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Destins Brisés : Spécial enfants de stars

Publié le 12 janvier 2019

Ce mois-ci, notre hors-série Destins brisés est consacré aux enfants de stars. Rendez-vous au plus vite dans les kiosques pour tout savoir sur les vies hors du commun de Jade et Joy Hallyday, Alain-Fabien Delon, Chiara Mastroianni, Charlotte Gainsbourg, Paris Jackson, Lola Dewaere, Giulia Salvatori, Stephan Reggiani, Sarah Marshall et Alexandre Anthony, Mazarine Pingeot, ou encore Romain Colucci.

 Il faut, dit-on, tuer le père. Pour que l’adulte déchire la chrysalide de son enfance, il faut qu’il se débarrasse de la figure paternelle. Alors, quand celui-ci est une star immortelle, figée dans la beauté et la force de la jeunesse, ce meurtre symbolique devient une épreuve sans fin, épuisante, autodestructrice, perdue d’avance…

Pendant des années, Alain-Fabien s’est appliqué à brosser un portrait noir d’Alain Delon, qu’il dépeignait comme un être violent, mégalomaniaque, autoritaire. « Mes parents ont toujours été mes pires ennemis. Je n’ai jamais eu une vie normale, je ne l’aurai jamais. Depuis que je suis majeur, je cherche par tous les moyens à me refaire une vie loin d’eux. » Delon. Avant même sa naissance, ce nom lui a ouvert la porte de la célébrité, mais celle-ci donnait sur la jalousie, la convoitise, l’hypocrisie. Une vie volée, jetée en pâture au public, comme celles de Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni, Romain Colucci ou Paris Jackson. Traités comme des stars, alors qu’ils n’étaient que des enfants. 

Parmi tous ces destins brisés, une histoire singulière, le négatif de toutes les autres, celle d’une petite fille qu’on a cachée, Mazarine Pingeot : « Contrainte de me taire, de ne pas exister aux yeux des autres, de n’avoir pas de nom, de n’avoir pas de père, et pas même de père imaginaire puisque le vrai existe bel et bien », écrit-elle dans son livre Bouche cousue. Elle ajoute : « Ma mère et moi étions coupées du monde. C’était un sinistre appartement de fonction, un endroit protégé, totalement neutre, un refuge et un abri, ce qui est aussi une forme de prison. Nous ne l’avons jamais vraiment investi, nous étions sursitaires, telles des étrangères à l’intérieur de Paris, avec cette impression d’extraterritorialité propre aux ambassades, protégées en permanence par des gendarmes. Enterrées vives. » 

Philippe Bonnel

Directeur de la rédaction

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