aussi, en tant qu'ex-adjointe du maire Christian Estrosi, connaît-elle les quatre policiers qui ont interpellé l'auteur présumé du massacre, avec un courage remarquable.

En effet, depuis 2008 et jusqu'en février dernier, la présentatrice a siégé au conseil municipal de la ville. Une ambassadrice rayonnante, chaleureuse et très impliquée dans sa mission, tel est le souvenir bien vivace que la pétillante brune a laissé à ses administrés. Lors de l'attentat de juillet 2016, on l'avait vue, bouleversée, déposer un bouquet sur la promenade des Anglais, où elle s'était longuement recueillie en hommage aux victimes. « Je me sens heurtée profondément, brisée. […] J'ai confiance dans la capacité de résilience des Niçois, mais pour l'instant l'heure est à panser nos plaies », avait-elle alors confié à nos confrères du Parisien. Elle avait été un élément fort de cette résilience, engagée, bienveillante, à l'écoute, encourageant chacun pour surmonter cette tragédie.

Il y a huit mois, cette adjointe de charme décidait de rendre son tablier. À 78 ans, et après douze années passées à servir les Niçois, Denise souhaitait en effet profiter pleinement de sa petite famille. Maman de jumelles, Olivia et Élodie, fruits de son mariage avec le chef Francis Vandenhende, elle a aujourd'hui deux petits-enfants, ravis d'avoir enfin leur mamie tout à eux. Parviendra-t-elle, à l'instar des habitants de cette ville, habituellement si appréciée pour sa douceur de vivre, à guérir de ce nouveau traumatisme ? Le voile noir du chagrin, de la douleur, de l'incompréhension, s'étend aujourd'hui sur toute la cité. Le monde entier a condamné cet acte odieux.

« C'est la France qui est attaquée », a déclaré le chef de l'État, Emmanuel Macron, qui s'est rendu très vite sur les lieux de l'attentat. Une basilique en deuil où, quelques heures avant le reconfinement national mis en place le soir même, des milliers de personnes sont venues déposer des bougies, des fleurs, des messages à la mémoire des trois victimes. Denise faisait-elle partie de cette foule meurtrie, unie dans les larmes et la peine ?

Discrète, celle qui a longtemps été l'animatrice préférée des Français n'a, à l'heure où nous écrivons ces lignes, fait aucune déclaration. Denise Fabre aura sans doute plus que jamais besoin de la présence joyeuse et insouciante de ses deux petits-enfants pour surmonter cet épouvantable drame.

Lili CHABLIS

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